Taram et le chaudron magique : Quelques informations

Le film est sorti le 27 novembre 1985 en France. Il a connu deux doublages différents à ce jour, mais n'a pas de doublage québécois.

C'est le second Grand Classique qui a été renié, puis complètement occulté par ses créateurs, après Alice au pays des merveilles. Le film ayant connu un flop retentissant à sa sortie cinéma mondiale. Il s'agit également du premier film Disney dépourvu de la moindre chanson. C'est aussi le seul film médiéval-fantastique de toute l'industrie des longs métrages animés de Disney. On notera qu'il s'agit du second film tourné en CinemaScope après La belle et le clochard, mais du premier au ratio 2:35. La belle et le clochard ayant été tourné au ratio 2:55. C'est enfin l'un des rares films Disney où l'on voit du sang, lorsque Taram tombe, il a la lèvre coupée.

Plusieurs scènes du film furent censurées peu avant la sortie du film, afin de respecter l'interdiction de moins de 13 ans aux États-Unis, pourtant une séquence fut étrangement coupée au montage après la projection du film en salle, elle est en effet aujourd'hui absente de tous les supports vidéos existant. Cette courte séquence se situait juste après l'apparition du chaudron magique. Taram, voulant détruire le chaudron, s'emparait ainsi d'un bout de bois pour essayer de briser le chaudron. Le morceau de bois se brisait alors, et surgissaient les trois sorcières expliquant que le chaudron ne pouvait être détruit. Cette séquence disparue est cependant illustrée dans certains ouvrages d'époque, ainsi que dans la bande dessinée inspirée du film. On ignore totalement la raison de la disparition de cette courte séquence, et on entend nettement un raccord au niveau de la musique sur les doublages anglais et français. Certaines personnes avancent même que le film fut censuré peu avant la projection cinéma américaine, d'où les problèmes de compréhension du film, mais aucune preuve n'a été apportée pour appuyer cette théorie.

Le film a connu deux versions françaises. La première pour sa sortie en salle, la seconde pour sa sortie vidéo en 1998. Le doublage de 1998 fut réalisé exclusivement pour la France suite à un problème de droits d'exploitation de la version de 1985. Depuis peu, c'est cette version qui est également proposé en Belgique et au Québec, la version d'origine étant devenu introuvable dans le commerce.

Résumé

Au pays de Prydain, un jeune garçon prénommé Taram, est chargé d'une mission périlleuse. Avec son épée magique, il doit empêcher le terrible Seigneur des Ténèbres de s'approprier un mystérieux chaudron noir qui donne des pouvoirs surnaturels. Au cours de cette incroyable aventure, Taram va rencontrer la charmante Princesse Eilonwy, une drôle de bestiole à poils nommée Gurgi et un adorable petit cochon avec des dons de voyance. Ses nouveaux amis l'aideront à combattre ce terrible ennemi et lui apprendront que l'amitié est l'arme la plus efficace.

Analyse de l'oeuvre

Taram et le chaudron magique a probablement connu le plus grand flop cinématographique de toute la collection numérotée. Le film souffre de très nombreux défauts, il a été renié par ses créateurs, et les Disneyphiles le détestent.

Pourtant, ce film est également devenu une oeuvre culte pour toute une génération de spectateurs, particulièrement chez les trentenaires de l'époque. Il faut dire que ces derniers ont baigné dans l'oeuvre de J.R.R. Tolkien : "Le Seigneur des Anneaux" (bien avant les films ou le rouleau compresseur "Harry Potter"). Il en est d'ailleurs probablement de même pour les réalisateurs du film. Serait-il sorti à la mauvaise période ? C'est tout à fait possible qu'actuellement, il aurait connu meilleure audience. Malheureusement, des nombreux détails n'arrivent pas à sauver les apparences, et viennent plomber le film.

Taram et le chaudron magique est sans équivoque le plus effrayant de tous les films Disney. L'atmosphère est sombre, et les vilains personnages squelettiques peuvent réellement perturber les plus jeunes. Enfin, c'était surtout valable dans les années 80, certaines publicités ou films actuels sont autrement plus gloques. Il n'empêche qu'il vaut quand même mieux prévenir que guérir. La magie habituelle et les personnages joyeux plein de couleurs sont totalement absents ici.

Par contre, si l'on a plus de 12 ans, le Seigneur des Ténèbres fait plus sourire que peur, dans toute sa noirceur, il en devient très vite ridicule. L'ensemble des personnages du film ne sont à aucun moment attachant, on les suit sans conviction, et finalement sans même comprendre pourquoi tout le monde en a après ce chaudron magique.

Graphiquement par contre, l'ensemble est très convaincant. Les décors sont par moments somptueux (le château, la forêt, la ferme...), et font réellement honneur au médiéval-fantastique. L'animation est soignée et sans aucune accroche. Les auteurs se permettent même de créer le premier méchant sans visage, presque entièrement masqué dans sa cape. Le format CinemaScope est exploité pour la seconde fois, et fait des merveilles. Le ratio est grand, et spécifiquement dédié aux grands écrans. Les téléviseurs classique et même les petits 16/9ième ne rendant évidemment par honneur au film.

Malheureusement le scénario est complètement décousu. Tout s'enchaine presque sans queue ni tête, on entre dans le film comme on en sort : on n'a rien compris à l'histoire. Pourquoi Tirelire est dotée de pouvoir magique ? Comment le Seigneur des Ténèbres fait-il pour connaître son existence ? Pourquoi Ritournelle est-il prisonnier ? Qui est Eilonwy (sans compter sur ce nom imprononçable) et que fait-elle là ? D'où sort cette petite boule lumineuse ? Que fait la tombe d'un chevalier inconnu dans cet endroit ? Pourquoi son épée est-elle magique ? D'où sort cette bestiole chapardeuse ? Et d'autres dizaines de questions du même ordre se bousculent au visionnage du film. Quasiment aucune explication n'est donnée, ni le moindre indice. Ceux qui n'ont jamais touché de près ou de loin à l'univers Medieval-Fantastique s'y perdront, même avec beaucoup d'imagination et de bonne volonté.

Taram et le chaudron magique est donc le seul film complètement à part du catalogue des Grands Classiques. Oeuvre curieuse ayant bénéficiée d'un graphisme et d'une animation remarquables, le film est complètement massacré par ses personnages sans conviction et son scénario trop alambiqué. Dommage.

29 septembre 2007 par Olikos