Doublage : Pocahontas, une légende indienne

Pocahontas, une légende indienne a eu droit à trois versions distinctes. Une première interprétation fut proposée en France en début d'année 1995 sous la forme d'une bande annonce, puis les deux véritables doublages furent diffusés d'abord au Québec puis en France.

Alors que la France connaissait une importante grève des comédiens de doublage en 1995, Disney France proposa une bande annonce promotionnelle avec des comédiens différents. En 1995, les comédiens de doublage français se mettent en grève, afin de revaloriser leurs conditions de travail. Aucun studio de doublage n'est donc épargnée, pourtant l'industrie du cinéma doit continuer, et lorsqu'est venu le temps d'une vidéo promotionnelle pour présenter quelques minutes de leur prochain film de Noël, les studios Disney eurent donc besoin de recruter une personne pour interpréter Pocahontas. Déjà, une idée a semble-t-il germé dans l'esprit des adaptateurs français, Judith Bérard (qui reprendra finalement le rôle chanté dans Pocahontas II) chante ainsi une version inédite et exclusive de "L'air du vent". Cette bande annonce n'a été dévoilée qu'uniquement sur certaines VHS d'époque, dont celle de Pinocchio et de Les aristochats. Il s'agit actuellement de l'une des deux bandes annonces inédites comportant un doublage différent, avec celle de Le bossu de Notre-Dame, suite à la grève des comédiens de doublage cette année là.

Rien n'est à signaler dans le doublage québécois du film, il est d'un exceptionnel niveau de qualité, et plusieurs rôles sortent imancablement du lot, comme Pocahontas, John Smith, Ratcliffe, Kocoum et Nakoma. Le doublage pèche cependant autour de Powatan nettement moins convaincant dans cette version. Les chansons sont justes, les dialogues très riches, et les comédiens tous excellents dans leurs rôles.

La version française offre une également un excellente performance, particulièrement au niveau des chansons et des rôles parlés de Pocahontas, Powatan, Ratcliffe et John Smith (La voix officielle française de Robin Williams). On retiendra aussi la participation surprise de Annie Cordy en Grand Mère Feuillage irréstibible dans ce rôle. Un choix de talentueux comédiens très prestigieux, mais qui aura la malheureuse conséquence de ne retrouver aucun d'entre eux dans la séquelle du film. Mais peu importe, le doublage français est de grande qualité.

Une fois de plus, la confrontation des deux doublages n'est pas une mince affaire tant ces deux là sont remarquables à tous les niveaux. Que faire alors pour pouvoir les différenciers, si ce n'est de se pencher sur les quelques minuscules différences ? Concentrons nous donc sur celles-ci, comme par exemple cette désormais habitude qu'on les québécois de prononcer les noms des personnages à l'américaine (ex: Koko-oum, Mai-ko...) pendant que les français préfèreront soit franciser, soit inventer (ex :Méko, Kocou-om...). Autre différence culturelle, la France nommera l'instrument à percussion des Indiens un Tam-Tam, ce qui est d'ailleurs une erreur étant donné que l'origine de cet objet provient d'Afrique et non d'Amérique, mais cela se veut nettement plus dépaysant qu'un simple tambour. Traduction d'ailleurs privilégiée par la version québécoise. Citons également l'extraordinaire performance de Raymond Gérôme et Ronald France, interprétant tous deux le Gouverneur Radcliffe d'une façon extrêmement proche et fidèle à la version originale. Enfin, la démarcation la plus représentative des deux versions vient tout naturellement des chansons du film. Variés dans les deux cas, à la fois proches et divergeantes, elles se veulent donc parfaitement complèmentaires d'un doublage à l'autre. Il est donc tout naturel de les apprécier toutes sans aucune distinction.

08 juillet 2008 par Olikos