Peter et Elliott le dragon - Version longue : Quelques informations

Le film retrouve sa vision d'origine à sa ressortie en vidéo en 2003. Il s'agit en fait de son format d'origine, qui avait été amputé de nombreux plans lors de sa sortie en salle à l'international. De par la nature même des rajouts et remaniements, un redoublage français intégral a été fait sur le film, cependant, ce dernier ne dénature pas du tout le film.

Cette page n'est consacré qu'au comparatif des deux versions du film, pour l'anaylse du film, rendez vous sur la fiche de Peter et Elliott le dragon.

Résumé

Peter, jeune orphelin de 9 ans, s'est enfui de chez ses parents adoptifs qui le martyrisaient. Chemin faisant, il fait la rencontre d'Elliott, un gentil dragon, qui chante comme Bing Crosby, devient invisible à volonté et vole dans les airs. Cette « Version Longue » offre une trame narrative légèrement différente tout en offrant de nombreuses nouvelles séquences jusqu'ici inédites.

Analyse de l'oeuvre

Je n'ai jamais été particulièrement friand des comédies musicales dans les films alors qu'inversement j'ai toujours adoré voir un personnage Disney chanter. Paradoxal ? Pas vraiment ! Je suis en effet particulièrement attaché aux chansons et à la musique dans tous les films, même produit par les studios concurrent. Une chanson, si elle est particulièrement bien écrite, saura toujours apporter une émotion intense et faire passer un message qui aurait bien eu du mal à convaincre s'il n'avait été que parlé. Là où l'animation ne se contente généralement que de ces passages inoubliables, les comédies musicales, dont Peter et Elliott le dragon en est le parfait représentant, préfèrent systématiquement rallonger ces passages musicaux par des chorégraphies " certes intéressantes" qui ont bien du mal à se justifier et alourdissent considérablement la narration d'un film. Je ne m'en suis jamais caché, j'aurais été particulièrement satisfait d'avoir connu une version légèrement raccourcie de Mary Poppins qui aurait profité d'une bien meilleure intensité narrative. Si aujourd'hui une telle idée peut paraître hérétique, L'apprentie sorcière tout comme Peter et Elliott le dragon ont eu le bonheur d'être présenté de plusieurs façons. Ce dernier a même connu pas moins de trois versions différentes : la version cinéma internationale (que l'on nomme parfois « Version Courte » de nos jours) qui dure exactement 1h42, la version spéciale télévisée qui ne fut à ce jour diffusé que sur France 3 durant les années 80 dont le remontage le fit durer moins de 1h30 et la « Version Longue » désormais exclusivement disponible dans le commerce avoisinant les 2h02. On fera l'impasse volontairement sur les autres multiples remontages que connu le film.

Évoquer la version longue dans cette page, c'est inévitablement parler des deux autres versions qui existent de ce film. Oublions si vous le voulez bien la version télévisée dont je ne conserve que quelques minuscules souvenirs, pour ne se concentrer que sur la version dite « Internationale ». Comme l'ayant évoqué plus haut, j'ai toujours pensé que Peter et Elliott le dragon était paru trop tardivement dans un contexte où le public américain se lassait des comédies musicales. Jusqu'à très récemment, j'étais ainsi convaincu que le film ne fut censuré que des chorégraphies. Erreur monumentale ! En se penchant plus attentivement, on se rend compte que retirer quelques passages dans les chansons ne pouvait expliquer 20 minutes en moins au film. En fait, c'est totalement inexact. La version « Internationale » peut être qualifié comme un film entièrement différent. Oui, vous l'avez bien lu !

