Coquin de printemps : Quelques informations

C'est dans un contexte économique morose que nait Coquin de Printemps. Il regroupe deux court-métrages d'animation et des prises de vues réelles. En France, le film sort le 29 mars 1950. Il devient ainsi le premier film de la décénnie en France, même si ce dernier fut projeté aux Etats-Unis trois ans plus tôt.

C'est le seul film de Walt Disney qui réunit à l'écran ces quatre personnages célèbres : Mickey, Donald, Dingo et Jiminy Criquet ! C'est aussi l'un des films qui a subi des coupes et un remontage durant les années 60. En effet, seuls les deux moyens métrages ont été réédités séparément dans la collection mini-classiques. On notera toutefois que le court métrage Mickey et le haricot magique a été édité par Disney lors de sa diffusion télévisée. L'intégralité des séquences réelles légèrement surannées ont ainsi été remplacées par des séquences animées. Le professeur Donald Dingue jouant ainsi le rôle de présentateur et de narrateur à l'histoire. Les puristes crient au sacrilège, mais cela reste toutefois une bonne occasion pour les collectionneurs les plus exigeants de posséder les deux versions.

Il existe actuellement deux doublages français autour de ce film. Le premier a été diffusé en salle en 1950, le second le remplace depuis la sortie à la vente en VHS en 1997. Dans le doublage d'origine, Jacques Bodoin y interprète pas moins de trois personnages : Mickey, Donald et Jiminy comme il nous l'indique dans cette interview pour la Gazette du Doublage. Par contre, on relèvera que Camille Guérini participe effectivement bien à Coquin de printemps, mais sa participation se résume uniquement à la chanson des ours. C'est d'ailleurs à ce jour la seule et unique chanson qu'il interprète dans un film d'animation de Disney. Cette information a été authentifiée et corroborée par la fille et le petit fils de ce dernier, après que je leur ai soumis des extraits pour identification.

Résumé

Jiminy Criquet vous propose de l'écouter vous raconter deux histoires fabuleuses. Tout d'abord Bongo roi du cirque, où un petit ourson qui en a assez de jouer les acrobates, décide de retourner dans la forêt. Puis, Mickey et le haricot magique, où une harpe chantante, qui apporte prospérité à tous les habitants de la vallée enchantée, est volé par Willie le géant. Mickey, Donald et Dingo vont devoir agir.

Analyse de l'oeuvre

Coquin de printemps est avant tout une compilation de deux moyens métrages réunis par un fil conducteur présenté par l'emblématique Jiminy Cricket : Bongo, roi du cirque suivi de Mickey et le Haricot Magique. Le destin de ces deux histoires est peut-être cruel, puisqu'elles furent toutes deux envisagées pour devenir de vrais longs métrages. Mais la période n'était guère propice à ces adaptations, et elles furent finalement réunies dans ce film.

Coquin de printemps s'ouvre sur l'apparition de Jiminy qui converse directement avec les spectateurs que nous sommes, comme il le faisait déjà dans Pinocchio. Il nous entraine alors avec lui dans quelques péripéties dans la maison supposée de Luana Patten mêlant ainsi agréablement prises de vues réelles et animation. Il finit alors par tomber sur un 78 Tours racontant l'histoire de Bongo qu'il s'empresse alors d'écouter. Cette courte introduction fut d'ailleurs curieusement censurée dans la version française d'origine, Jiminy lançant en effet le film sans que ne soit jamais montrée l'artiste qui le conte ni la photo de la pochette du disque. Cette séquence fut heureusement réintégrée au film dès 1997.

Bongo, roi du cirque possède une forte similitude avec Dumbo, et pour cause ! Il fut un temps envisagé que Bongo était originaire du même cirque. L'univers de Bongo est vraiment irrésistible, aujourd'hui encore. Rappelant avec bonheur les débuts de la compagnie Disney. On y retrouve ainsi certains personnages échappés de Blanche-Neige et les sept nains (quelques animaux) ou de Dumbo (Le cirque et Casey Jr.), et certains décors paysagers rappelant Bambi. Bongo, roi du cirque est un agréable conte - autant le nommer ainsi - qui narre l'histoire d'une vedette de cirque acclamée par la foule mais prisonnier de son succès et du peu d'égard qu'ont ses maîtres envers lui. Entre deux représentations, Bongo sent l'appel de la forêt auquel il ne peut pas résister. Et le voilà parti dans une aventure dans la nature qu'il ne connaît pas et où il doit tout apprendre. A commencer par faire la cour à une charmante oursonne, dont la déclaration d'amour se fait de manière inhabituelle. Cette aventure a longtemps fait l'objet d'une édition séparée dans la collection Mini-Classique dès la fin des années 1980 en France (beaucoup plus tôt aux Etats-Unis où il fut même diffusé à la télévision). Toutefois, contrairement à Mickey et le haricot magique qui fut fortement retouché, ce court métrage est resté tel qu'il fut conçu, seule la narration de Jiminy fut ainsi retirée. Le seul changement étonnant ne concerne en effet que le doublage français d'origine, l'appel de la forêt qu'entend Bongo est en effet resté entièrement en anglais ! Etonnant et drôle, ravissant et charmant, Bongo, roi du cirque est une belle histoire qui introduit dignement Coquin de Printemps.

