Les 101 dalmatiens : Quelques informations

Le film est sorti dans les salles de cinéma le 16 décembre 1961 en France, il ne possède aucun doublage québécois. Depuis 2000, le film a rejoint la liste des films prestigieux soumis au moratoire et n'ai donc plus disponible dans le commerce que durant des périodes limitées.

Les 101 dalmatiens est tellement populaire qu'il a même eu l'honneur de se voir adapté par deux fois en chair et en os autour d'une Glen Close déchaînée et irrésistible, d'abord dans 101 dalmatiens en 1996, puis dans 102 dalmatiens en 2000 ! Sans aucun doute la meilleure incarnation de Cruella d'Enfer, même si les deux films s'éloignent relativement vite du long métrage dont ils sont inspirés, on apprécie réellement sa performance.

Contrairement au reste du monde, le titre original du film est écrit en toutes lettres sans le chiffre numérique 101. En théorie, la traduction correcte devrait donc être "Les cent un dalmatiens", ce qui se révèle finalement peu esthétique dans notre langue. A noter que du coup, le film adapté en cher et en os en 1996 porte donc exactement le même titre en français. Afin d'éviter une confusion, j'ai donc volontairement rebaptisé celui-ci en un simple 101 dalmatiens.

Jock, Lady, le clochard, Peggy, le bouledogue et plusieurs chiots de La belle et le clochard font une apparition surprise et participent à l'aboiement du soir en relayant le message de la disparition des dalmatiens au début du film. Jock et Peggy referont d'ailleurs une apparition dans Oliver & compagnie quelques années plus tard.

Le saviez-vous ? S'il vous en vient l'envie de compter les tâches tout au long du film, sachez qu'il y en a exactement 6 469 952 (y compris celles que fait Cruella en voulant signer son chèque) ! Pour les réaliser, l'équipe utilisa la technique de Xérographie (sorte de photocopie), un appareil qui fut conçu par Chester Floyd Carlson.

Résumé

Pongo et Perdita sont les heureux parents de 15 magnifiques chiots dalmatiens. Le bonheur règne dans la maison londonienne. Mais un jour, l'horrible Cruella d'Enfer, créature perfide décide de kidnapper la portée ainsi que tous les chiots dalmatiens de la région pour s'en faire un gigantesque manteau de fourrure ! Panique dans Londres, Pongo et Perdita font appel à tous leurs amis pour retrouver leurs chiots et dans un concert d'aboiement, l'alerte est donnée.

Analyse de l'oeuvre

Les 101 dalmatiens marque un second tournant important pour les Walt Disney Animation Studios après Cendrillon en 1950. Il inaugure en effet une toute nouvelle patte graphique très identifiable rendant un aspect crayonné très typique de cette période, et qui se poursuivra ensuite régulièrement jusqu'à Les aventures de Bernard et Bianca. Un style unique et inimitable qui rencontre aujourd'hui encore un certain succès auprès du public et des fans, et rend le film si marquant visuellement parlant. Le scénario de Les 101 dalmatiens est inspiré du roman de Dodie Smith publié en 1956, et fut porté à l'écran seulement cinq ans plus tard. Bien que des remaniements ai été rendu nécessaires, l'histoire se veut fidèle au roman déjà bien garni de personnages irrésistibles.

Walt Disney n'aurait, parait-il, jamais été particulièrement amateur des félins, préférant de loin les espèces canines, d'où une place de choix réservés aux chiens qui ont toujours eu droit à un traitement de faveur dans les films animés de son studio, alors que les chats ont plutôt eu la place du méchant de service quelque peu manipulateur (Lucifer) ou du personnage réellement bizarre (Chat de Chester), les canidés ont été très souvent présent dans le rôle du fidèle compagnon aux seules exceptions de Bambi et Rox et Rouky où ils sont vraiment effrayants. On aurait d'ailleurs pu craindre une concurrence entre Les 101 dalmatiens et La belle et le clochard sorti cinq ans auparavant, mais il n'en est rien. Les 101 dalmatiens se démarquent en effet complètement de son prédécesseur sur de nombreux points.

