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La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté / Un Noël enchanté / Le plus beau des Noëls : Quelques informations

Cette suite exclusivement développée pour le marché des vidéos est sortie pour la première fois en novembre 1998. Le Québec par contre a pu le découvrir un an plus tôt, le 11 novembre 1997.

Alors que le premier film ne fut pas doublé, sa suite possède un doublage québécois. Son titre est également légèrement différent de la version française : La belle et la bête - Un Noël enchanté. A noter également que pour la première fois la Belgique dispose d'un titre spécifique ne reprenant pas le français : La belle et la bête - Le plus beau des Noëls.

Bien qu'il s'agisse d'une exclusivité vidéo, le film eu tout de même l'honneur de deux projections sur grand écran : tout d'abord au Festival de Deauville en septembre 1998, puis au Grand Rex à Paris en novembre.

C'est pour la première fois avec ce film que Lucie Dolène ne reprit pas le rôle de Miss Samovar, Disney France l'ayant en effet éliminée de tout son catalogue suite à son procès perdu contre elle. C'est donc Lili Baron qui la remplace pour la première fois sur le personnage, rôle qu'elle reprendra ensuite dans Le monde magique de la belle et la bête un mois plus tard, puis en 2002 lors du redoublage partiel de La belle et la bête. Notons que Lili Baron se débrouille parfaitement avec le personnage, contrairement à Christiane Legrand, qui assurera la partie chant du personnage en 2002.

Maestro Forte est le premier personnage intégralement en 3D dans un film produit par Disney Toon Studios. Notons également qu'une scène du film reprend trait pour trait une séquence tirée de Taram et la chaudron magique.

Au Etats-Unis et au Québec, La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté a eu droit à une sortie en haute définition sur Blu-ray le 22 novembre 2011. Pour cette édition, le film y fut d'ailleurs recadré en 1.78:1 alors qu'il avait été produit en 1.37:1. Notons que cette version HD du film n'a jamais été commercialisée en France, pour une raison inconnue, mais qu'elle fut toutefois diffusée à la télévision.

Résumé

L'ensemble du personnel du château est sur le point de fêter son tout premier Noël en tant qu'êtres humains. Miss Samovar se remémore celui de l'année précédente où Belle, convaincue qu'un beau Noël remonterait le moral de la Bête, préparait les festivités dans le plus grand secret. Fifre, un jeune homme métamorphosé en flûte, apprenant les projets de Belle, en informa aussitôt l'inquiétant Maestro Forte, le compositeur du château. Ce dernier incita alors la jeune femme à aller chercher un sapin dans la forêt noire. Mais Belle ne devait pas quitter l'enceinte du château, tenue par une promesse faite à la Bête.

Analyse de l'oeuvre

Autant le dire dès la première ligne, La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté est un film bourré de défauts. Avoir été la quatrième production exclusivement conçue pour le marché de la vidéo ne joue clairement pas en sa faveur. Oui, mais voilà, dès qu'il est question d'une adaptation du conte de La belle et la bête, peu importe sa qualité, je deviens automatiquement fébrile avec des étoiles plein les yeux. J'adore le conte et quasiment toutes ses diverses adaptations. Je voue ainsi presque un culte à la magnifique version de Jean Cocteau avec les merveilleux Josette Day et Jean Marais en 1946, je suis enthousiaste à chaque visionnage de la série télévisée de 1987 avec le couple mythique Ron Perlman et Linda Hamilton, j'attends d'ailleurs beaucoup du remake au concept modernisé qui fait ses débuts en 2012 aux Etats-Unis avec Kristin Kreuk et Jay Ryan.

Et puis évidemment, je suis un véritable passionné de la version Disney sortie en 1992, qui est à l'origine même de ma passion pour le cinéma d'animation. C'est grâce à lui et à ses personnages légendaires que remontent les tous premiers prémices du site. Alors vous comprendrez naturellement que dès qu'il est question de La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté, j'en occulte consciemment tous ses défauts pour n'en conserver jalousement que ses qualités ! Parce que au-delà de ces apparences, ce film bénéficie d'un capital sympathie incroyable. Ceci parce qu'il a eu le privilège de sortir à la bonne époque où le public plébiscitait vraiment les suites des grands classiques, ce qui n'aurait sans doute pas été le cas durant les années 2000 où se sont succédées les pires immondices du studio. Bref, La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté a réussi à trouver sa place dans le coeur du public et c'est ainsi que je le perçois moi aussi.

Il y avait un tout petit quelque chose qui manquait dans La belle et la bête en 1992 : le déroulement du temps. Il est naturel qu'un film raccourcisse volontairement certains passages afin de faire avancer l'intrigue, ce n'est jamais du temps réel et d'ailleurs tant mieux. Il n'empêche qu'à moins de bien savoir distinguer les innombrables indices dissimulés dans le film, peu de gens se rendent compte que Belle est séquestrée de longues semaines dans le château de la bête. La plupart des spectateurs sont même convaincu qu'ils ne se passent pas plus de deux jours entre l'arrivée de Belle et son départ ! C'est une grossière erreur commise par tous, que La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté permet de mettre en évidence. Car il ne s'agit pas d'une véritable suite à proprement parler, mais d'une histoire inédite censée se dérouler quelque part pendant le premier film. Personnellement, j'intercale ce film chronologiquement entre la fin de la chanson « Je ne savais pas » et le bal (juste après « Humain à nouveau » pour la version longue). C'est effectivement le seul moment propice du premier film où l'on peut caser La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté, car c'est là que Belle et la bête commencent à se connaître et se respecter l'un l'autre.

