1001 pattes (A bug's life) / Une vie de bestiole : Quelques informations

Le film sort le 25 novembre 1998 au Québec sous le titre Une vie de bestiole, puis le 10 février 1999 en France sous le double titre franco-anglais 1001 Pattes (A bug's life). Le film bénéficie d'une version française et d'une version québécoise.

1001 Pattes (A bug's life) marque une rupture dans le monde du cinéma en étant le premier film ayant bénéficié d'un transfert direct et exclusivement numérique depuis les ordinateurs où il a été conçu vers les supports vidéos. Toy Story avait en effet bénéficié du cheminement traditionnel vers la pellicule, puis celle-ci avait servi de master aux versions commercialisées.

En France, 1001 Pattes (A bug's life) est également le film de la transition puisqu'il a été l'ultime long métrage animé de Disney a avoir été commercialisé en LaserDisc. Le support ayant été depuis supplanté par le DVD plus performant, même si les cinéphiles le regrette encore aujourd'hui.

John Lasseter voulait faire en sorte que les spectateurs soient amusés du début à la fin de la projection de son film. Aussi a-t-il imaginé un faux bêtisier, inséré dans le générique de fin, où les êtres numériques rataient complètement leurs prises de façon naturelle. Ce petit morceau d'anthologie a rencontré un tel succès planétaire, jusqu'à faire la Une de nombreux journaux télévisés, qu'un second bêtisier fut réalisé et inséré dans des copies plus récentes du film diffusés dans certaines salles.

Résumé

Tilt, fourmi quelque peu tête en l'air, détruit par inadvertance la récolte de la saison. La fourmilière est dans tous ses états. En effet cette bévue va rendre fou de rage le Borgne, méchant insecte qui chaque été fait main basse sur une partie de la récolte avec sa bande de sauterelles racketteuses. Fou de rage, ce dernier annonce qu'il reviendra à l'automne prélever le double de sa ration habituelle. Tilt décide alors, pour se faire pardonner, de quitter l'île pour recruter des mercenaires capables de chasser le Borgne.

Analyse de l'oeuvre

Fort du succès sans précédent de Toy Story en 1995, le jeune studio Pixar affiche clairement son ambition en remettant en cause l'un des acquis presque fondamentaux du cinéma américain en ne produisant pas immédiatement une suite directe à son premier long métrage en 3D. John Lasseter s'attelle en effet à mettre en chantier une nouvelle histoire complètement originale mettant en vedette une colonie de fourmis. Malheureusement, le jeune réalisateur trop confiant a la malheureuse idée de discuter de son idée avec Jeffrey Katzenberg. Celui-ci va carrément la lui voler afin de mettre en chantier Fourmiz, qui s'octroie au passage la couronne de premier dauphin du film d'animation 3D à seulement quelques semaines d'intervalle de la sortie de 1001 Pattes (A bug's life). La comparaison s'arrête pourtant là, dans la mesure où le film de John Lasseter s'avère bien plus agréable à regarder que le premier film d'animation de Dreamworks Animation. Même si 1001 Pattes (A bug's life) n'avait pas à l'époque réussit à me réconcilier avec Pixar, j'admets toutefois que je le préfère largement à Toy Story depuis toujours. En partie parce qu'il a techniquement beaucoup mieux vieillit que lui. Le long métrage mêle habilement anthropomorphisme et parodie de la vie humaine, le tout à hauteur d'insecte. 1001 Pattes (A bug's life) a également le mérite d'être à ce jour l'unique long métrage d'animation 3D qui existe en deux versions spécialement réalisés par Pixar ! Nous y reviendrons.