Tout le film fut en effet entièrement repensé, remanié, transformé. La version « Internationale » contient plus de 80 coupes, sans doute même plus (j'ai cessé de compter arrivé à ce chiffre), certaines sont même particulièrement visibles après comparaison attentive (des erreurs de scènes ou d'objets mal placés d'un plan à l'autre ne le sont ainsi plus dans la « Version Longue »). En majorité, ce sont les frères Cogan par exemple qui n'apparaissent ainsi pratiquement plus autant, tout comme une très grande partie de la population de Passamaquoddy qui passent à la trappe. Autre changement important l'arrivée en ville du Docteur Terminus est réduit à peau de chagrin et son déballage autour de sa boisson miracle à été réduite au strict essentiel. Les coupes plus notables concernent la somptueuse chanson « Un petit point de lumière » qui fait partager les sentiments de Nora sur son amour perdu en haut du phare. Curieusement le premier doublage du film comportait cette chanson en ouverture du film sur le générique jusqu'en 1993. Ensuite cette chanson fut supprimée en 1999 sans raison officielle avant d'être évidemment remplacée par une nouvelle interprétation directement dans le film dès 2003. Les seules chorégraphies qui ont été véritablement retirées concernent à peine deux morceaux du film. Qui aurait pu le croire ? Ces coupes extrêmement nombreuses sont éparpillées un peu partout tout au long du film rendant certaines séquences plus énergiques (la capture d'Elliott), plus drôle (lorsque Lampie évoque Elliott dans la taverne) ou moins alambiquées. Dernier remaniement assez important, les séquences en pleine mer ont pour la plupart toutes été écourtées et même complètement occultées. Globalement, les coupes ne représentent que quelques secondes par-ci par-là. Mais multiplié par près d'une centaine de fois, ces coupes expliquent les 20 minutes en moins du film.

Pourquoi dire que les « Version Internationale » et « Version Longue » sont deux entités différentes ? Et bien il faut prendre en considération le fait que couper de nombreuses scènes au montage entraine d'autres réajustements. Les musiques et chansons sont alors totalement différentes, aussi bien dans la réorchestration des morceaux vocaux que des musiques d'ambiance faisant ainsi disparaître les coupes. Même les dialogues sont métamorphosés quand on les compare attentivement, le scénario du film est donc sensiblement différent d'une version à l'autre. Cas rare dans l'industrie de Walt Disney, on peut aujourd'hui qualifier que même la version américaine du film connait deux versions très différentes. Je regrette d'ailleurs de ne pas posséder celle-ci puisque je ne détiens que la version française d'origine de ce film. La « Version Longue » bien que réhabilitant le film dans son format originel (à quelques minutes près) fut donc remaniée de façon très habille et discrète spécialement pour la ressortie du film, si bien d'ailleurs que seul le regard et l'oreille attentifs peuvent réellement déceler ces changements. « Peter et Elliott le dragon » existe donc encore aujourd'hui dans deux versions : la « Version Internationale » mettant avant tout l'accent sur les personnages et l'histoire (qui devient malheureusement bientôt introuvable), et la « Version Longue » qui restaure son format originel.

Évoquons enfin les deux doublages français de ce film. Si on peut trouver toutes les raisons du monde à critiquer les divers redoublages que s'évertue de faire Disney France, on peut ici complètement leur pardonner. Devant la transformation complète du film pour sa ressortie de 2003, il était absolument impossible de préserver le doublage d'origine tant les dialogues, musiques et chansons ne correspondaient plus du tout à ce qui se passait à l'écran. Globalement d'ailleurs, le redoublage se révèle même d'une qualité irréprochable dont certaines voix parviennent même à correspondre à la version française d'origine.

Pour terminer, il est difficile pour moi de trancher franchement entre les deux qui ont chacune des bonnes et mauvaises choses à partager. Peut-être ai-je plus de plaisir à découvrir la « Version Internationale » que j'ai connu en premier et offre une narration plus réduite mais plus intense. Mais la « Version Longue »  de Peter et Elliott le dragon reste également très agréable, rehaussée d'ailleurs par un doublage maitrisé de grande qualité. En fin de compte, je crois bien que j'aurai préféré pouvoir posséder dans le même DVD les deux versions du film.

31 août 2009 par Olikos