Aladdin et le roi des voleurs : Quelques informations

C'est le 7 novembre 1996 que la dernière aventure d'Aladdin sort en vidéo en France. Concluant à la fois une trilogie de longs métrages et la série animée, ce film réunit tous les personnages déjà connus, et lève le voile sur la passé du jeune héros. Le film boucle le cycle d'Aladdin en se terminant comme le premier avait commencé avec le colporteur racontant l'histoire. Par ailleurs, le film possède un doublage québécois, tout comme le premier film, ce qui n'était curieusement pas le cas dans Le retour de Jafar.

Pour la version française, Paulo Domingo ne reprit pas le rôle d'Aladdin. Le personnage se partage donc deux comédiens: Emmanuel Dahl pour le chant et Guillaume Lebon pour les dialogues. Aucune raison officielle n'a été avancée par Disney France sur les raisons de ce choix artistique, on suppose donc aujourd'hui que Guillaume Lebon a simplement reprit le rôle comme il le faisait déjà dans la série télévisée.

Une fois encore, la numérotation française suit une logique incompréhensible pour ce film. Il est paru en France avant Le bossu de Notre-Dame (20 jours avant pour être exact), leur numéro devrait donc normalement être inversés.

Bien que Aladdin et le roi des voleurs fut conçu comme une conclusion, Aladdin connaîtra finalement une ultime aventure aux côtés de Hercule dans la série télévisée de ce dernier. De la même façon, Jasmine aura aussi droit à une ultime aventure dans la compilation Les Histoires merveilleuses - Vis tes Rêves.

Ce film est sans nul doute celui qui contient le plus grand nombre de références en tout genre. Pour infos, en voici une petite liste incomplète : la fée Clochette, Jafar, Sylvester Stalone, Cléopâtre, Jules César, Osiris, le Lapin Blanc, Cendrillon et son carrosse, Blanche-Neige, Minnie Mouse, Jessica et Roger Rabbit, Pocahontas, Pumba, Pluto, Mickey dans son premier film "Steamboat Willy", Mme Doubfire, Elvis, Las Vegas, Einstein, Moïse et l'ouverture de la mer rouge, Robocop... etc...

Résumé

Aladdin et Jasmine vont enfin se marier ! Tout le monde est invité pour l'occasion. Une grande cérémonie en leur honneur est préparée. Mais c'est sans compter sur l'irruption de Kassim et ses voleurs qui vont perturber leur mariage. A la recherche d'un objet mystérieux et puissant, ces derniers saccagent le banquet. Il n'en faut pas plus à Aladdin et Jasmine pour partir à leur poursuite.

Analyse de l'oeuvre

Conclusion naturelle des deux premiers films et de la série animée, Aladdin et le roi des voleurs est l'achèvement de nombreuses aventures dont la première débuta en 1993 (1992 au Québec) avec Aladdin. Conçu comme une véritable fin en soit, le film peut être apprécié même sans avoir jamais visionné un seul épisode de la série télévisée, même si tout fan qui se respecte l'a forcément suivie lors de son passage dans le Disney Club en France. Aladdin et le roi des voleurs n'est pourtant que la seconde exclusivité vidéo de la compagnie Disney. Et pourtant, il faut le reconnaître, cette vidéo qui succède à Le retour de Jafar le surpasse sur de très nombreux points.

Ce qui saute aux yeux, c'est le bon en avant au niveau de l'animation. Certes on est encore très loin de la qualité de Aladdin, mais on est tout de même une tête au dessus de Le retour de Jafar et de la série télévisée. Exit les animations approximatives, les personnages à l'allure invraisemblable et les décors en cartons-pâtes. Les héros des deux premiers volets ont gagné en fluidité, et les nouveaux venus sont autrement plus agréables à regarder que dans Le retour de Jafar. Ils sont un peu plus nombreux aussi. La partition musicale du film se révèle d'excellente qualité avec des chansons entraînantes et des tonalités très proches du premier film. Étonnamment entraînantes et cohérentes, les chansons de Aladdin et le roi des voleurs sont aussi très bien interprétées par les divers comédiens, aussi bien en version française que québécoise d'ailleurs.

Enfin, c'est surtout le fantastique retour de Robin Williams dans le rôle du Génie qui crève l'écran et apporte à lui seul une dimension épique au film. Là où le Génie avait perdu ses plumes, aussi bien dans Le retour de Jafar que dans la série télévisée, il est ici un personnage fort en couleur dont on apprécie chacune de ses extravagances. Car dans Aladdin et le roi des voleurs, le Génie se lâche complètement en multipliant des clins d'oeil en tout genre à la vitesse de l'éclair. Allusions à notre réalité, à des comédiens, à des films, y compris à la galaxie Disney, c'est un festival de pitreries qui se déchaîne sous nos yeux. Clairement Robin Williams dans ce rôle apporte un vrai plus au film.

Personnellement, ce que je retiens vraiment de Aladdin et le roi des voleurs, c'est la qualité d'écriture du scénario qui émerveille l'attention du spectateur. Il est évident que celui-ci a été réellement travaillé en amont avant de le porter à l'écran. Mêlant très habilement plusieurs légendes de l'orient, du pacifique, mais surtout grecques, Aladdin et le roi des voleurs tisse une histoire crédible et haletante qu'on prend vraiment plaisir à regarder. Le scénario combine en effet plusieurs mythes populaires, parmi eux deux sont évidemment très connus. L'histoire emprunte ainsi le célèbre « Sésame ouvres-toi ! » et ses voleurs de Ali Baba et les quarante voleurs tiré, tout comme l'histoire d'Aladin (avec un seul d) d'ailleurs, des contes des Milles et une nuits.

