Saludos amigos : Quelques informations

Le 11 février 1947 en France, Walt Disney inaugure le concept des courts métrages regroupés en un long métrage. Le film est sorti quatre ans après les Etats-Unis, et cinq ans après sa première diffusion mondiale qui eu lieu au Brésil. Il s'agit aussi du premier Grand Classique dont l'animation est couplée aux prises de vues réelles afin de servir l'intrigue.

La logique de la numérotation française est brisée avec ce film. Car en 1947, trois films de la compagnie vont sortir à tour de rôle au cinéma, mais leur ordre de diffusion va être inversé par rapport à celui de production. Ainsi Saludos amigos devrait en théorie porter le numéro 4 car il fut diffusé le 11 février 1947, Bambi cependant conserverait le numéro 5 en sortant le 15 juillet 1947, et Dumbo fermerait la marche en portant le numéro 6, puisqu'il ne fut projeté que le 25 octobre de la même année.

Le film a obtenu son premier doublage français en 1947 pour sa sortie en salle, puis distribué en VHS jusqu'au début des années 1990. Cette version a depuis été remplacée par le second doublage qui date vraissemblablement des années 90 (non certifié) sur toutes les éditions DVD récentes. Notons qu'il existe également une version québécoise qui ne fut exploitée qu'en VHS en 2000.

Toutes les éditions DVD américaines et européennes du film sont censurées. Disney USA a en effet retiré la scène où l'on voyait Dingo fumer une cigarette. Toutefois pour éviter une importante incohérence dans le récit, la séquence a été légèrement remontée (certains plans ont été inversés) et propose désormais Dingo regardant simplement le spectateur sans aucune cigarette supprimée numériquement.

Résumé

Véritable carte postale en couleur, le film nous plonge en plein coeur de l'Amérique Latine, dans un univers imprégné de soleil. Avec pour guides Donald, José Cariota et Dingo, le voyage n'en a que plus de sel ! Mêlant les dessin animé et prises de vues réelles, Saludos Amigos est un étonnant kaléidoscope mêlant art, aventure et musique au rythme du carnaval et de la samba.

Analyse de l'oeuvre

Saludos amigos est un film étonnant à plus d'un titre, aussi bien de part son contenu que par la genèse de sa création. Car il faut être très conscient que l'incroyable succès de Blanche-Neige et les sept nains n'a été au final que de très courte durée pour Walt Disney. Le grave conflit en Europe coupe en effet sous le pied le moindre revenu financier de ses films Pinocchio et Fantasia, ce que le seul territoire américain a été incapable de rentabiliser. Sachant qu'en plus, tous les deniers de la compagnie ont été réinvestis dans de nouveaux locaux flambants neufs et dans plusieurs gros projets (dont Bambi notamment), et qu'un important piquet de grève a stoppé toute production dans les studios, l'invitation du gouvernement américain pour un voyage diplomatique en Amérique latine arrive à point nommé avant que le conflit social ne s'aggrave. Walt Disney en profite donc pour emmener avec lui une petite équipe d'artistes, et surtout une caméra 16mm dans un esprit de rentabiliser un peu ce voyage.

Et c'est sans doute la plus grande force mais aussi la plus grande faiblesse de Saludos amigos. Il n'est au final qu'une sorte de grand film de vacances, où seules les personnes qui y ont participé s'émerveillent d'en revoir les souvenirs mais ennuyeux à mourir pour la famille et les amis qui doivent le subir pour faire plaisir. Certes, Saludos amigos sort d'un grand studio d'animation et n'a pas du tout la même approche, mais tout de même, impossible de réellement y voir quoi que ce soit d'autre dans cette toute première compilation qui deviendront courantes durant les années 40.

Le scénario du film est clairement inexistant, et pour cause, ce n'en est pas un. Il vaut mieux le classer du côté des docu-fictions, où un présentateur nous raconte les us et coutumes des autochtones, le tout agrémenté de petites parenthèses démonstratives et humoristiques. C'est d'ailleurs là qu'interviennent les courts métrages de l'oeuvre. Sans doute les segments les plus intéressants de Saludos amigos.

Pour cela, l'équipe fait appel à deux personnages emblématiques de la compagnie. Donald tout d'abord, fidèle à lui-même nous fait visiter de sa manière unique et personnelle le pays des Incas. Un peu plus loin, c'est Dingo qui tente de s'accommoder aux coutumes des Gauchos, sortes de cow-boys argentins. Il s'efforce bien sûr de faire au mieux, mais tout vire systématiquement à la catastrophe.

Le troisième court métrage ne fait appel à aucune tête connu. Il met en scène un ravissant avion postal, entièrement humanisé pour l'occasion. Sans prétention aucune, il reste sympathique et agréable à suivre. Le film se conclut finalement par le retour de Donald qui est cette fois accompagné de l'inoubliable José Carioca et son inoubliable dialecte brésilien. Apparaissant pour la toute première fois dans le catalogue de Disney, José Carioca connaîtra par la suite une fulgurante carrière au cinéma mais aussi en bande dessinée. Le court métrage reste incontournable par l'utilisation fort judicieuse de la musique samba synchronisée à ce qui se déroule à l'écran.

Saludos amigos est le seul et unique représentant des Walt Disney Animation Studios dans le genre docu-fiction. Dépourvu du moindre scénario ou fil conducteur (ce que corrigera d'ailleurs Les trois caballeros, sorte de suite « spirituelle »), il n'est sans doute pas une pièce maîtresse de Disney. A considérer comme un gros film de vacances que l'on regarde une fois, et qui laisse une impression plutôt bonne, mais que l'on oublie très rapidement au profit des oeuvres plus ambitieuses des studios Disney.

16 septembre 2011 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1947)

Narrateur : François Joux 1

Donald : Clarence Nash 2

Deuxième doublage français (199?)

Narrateur : Philippe Catoire 3

Dingo : Gérard Rinaldi 2

José Carioca : Eric Metayer 3

Doublage québécois d'origine (2000)

Narrateur : Mario Fraser 4

Donald : Sébastien Dhavernas 4

Narrateur Dingo Gaucho : Benoit Rousseau 4

Cheval de Dingo : Pierre Claveau 5

Jose Carioca : Marco Ledezma 4