La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté fait un choix intelligent de proposer un scénario qui s'imbrique parfaitement avec celui du premier film, tout en offrant au spectateur une relecture habile des origines de la transformation du Prince en monstre hideux. Le film revient aussi sur les conséquences du mauvais sort jeté par l'enchanteresse sur les occupants, punis eux-aussi bien malgré eux par les caprices de leur maître. On comprend aussi pourquoi dans le premier film tout le monde s'enfuit à chaque apparition de la Bête, ils ont une peur profonde à son égard car ils ont dû subir le courroux de la Bête durant de nombreuses années. C'est grâce à Belle que chacun des occupants va s'émanciper et pour la première fois de leur vie commencer à tenir tête au Prince.

La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté joue ainsi dans le contexte particulier où Belle et la bête sont dans une situation délicate : tout est encore difficile pour chacun d'entre eux. Proposer un scénario reposant sur la magie du Noël est donc une bonne surprise. C'est la période que je préfère dans l'année, et elle se prête à ravir au scénario. Tous les ingrédients de Noël s'y trouve ainsi réunit : magie, amour, suspense et... frissons ! Maestro Forte est ainsi un méchant impressionnant et parfaitement intégré à l'univers de La belle et la bête. Il est un excellent contrepoint à tous les autres habitants du château, car il a trouvé dans sa transformation en immense orgue un sens à sa vie. Il va donc tout faire en manipulant le trop écervelé Fifre pour briser à jamais le couple qui risque d'anéantir le sortilège. Ce qu'il parviendra d'ailleurs à faire. On reprochera juste à Maestro Forte d'avoir été animé intégralement en 3D, même si ce côté lisse le rend plus terrifiant encore.

Techniquement, La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté ne joue vraiment pas dans la même court que son illustre aîné. Il n'empêche que l'on ressent le soin qu'ont souhaité apporter les artistes de DisneyToons Studios pour respecter au mieux la mythologie du précédent film. Certains décors sont très détaillés et sont chatoyants, particulièrement ceux dans le château. L'animation des personnages est par contre un peu plus raide, mais le character design est globalement respecté particulièrement sur Bigben et Lumière. Le travail est moins parfait sur Belle, par contre il reste honorable sur la bête. On y croise aussi nombres de personnages anecdotiques au design très cartoon, prouvant que l'on est bel et bien devant un film conçu pour le marché de la vidéo. Pourtant, le film offre régulièrement de très belles séquences d'animation avec un rendu du plus bel effet.

Le film dispose d'une partition enjouée, qui ne bénéficie certes pas du talent de Howard Ashman et d'Alan Menken, mais qui reste de très bonne qualité. Nombre de musiques sont très entraînantes, et chaque chanson est superbement interprétée (Seul "Deux compères hors pairs" est un peu ratée). Il faut dire que Bénédicte Lécroart dans la version française se surpasse pour ces morceaux musicaux. Et les symphonies de Maestro Forte jouées à l'orgue sont vraiment impressionnantes. Se servir de la musique pour assouvir ses sombres desseins, c'est une grande première pour un méchant dans les longs métrages d'animation de Disney. Ses apparitions musicales sont donc parfaitement maitrisées.

Au final, La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté est inévitablement un film imparfait, mais grâce au charisme de ses personnages, au soin évident apporté à cette suite par les artistes, à son ambiance magique de Noël, ainsi qu'à ses chansons, il finit par entraîner le spectateur avec lui. Couplé à un méchant inhabituel, à la fois manipulateur et beau parleur, La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté reste donc une bonne suite qui mérite d'être appréciée à sa juste valeur et à revoir avec plaisir chaque année juste avant Noël.

21 décembre 2012 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (1997)

Belle : Violette Chauveau 1 (Dialogues)

Belle : Kathleen Sergerie 1 (Chant)

La Bête : Daniel Picard 1

La Hache : Ronald France 1

Zip : Alexandre Clément 1

Forté : Benoit Rousseau 2 (Dialogues)

Forté : Pierre Claveau 1 (Chant)

Angélique : Élise Bertrand 1 (Dialogues)

Angélique : Roxane Potvin 1 (Chant)

Lumière : Pascal Rollin 1 (Dialogues)

Lumière : Vincent Potel 1 (Chant)

Big Ben : Alain Gélinas 1

Piccolo : François Sasseville 1

Mme. Samovar : Béatrice Picard 1

Solistes : Linda Mailhot 1 et Pierre Bédard 1

Doublage français d'origine (1998)

Belle : Bénédicte Lécroart 2

La bête : Emmanuel Jacomy 2

Lumière : Jean-Claude Donda 2

Big Ben : Georges Berthomieu 2

Mrs. Samovar : Lily Baron 2

Zip : Julien Bouanich 2

Angelique : Nadja N'Guyen 2

Maestro Forte : Richard Darbois 2

Fifre : Eric Metayer 2

La Hache : André Valmy 2

Le Prince : Thierry Ragueneau 2

Enchanteresse : Barbara Tissier 2

Verres à vin et Ornements : Patricia Legrand 3 et Brigitte Aubry 3

Solistes : Gaelle Hervé 3 et François Mpondo 3