Le film pioche principalement dans la mythologie grecque en évoquant Midas, ce Roi qui demanda au Dieu Bacchus qu'il puisse avoir la capacité de tout changer en or. Mais son voeux se retourna très vite contre lui puisqu'il ne pouvait plus rien toucher sans que cela soit transformé en or, y compris les aliments. Ne pouvant plus s'alimenter, et pour ce débarrasser de ce don devenue malédiction, il demanda l'aide de Bacchus. Bacchus indiqua donc à Midas de se laver les mains dans la rivière Pactole afin de lever le sortilège. Les eaux du Pactole remplirent leur rôle et à partir de ce moment, la rivière charria des paillettes d'or.

Bien qu'utilisant beaucoup les légendes grecques, l'équipe des DisneyToons Studios pioche dans d'autres contes populaires. La tortue géante notamment, qui apparaît dans le film, est ainsi basée sur la véritable Île de la Tortue, que les fans de Pirates des Caraïbes connaissent très bien sous son nom hispanique Tortuga, ou que l'on entend également parler dans l'excellente série animée Famille Pirate. L'Île de la Tortue, située en Haïti, était en effet au 17e siècle le repaire des flibustiers en tout genre, ce qui se prête habilement au scénario de Aladdin et le roi des voleurs. La tortue géante est également forgée à partir de deux légendes chinoises et hindous. Dans l'une, comme dans l'autre, il est en effet dit que l'origine même de la création du monde est l'oeuvre d'une tortue géante sur le dos de laquelle la vie à pu naître.

La tortue géante est aussi une symbolique forte dans la mythologie grecque puisqu'il en est question d'une qui se dressait sur la route de Thésée, et qui dévorait les malheureux qui croisait la route du redoutable bandit Sciron. Parmi les autres emprunts important à la mythologie grecque, citons bien évidemment l'Oracle et sa prédiction, ainsi que le sceptre, symbole de la puissance de Zeus. Il n'est donc pas vraiment étonnant qu'Aladdin soit allé prêter main forte à Hercule dans la série télévisée qui est consacrée à ce dernier, ce qui constitue au passage la véritable dernière aventure d'Aladdin.

Vous l'aurez compris, malgré ses défauts, je suis de ceux qui apprécient beaucoup Aladdin et le roi de voleurs. A me lire, il n'y aurait donc plus qu'un pas à franchir pour me faire dire qu'il s'agit d'une excellente exclusivité vidéo. Sauf que je ne le ferais pas pour une simple et bonne raison. Si le film brille en étant au dessus du panier parmi les innombrables productions des DisneyToons Studios, cela reste une suite tout ce qu'il y a de plus perfectible. Or, si l'on excepte son scénario, Aladdin et le roi des voleurs est surtout l'annonciateur de ce qu'aurait du être les autres productions de ce studio, ce qui ne fut malheureusement jamais le cas. En effet, quasiment aucune suite n'aura le privilège d'avoir un scénario aussi élaboré permettant de faire oublier l'emballage visuel et auditif souvent désastreux. Aladdin et le roi des voleurs reste avant tout un film appréciable aussi bien de manière autonome que directement après avoir vu Aladdin premier du nom, ce qui est une bonne chose en soit.

18 mai 2012 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1996)

Aladdin : Guillaume Lebon 1 (Dialogues)

Aladdin : Emmanuel Dahl 1 (Chant)

Génie : Richard Darbois 1 (Dialogues et chant)

Jasmine : Magali Barney 1 (Dialogues)

Jasmine : Karine Costa 1 (Chant)

Cassim : Jacques Frantz 1 (Dialogues)

Cassim : Michel Elias 1 (Chant)

Iago : Eric Metayer 1

Sal'uk : Alain Dorval 1

Le Sultan : Teddy Bilis 1

Razoul : Max André 1

L'oracle : Juliette Degenne 1

Le Garde : Roger Crouzet 1

Fazoul : Mostepha Stiti 1

Le colporteur : Bernard Alane 1

Choristes : Michel Barouille2, Tony Bonfils2, Jean-Claude Briodin2, Olivier Constantin2, Georges Costa2, Michel Costa2, Michel Elias2, Celman Engel2, Jacques Mercier2 et Jean Stout2

Doublage québécois d'origine (1996)

Aladdin : Joël Legendre 3 (Dialogues et chant)

Génie : Mario Desmarais 3 (Dialogues)

Génie : Vincent Potel 3 (Chant)

Jasmine : Natalie Hamel-Roy 3 (Dialogues)

Jasmine : Martine Chevrier 3 (Chant)

Cassim : Denis Mercier 3

Iago : Marc Bellier 3

Sal'uk : Guy Nadon 3

Le Sultan : Yves Massicotte 3

Razoul : Jean Galtier 1

Fazoul : Victor Désy 1

L'oracle : Madeleine Arseneault 1

Le Garde : Charles Préfontaine 3

Le colporteur : Manuel Tadros 3

Choristes : Lina Boudreau1, Marco Giannetti1, Richard Groulx1, Julie Leblanc1, Monique Paiement1, Alain Couture (voleur)1, Mario Fraser (voleur)1, Daniel Lebel (voleur)1, Charles Linton (voleur)1 et José Paradis (voleur)1