On peut ainsi considérer qu'il s'agit du tout premier film d'animation du studio Disney qui met les héros humains et animaux sur un pied d'égalité. Dans La belle et le clochard par exemple, Jim et Darling n'étaient qu'accessoires pour l'intrigue. Au contraire, dans Les 101 dalmatiens, les êtres humains ont une place importante dans le déroulement de l'histoire, et font quasiment jeu égal avec les animaux. Le couple animalier vedette est d'ailleurs particulièrement attachant : Pongo tout d'abord est irrésistible, c'est d'ailleurs lui qui joue le rôle de narrateur et de fil conducteur de l'intrigue. On relèvera d'ailleurs avec tendresse qu'en version française c'était le premier grand rôle de Roger Carel pour un film des Walt Disney Animation Studios. Car même si on se souvient de ses contributions comme le chat de Chester, Jiminy Criquet, Timothée ou Jock, personnages pourtant issus de films antérieurs à Les 101 dalmatiens, il ne participa à ces films que lors des redoublages quelques années plus tard. Aux côtés de Pongo, on trouve la tout aussi délicieuse Perdita qui l'accompagne superbement. L'animation de Pongo et Perdita est très travaillée et fourmille de détails crédibles, surtout lorsqu'ils s'élancent dans un sprint à travers la campagne enneigée. Tout autour d'eux gravitent également d'innombrables animaux de toutes sortes, dont les célèbres chiots.

Le film se démarque aussi de ses prédécesseurs car il oppose pour la première fois des animaux directement à des êtres humains. Les grands méchants de l'histoire sont humains, aussi bien Horace et Jasper que la tout aussi impressionnante Cruella d'Enfer. C'est d'ailleurs cette dernière qui tire son épingle du jeu dans Les 101 dalmatiens, elle s'impose dès sa toute première apparition à l'écran et crée immédiatement le malaise dans l'esprit des spectateurs. Résolument tout dans sa carrure, dans sa personnalité ou dans son animation fait froid dans le dos. Et on ne s'étonne pas du tout qu'elle sombre peu à peu dans la démence, jusqu'à devenir hystérique. Cruella d'Enfer est en effet l'une des seules méchantes de l'univers Disney dépourvu de la moindre santé mentale, elle n'a quasiment aucun égal au sein du studio Disney. Pour elle, seule la fin justifie les moyens. Et quand on sait que son but ultime est de se concevoir un manteau à partir de la fourrure de jeunes chiots, Cruella d'Enfer en devient l'un des pires personnages malfaisants jamais imaginés.

Le déroulement de Les 101 dalmatiens ne souffre d'aucun temps mort, et l'on est happé par l'intrigue jusqu'à son dénouement. L'aventure est passionnante et le suspence vous tient en haleine jusqu'à la fin. Tout s'enchaine en effet assez vite, entrainant avec lui le spectateur dans son sillage. Le film est d'ailleurs très fidèlement accompagné par une partition musicale à la fois discrète mais aussi intense. On s'étonnera d'ailleurs que pour la première fois dans un film animé du studio, Les 101 dalmatiens est dépourvu de la moindre chanson qui sert à faire avancer le récit. On ne compte en effet qu'une chanson partielle chantée au début et une autre à la fin du film, ainsi qu'une comptine rigolotte pour une publicité à la télévision.

Les 101 dalmatiens reste un film remarquable à plus d'un titre, marquant une seconde transition dans l'univers des Walt Disney Animation Studios. Le scénario du film, habilement écrit, bénéficie d'une galerie de personnages tous plus intéressant les uns que les autres, à l'image de la diablolique Cruella d'Enfer. Et lorsque l'on voit surgir à l'écran des centaines de chiots de partout, on se dit qu'on est en présence d'une oeuvre magnifiquement mise en scène, extrêmement soignée et, n'ayant pas peur du mot, culte. Un indémodable de la décennie des années 1960.

30 décembre 2011 par Olikos