Dans l'esprit, 1001 Pattes (A bug's life) revisite plus ou moins le conte de la cigale et la fourmi. Le studio Pixar ajoute cependant une dimension humaine à sa fresque, en évoquant la condition d'esclavage des fourmis. Chacune d'elles vit dans la terreur des sauterelles pour qui elles doivent livrer une offrande supérieure à leurs propres besoins si elles veulent espérer survivre. Chaque année, c'est le même rituel, les sauterelles arrivent, pillent les réserves et repartent. Mais cette année, tout ne va pas se passer comme prévu. La Princesse Atta doit succéder au rôle de Reine, son apprentissage ne se passe pas comme prévu. En cause, un grain de sable qui va gripper la mécanique. Son nom ? Tilt. Tilt est un doux réveur, disons plutôt une fourmi excentrique qui cherche constamment à expérimenter de nouvelles idées afin d'aider au mieux la colonie. Mais toutes les tentatives d'améliorations des conditions de vie de ses semblables virent inexorablement au désastre. Cette fois encore, il cause une catastrophe sans précédent, ce qui oblige la Princesse Atta à le congédier. Mais à la suite d'un quiproquo, Tilt va finalement s'embarquer à la recherche de mercenaires. Les ennuis ne vont alors que commencer !

1001 Pattes (A bug's life) a cette excellente idée de forger son scénario sur une succession de péripéties et de quiproquos tous plus savoureux les uns que les autres. S'il l'on devine bien évidemment les grandes lignes de l'intrigue, le long métrage a le mérite de renouveler constamment ses idées en raison du nombre importants de personnages principaux. Tous ont autant d'importances qu'ils sont charismatiques. A tel point d'ailleurs que la version française va commettre un léger sacrilège : elle s'émancipe presque entièrement des dialogues originaux. Certains vont inévitablement crier à l'hérésie, mais en 1999, nous étions encore dans une époque où Disney France préférait confier ses doublages à des comédiens chevronnés, plutôt qu'aux starlettes du moment. 1001 Pattes (A bug's life) bénéficie de comédiens talentueux qui s'en sont franchement donnés à coeur joie, multipliant jeux de mots, calembours et contrepèteries à un rythme qui frise l'overdose. Le résultat va pourtant bien au-delà des espérances, offrant une expérience auditive unique pour les spectateurs français !

Sur le plan technique, 1001 Pattes (A bug's life) prouve que le studio Pixar a du talent à revendre. Tout, ou presque, surpasse l'expérience visuelle offerte par Toy Story trois ans plus tôt. Le long métrage souffre peut-être, comme son aîné, d'un aspect plastique prononcé mais l'absence totale des êtres humains est une véritable bénédiction pour les yeux. Il faut d'ailleurs reconnaître que 1001 Pattes (A bug's life) était un défi dans la mesure où les environnements sont beaucoup plus organiques à représenter que dans Toy Story, où nous étions surtout en milieu urbain. La faune, tout comme la flore, sont plutôt bien réussit dans l'ensemble. Bref, une véritable prouesse, d'autant plus admirable que le studio Pixar s'y est prit à deux reprises avec ce film, une première fois au format 2.35:1 et une seconde fois au format 1.37:1. Pour mieux comprendre cette étonnante situation, il faut remonter aux origines des téléviseurs. Lorsque ces derniers ont été commercialisés, leur dimension reprenait celle des écrans de cinéma originels, le bon vieux rapport hauteur/largeur qui équivaut à la valeur 4/3. Durant plusieurs décennies, tous les téléviseurs ont été commercialisé dans ce format, si bien que les films tournés dans un ratio plus large, tel que le 16/9, comportaient des bandes noires en haut et en bas de l'image affichée sur le téléviseur.

