Toy Story / Histoire de jouets : Quelques informations

Le film sort le 22 novembre 1995 au Québec sous le titre Histoire de Jouets, puis le 27 mars 1996 en France. Il marque un tournant dans l'histoire du cinéma en étant le premier long métrage réalisé intégralement en images de synthèse 3D. Bien que la campagne publicitaire a nettement mis en avant la marque Disney, il s'agit en réalité d'une co-production avec le jeune studio d'animation Pixar.

En 2009, Toy Story ainsi que Toy Story 2 ont bénéficié, spécialement pour une ressortie limitée en salle, d'une recréation numérique en version stéréoscopique 3-D qui aura nécessité dix mois de travail en tout.

Résumé

Quand le jeune Andy quitte sa chambre, ses jouets se mettent à mener leur propre vie sous la houlette de son pantin préféré, Woody le cow-boy. Andy ignore également que chaque anniversaire est une source d'angoisse pour ses jouets qui paniquent à l'idée d'être supplantés par un nouveau venu. Ce qui arrive quand Buzz l'éclair est offert à Andy. Cet intrépide aventurier de l'espace, venu d'une lointaine galaxie, va semer la zizanie dans ce petit monde et vivre avec Woody d'innombrables aventures aussi dangereuses que palpitantes.

Analyse de l'oeuvre

Printemps 1996, un évènement sans précédent dans le monde du cinéma s'apprête à sortir sur les écrans français, annonçant une véritable révolution, comme ce fut le cas quelques mois plus tôt aux Etats-Unis. Toy Story est le premier long métrage d'animation entièrement réalisé en 3D, prolongement naturel et logique de l'évolution des technologies numériques, dont la plus grosse amorce fut Jurassic Park en 1993. Le long métrage est d'ailleurs attendu avec une grande impatience par les fans de Disney, le groupe américain nous avait déjà longuement préparé à cette mutation en intégrant petit à petit cette technologie révolutionnaire dans chacun de ses films depuis Basil, détective privé et son immense horlogerie. Parce que ce qu'il faut savoir en cette année 1996, c'est que Toy Story était considéré et attendu du public comme un film Disney. Toute la promotion du film tournait ainsi entièrement autour de la marque Disney. Le logo Pixar n'y était même pas visible, y compris dans le film, personne n'imaginant alors la réelle portée et surtout l'incroyable destin qui attendait le studio. Pourtant, Toy Story a toujours été une réalisation du jeune studio Pixar, une ancienne filiale du studio I.L.M. devenue indépendante en 1986 quand elle est rachetée par Steve Jobs. C'est d'ailleurs dès 1991 que Disney et John Lasseter signent ce partenariat dont le deal est clair, si Pixar produit, c'est Disney qui distribue, promeut, conserve les droits sur les personnages et garde un droit de regard sur le contenu du long métrage. Un deal particulièrement peu équitable envers le jeune studio qui doit faire ses preuves !

Avec l'immense promotion assurée des mois à l'avance sur l'ensemble des supports Disney disponibles en France, j'attends Toy Story avec une fébrilité naturelle. Du coup, une fois le film vu, le sentiment qui a dominé en moi a été à la hauteur de l'attente : une effroyable déception. Alors adolescent, j'avais en effet trouvé le film affreusement froid contrairement à la chaleureuse animation traditionnelle en 2D. C'est plus particulièrement les humains qui m'avaient choqués avec leur attitude robotique, raide et peu crédible ! Un constat qui est toujours valable aujourd'hui, où Toy Story est un film ayant résolument très mal vieillit même s'il tient encore largement la route par rapport à d'autres productions plus récentes, telle que L'âge de glace premier du nom produit sept ans plus tard. L'autre aspect qui m'avait tout autant gêné était cette surabondance publicitaire pour des marques de jouets. Toy Story ressemble à un immense vitrine d'un grand magasin dédié aux jouets d'enfance de leurs spectateurs. Sauf que, à cette époque, je n'avais déjà pas la moindre fibre nostalgique (qui ne date donc pas d'hier), et n'avais conservé aucun souvenir ému de mes jouets d'enfant. J'étais même plus proche de Sid étant enfant, sans être extrême comme lui, que d'Andy. Je ne réclamais presque jamais d'en avoir, en détenait donc très peu, et quand ces jouets me lassaient, j'entreprenais de les démonter pour voir comment ils étaient fabriqués. Ils finissaient toujours disloqués puis à la poubelle (s'il n'étaient pas tout simplement abandonnés quelque part dans le jardin), sans le moindre remord de ma part. De fait, voir un jouet (Woody) tenter de se débarrasser de son concurrent (Buzz) m'avait laissé totalement de glace.