A la fin de ce moyen métrage, nous retrouvons Jiminy confortablement installé dans les bras d'une charmante poupée. Le 78 Tours étant désormais terminé, ce dernier poursuit sa visite dans la maison de Luana. Il n'hésite d'ailleurs pas à lire son courrier et s'invite lui-même à la petite fête pour laquelle cette dernière a été invitée par Edgar Bergen. Luana assure en effet ici son propre rôle. Jiminy nous conduit alors vers la demeure d'Edgar et de ses convives Charlie et Mortimer (ce sont en fait des marionnettes, Edgar Bergen étant ventriloque, c'est lui qui leur donne vie). Le film combine alors animation traditionnelle avec prise de vues réelles. Le résultat a incontestablement mal vieilli surtout au niveau des prises de vues réelles, sans compter que le trio à bien du mal pour capter l'attention du public qui de toute façon ne les connait pas. Ce sont pourtant eux qui racontent l'histoire de Mickey et le haricot magique à Luana (et à nous par la même occasion). Jiminy s'efface donc de l'histoire au profit d'Edgar Bergen, sans pour autant disparaitre complètement.

Mickey et le haricot magique revisite le célèbre conte de Jack et le haricot magique, cette histoire d'un haricot qui, planté sous la lumière d'une pleine lune, conduit à un endroit au dessus des nuages où regorgent des choses tout aussi merveilleuses que dangereuses. Walt Disney y agrémente toutefois des aspects bien spécifiques tout en y apportant un peu de magie avec la belle harpe enchantée. Il fait également appel pour la première fois (et la dernière en fait !) dans un film de la collection numérotée aux trois héros emblématiques par excellence : Mickey, Donald et Dingo. L'histoire, superbement écrite est merveilleusement mise en image. Ce qui est d'autant plus regrettable quand on sait que Mickey et le haricot magique a été malmené dans sa carrière. Il fut en effet retiré de Coquin de Printemps pour devenir un court métrage autonome à partir de 1955. Dans cette version les interventions fréquentes de Luana, Charlie, Mortimer et Edgar sont éliminées au profit d'une nouvelle narration assurée par l'oncle Donald Dingue. La qualité de cette nouvelle animation laissant d'ailleurs fortement à désirer, par rapport au court métrage lui-même. Plus étrange encore, le film fut curieusement et outrageusement censuré dans la version française d'origine. Une dizaine de minutes passèrent ainsi complètement à la trappe (parfois dans des endroits parfaitement saugrenus), la fin fut même entièrement coupée et chamboulant dès lors entièrement les propos du film. Fort heureusement, Mickey et le haricot magique fut proposé dans son intégralité dès 1997, et pour l'occasion entièrement redoublé.

Mélange étonnant de deux contes qui ne semblent rien à voir entre eux, Coquin de Printemps est une compilation vraiment plaisante qui est l'une des plus abouties sur la période d'après guerre. Un film qui a le mérite de réunir quatre célébrités de l'univers Disney incontournables et d'y ajouter un ours adorable. Un film plutôt méconnu mais qui devrait tout de même figurer dans votre vidéothèque et vous marquer à jamais.

17 septembre 2009 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage française d'origine (1950)

Jiminy Cricket : Jacques Bodoin 1

Edgar Bergen et ses marionnettes : René-Marc 1

Luana Patten : Mireille Gervais 1

Soliste Bongo Roi du Cirque : Germaine Sablon 1

Soliste quadrille des ours : Camille Guérini 2

Mickey Mouse : Jacques Bodoin 1

Donald Duck : Jacques Bodoin 1

Dingo: Jacques Bodoin NB

Willie le Géant : Pierre Morin 1 (Dialogues)

Harpe enchantée : Paulette Rollin 1

Choeur : Les Voix du Rythme 1

? : Georges Huber 4

Second doublage français (1998)

Jiminy Cricket : Roger Carel 3

Edgar Bergen et ses marionnettes : Roger Carel 3

Luana Patten : Kelly Marot 3

Narratrice et soliste Bongo Roi du Cirque : Marie Ruggeri 3

Soliste quadrille des ours : Olivier Constantin 4

Mickey Mouse : Jean-François Kopf 3

Donald Duck : Sylvain Caruso 3

Dingo : Gérard Rinaldi 3

Willie le Géant : Richard Darbois 3

Harpe enchantée : Bénédicte Lécroart 3

Sources : 1F. Justamand / La gazette du doublage, 2Olikos / lesgrandsclassiques.fr, 3Carton VHS/DVD/Blu-Ray, 4Rémi / Dans l'ombre des studios.
NB Jacques Bodoin pense avoir aussi interprété Dingo, mais n'en est pas certain. Crédité sous réserves.