Durant les années 1980 et quasiment jusqu'à la démocratisation des DVD au début des années 2000, Disney a toujours considéré que ses films d'animation étaient principalement destinés aux enfants et à leur famille. Problème, en ce temps là, Disney a également constaté que les spectateurs américains avaient une sainte horreur des bandes noires sur leur écran de télévision considérant, plus ou moins à raison, qu'il était plus « rentable » qu'une image s'affiche sur l'intégralité de leur écran, plutôt que dans une seule partie seulement. Aujourd'hui, nous connaissons le phénomène inverse, où les programmes sont désormais découpés et recadrés pour remplir nos écrans HD actuels. Toujours est-il qu'au moment de la commercialisation en vidéo, le studio Pixar a concocté une version spéciale de 1001 Pattes (A bug's life) spécifiquement dédié au format 1.37:1. Selon les besoins des scènes, le studio Pixar a soit rogné l'image, soit utilisé le procédé pan&scan (un cadrage et un travelling lors d'une scène d'assemblé par exemple), soit recomposé entièrement certaines scènes en déplaçant les décors et les personnages, soit, enfin, a créé des environnements originaux spécifiques à cette version. Une prouesse technique et une première mondiale, réalisé en interne par son propre studio, qui est toujours absolument unique dans le monde du cinéma d'animation à ce jour ! Malheureusement, contrairement aux publicités de l'époque, cette version n'a jamais été commercialisée sur support DVD et Blu-ray en France, ce qui est assez regrettable en soit puisqu'il existe bel et bien deux 1001 Pattes (A bug's life) à la fois conformes et techniquement différents.

Aujourd'hui, 1001 Pattes (A bug's life) fait figure de grand oublié et de parent pauvre du catalogue des longs métrages Pixar. Même s'il a été salué par les critiques et le public lors de sa sortie en salle, il n'a pourtant jamais réussit à devenir populaire, ni à vivre au-delà de sa période de sortie. C'est bien simple, hormis un minuscule caméo dans Toy Story 2, la plupart des personnages sont peu à peu tombés dans les oubliettes de la mémoire collective. C'est bien dommage, car 1001 Pattes (A bug's life) ne démérite pas, même dix huit ans après sa sortie. Le long métrage bénéficie d'un traitement soigné, d'une mise en scène qui foisonne d'excellentes idées, de bonnes musiques composées par Randy Newman mais surtout de dialogues vraiment savoureux, particulièrement en version française. Bref, c'est un long métrage qui mérite que l'on lui redonne sa chance !

09 septembre 2016 par Olikos

Voxographie sélective

Version québécoise d'origine (1998)

Reine des fourmis : Élisabeth Chouvalidzé 1

Flik : Gilbert Lachance 1

Dim : Victor Désy 1

Manny : Claude Préfontaine 1

Rosie : Élise Bertrand 1

Slim : Alain Zouvi 1

Gypsy : Danièle Panneton 1

Plouc : François L'Écuyer 1

Francis : Sébastien Dhavernas 1

Princesse Atta : Christine Bellier 1

Coli : Manuel Tadros 1

Princesse Dot : Claudia-Laurie Corbeil 1

Heimlich : Gilbert Lachance 1

Petit Pou : Benoit Rousseau 1

Hopper : Guy Nadon 1

Version française d'origine (1999)

Tilt : Thierry Wermuth 2

Princesse Atta : Marie Vincent 2

Le Borgne : Dominique Collignon-Maurin 2

Princesse Couette : Marie Sambourg 2

Reine des Fourmis : Perette Pradier 2

Plouc : Henri Guybet 2

Fil : Bernard Alane 2

Heimlich : Jean-Loup Horwitz 2

Marcel : Patrick Poivey 2

Manny-le-Magnifique : Pierre Baton 2

Gypsy : Barbara Tissier 2

Rosie : Frédérique Tirmont 2

Chivap : Michael McShane 2

Lilipuce : Edgar Givry 2

Cake : Marc Alfos 2

M. Sol : Henri Courseaux 2

Dr Flora : Évelyne Grandjean 2

M. Somme : Bernard Métraux 2

Cornelius : Henri Labussière 2

Fourmi perdant la trace de la chaine : Chritophe Lemoine 2

Spectateur mécontent : Jean-Philippe Puymartin 2

Vendeur du pop-corn rassi : François Chaix 2

Moustique buvant une sangrilla O-Positif : Michel Mella 2

Sauterelle à la recherche des fourmis : Michel Mella 2

Sauterelle qui trouve la veste coccinelle : Emmanuel Curtil 2

Chichi, l'escargot : Éric Métayer 2

Mouche chassée du bar : Éric Métayer 2

Moustique qui commande avec un accent mexicain : Éric Métayer 2

Slick la limace du bar : Éric Métayer 2

Sauterelle au bar : Éric Métayer 2