Ainsi a commencé ma très longue inimitié avec le studio Pixar, dès 1996, avec Toy Story son tout premier long métrage. Deux décennies plus tard, l'eau à coulé sous les ponts, je dois admettre que j'ai eu une réaction fortement exagérée envers ce film, passant à côté de l'essentiel. Il était un film pionnier dans son genre, le tout premier de sa catégorie aujourd'hui devenue une norme, le film d'animation 3D. Que voulez-vous, quand on est ado, on veut s'amuser, le reste nous passe au dessus de la tête. Or, Toy Story m'avait déçu, ça avait tout gâché de l'évènement. Bien entendu, je ne porte pas plus dans mon coeur Toy Story aujourd'hui qu'à l'époque de sa sortie en salle, mais j'arrive désormais à le revoir sans déplaisir malgré ces défauts inévitables. Car il faut le reconnaître, en écartant la famille d'Andy et les quelques personnages annexes, tout ce qui est non-humain dans le film tient toujours parfaitement la route actuellement. Tous les jouets étant à la base inorganiques, leurs mouvements saccadés ne peuvent pas choquer. Au contraire, cela fait parti de leur charme et même de leur personnalité. Pixar ne trahira d'ailleurs pas leurs attitudes dans les multiples suites qu'a connu la franchise depuis, alors que la technologie a fait un énorme progrès depuis lors ! Il faut aussi accorder à Toy Story d'avoir imaginé une nouvelle façon de narrer une histoire en animation aux Etats-Unis. Toy Story a été celui qui a brisé l'idée reçue qu'un film d'animation ne pouvait s'adresser qu'aux seuls enfants. Toy Story allait bien au-delà en disséminant des éléments à destination des adultes. Ceci afin que chaque membre de la famille puisse y trouver son compte. C'était déjà quelque chose que Disney avait apporté dans ces films durant les années 1990 (Il n'y a qu'à voir le message sulfureux de Le Bossu de Notre-Dame paru la même année), mais la 2D avait toujours conservée cet aspect juvénile pour une large part du public. Cette toute nouvelle forme de narration 3D permettait en 1996 d'enfin s'en émanciper totalement.

L'une des choses qui fonctionne le plus dans Toy Story, c'est son duo vedette de personnages. Contrairement au scénario, relativement léger dans son propos, c'est surtout l'évolution de caractère entre Woody et Buzz qui fait la principale force du récit. Le tout conforté par ailleurs par deux versions francophones particulièrement jubilatoires ! Toy Story nous présente le jouet préféré d'Andy, auto-propulsé à la tête de la chambre de jouets. Sa souveraineté est pourtant remise en cause par Buzz dont l'attrait technologique éclipse Woody, désormais désuet, aux yeux d'Andy. La parabole est merveilleuse dans la mesure où tout le film va les faire se confronter l'un par rapport à l'autre, comme en écho au furieux débat qui naît à cette époque dans le coeur des spectateurs. Le « combat » entre Woody et Buzz est à l'évidence une allusion entre les partisans de l'ancienne époque, celle de l'animation 2D, contre celle du renouveau, l'apparition de l'animation 3D. L'idée lumineuse est de faire en sorte, parallèlement au film, de faire comprendre au spectateur que peu importe la méthode employée, tout le monde doit garder une seule chose en tête : c'est avant tout le lien qui unie les personnages avec les spectateurs et l'histoire qu'ils vivent tous ensemble qui fait toute la différence. Passé et présent ne peuvent au final que fraterniser, s'entraider et coexister pacifiquement. C'est quelque chose de très beau qu'a insufflé Pixar dans son Toy Story !

Avec le recul, Toy Story a été un évènement à la hauteur de celui qu'avait été Blanche-Neige et les sept nains dans le milieu du cinéma, même si je n'ai pas su le percevoir comme tel en ce temps là. Mais on ne peut nier, vingt et un an plus tard, que si l'aspect technique de Blanche-Neige et les sept nains a brillamment réussit à garder toute sa saveur à travers les décennies, Toy Story n'a de cesse de vieillir prématurément année après année. Le problème réside dans la 3D elle-même. Plus un studio a la volonté de se rapprocher du photo-réalisme, plus les failles d'animation deviennent visibles et risibles avec l'évolution de la technologie. Pixar l'a heureusement parfaitement compris par la suite, en bannissant d'abord les humains dès 1001 Pattes mais, surtout, en choisissant de les ré-introductoire via la caricature dans toutes leurs producteurs suivantes (WALL.E excepté). Un mince équilibre qui joue par exemple totalement en faveur de l'excellent Toy Story 2, qui a beaucoup mieux gardé tout son charme que son prédécesseur. Mais regardez-y de plus près, l'innovation d'un jour est irrémédiablement toujours condamnée à être surpassée, sans qu'on n'en retienne pour autant sa succession. Par exemple, Pinocchio n'est-il pas bien plus abouti que Blanche-Neige et les sept nains ? Pourtant, tout le monde fait l'impasse sur lui, parce qu'il sera toujours l'éternel second long métrage de Walt Disney. Il en sera de même pour Toy Story qui, malgré ses défauts (dont ses chansons peu agréables à l'oreille), restera à jamais l'éternel premier film d'animation américain intégralement produit en 3D, qu'importe tous les films bien meilleurs qui lui auront succédé. Qu'on l'aime ou pas, il y a eu un avant et il y a eu un après. Toy Story a durablement marqué l'histoire !

19 août 2016 par Olikos

Voxographie sélective

Version québécoise d'origine (1995)

Buzz Lightyear : Mario Desmarais 1

Woody : Alain Zouvi 1

Sergent : Aubert Pallascio 1

Hannah Phillips : Sabrina Germain 1

Mme. Davis : Natalie Hamel-Roy 1

Andy Davis : Kim Jalabert 1

Bo Peep : Nathalie Coupal 1

Ham : Benoit Rousseau 1

M. Patate : Louis-Georges Girard 1

Rex : François Sasseville 1

Slinky : Marc Labrèche 1

Sid : Éric Jomphe 1

Version française d'origine (1996)

Woody : Jean-Philippe Puymartin  2

Buzz l'Éclair : Richard Darbois  2

M. Patate : Jacques Ferrière  2

Zigzag : Jacques Balutin  2

Rex : Henri Guybet  2

Bayonne : Patrick Préjean  2

Bergère : Rebecca Dreyfus  2

Andy : Donald Reignoux  2

Sid : Christophe Lemoine  2

Mme Davis : Isabelle Ganz  2

Sergent : Marc Alfos  2

Hannah : Charlyne Pestel  2

Sources : 1Doublage.qc.ca, 2Voxofilm