Doublage : Cendrillon

Cendrillon a bénéficié de deux doublages, uniquement français. Il n'y a encore jamais eu de version québécoise de ce film. Le film fut redoublé en 1991. Une des raisons évoquées à l'époque par Disney France parle d'une altération au niveau des voix des souris. Cette explication semble probable, mais comme la véritable raison de la disparition de ce doublage est inconnue, les spéculations vont bon train auprès des fans. Certains avancent par exemple la difficulté de comprendre les souris dans ce premier doublage (ce qui est vrai), d'autres penchent sur la voix d'Eliane Dorset faisant ressembler Cendrillon à une fermière plutôt qu'à une ravissante princesse de contes de fées.

Le premier doublage n'a eu l'honneur qu'à des projections sur grand écran dès sa sortie en1950. Aucune copie de cette version ne fut jamais proposée ni à la vente ni à la location aux particuliers en France. Ne subsiste aujourd'hui que quelques rarissimes VHS québécoises, dont certains fans ont pu mettre la main dessus. Ce doublage ne manque pas de saveur et de couleur. On retiendra immédiatement la froideur de Madame de Trémaine, qui réussi à faire trembler quiconque viendrait à la croiser dans sa vie. La voix de Cendrillon (Eliane Dorset à la voix, mais pas au chant) est étrangement la curiosité de ce doublage. Très inhabituelle et inattendue à la première écoute, elle se révèle au final particulièrement réussie. Le film souffre toutefois d'une difficulté élevé de comprendre ce que peuvent dire ou chanter les souris du film. De plus, le niveau soutenu des dialogues est assez difficile à suivre pour le très jeune public. On notera également quelques flagrantes différences au niveau des chansons par rapport au second doublage et la prononciation bien française du nom de l'une des souris : Jacques (et non Jack).

Le second doublage de 1991 fait figure aujourd'hui de référence mondiale francophone. Extrêmement connu et populaire, ce doublage est aujourd'hui acclamé par une foule extrêmement nombreuse. Il est vrai que la qualité d'interprétation globale de tous les doubleurs vaut son pesant d'or. Inévitablement, la voix de Cendrillon (Dominique Poulain) y est pour beaucoup. C'est d'autant plus regrettable que Dominique Poulain n'ai pas repris les doublages sur les deux volets suivants, le personnage y perd énormément. Qu'à cela ne tienne, elle rend grace à la plus merveilleuse jeune fille de l'univers Disney. Autour d'elle gravite un noyau très solide de belles voix. Difficile d'ignorer Madame de Trémaine qui réussi à être ici encore plus froide et cruelle que dans le premier doublage. La bonne fée modernise beaucoup le célèbre "Bibidi Bobidi Boo" en apportant énormément de malice à la chanson, ce qui manquait cruellement au premier doublage. Autour de ces trois dames, les autres personnages, très inspirés, apportent une richesse à l'oeuvre. A coup sûr une réussite, il est aujourd'hui difficile de désunir Cendrillon de ce second doublage, tant il regorge de fantaisie, de magie et de romance.

Mais qu'en est-il réellement de la qualité de ces doublages ? Qualitativement, les deux versions sont assez proches, quel que soit le personnage. Les jeunes enfants répugneront cependant à écouter parler Cendrillon dans le premier doublage, car ils sont aujourd'hui beaucoup trop imprégnés de la seconde voix du personnage. Pourtant, indiscutablement, le choix vocal vaut à lui seul d'écouter au moins une fois dans sa vie la voix campagnarde de Cendrillon qui colle beaucoup mieux à l'esprit du conte et du film : une jeune fille, très belle, mais élevée telle une souillon qui rayonne enfin en trouvant l'amour auprès du Prince. Évidemment, la qualité et l'interprétation sont mieux maîtrisés dans le second doublage, mais n'hésitez cependant pas à découvrir les voix françaises d'origines des personnages si vous en avez l'occasion.

2007 par Olikos