Kuzco, l'empereur mégalo / Un empereur nouveau genre : Quelques informations

Le film est sorti au cinéma le 28 mars 2001 en France. Il s'agit du premier film des Walt Disney Animation Studios rompant la tradition en ne sortant pas à Noël. Celle-ci avait été suivie durant 50 ans avec la sortie de Cendrillon, et n'a malheureusement plus du tout été suivie durant les années 2000 à la seule exception de Atlantide, l'empire perdu en 2001 et La planète au trésor - Un nouvel univers en 2002.

Le film possède un doublage québécois. Le film est intitulé Un empereur nouveau genre, mais il s'est lancé à l'assaut des salles obscures en novembre 2000. A classer donc avant La belle et le clochard II - L'aventure de Scamp.

A l'origine du projet, le film devait s'intituler "Kingdom in the Sun" (traduction "Le Royaume Ensoleillé"). C'était un film dans la tradition des années 90, bourrée de chansons et de musiques. Les réalisateurs décidèrent finalement de tout reprendre à zéro. Un seul personnage du projet original sera conservé, il fait une apparition sous la forme... d'un porte-bougies au dîner !

La femme de Kronk est la première femme Disney enceinte dans un Grand Classique.

Résumé

A la tête d'un royaume mythique se trouve Kuzco, un jeune empereur aussi capricieux que méprisant. Secondé par la perfide Yzma qui rêve de lui ravir le trône, il projette de bâtir une somptueuse résidence d'été sur une des plus jolies collines de l'empire. Il fait d'ailleurs venir le chef du village, l'imposant Pacha, pour le prévenir qu'il aura le grand honneur de voir sa maison détruite. Kuzco congédie Yzma. Folle de rage, la diablesse élabore un plan délirant et fatal. Flanquée de son sbire, Kronk, elle se prépare à éliminer le jeune empereur et à régner.

Analyse de l'oeuvre

Kuzco, l'empereur mégalo est l'oeuvre à part de la fin des années 90. Il en faut bien une à chaque décennie. Mais quand Disney se met à faire un film au style Warner, c'est un évènement. Du moins, si vous êtes de la gente masculine. Car le film, souffre du même handicap que les courts métrages Warner, l'humour fait mouche majoritairement chez le public masculin, et agace le public féminin. Ce n'est pas une statistique, simplement une constatations personnelle.

Kuzco, l'empereur mégalo est un concentré d'absurde et de situations incohérentes. C'est de l'humour à 100%, sans complexe et sans aucune limite. Basé sur une histoire presque minimaliste (Devenir empereur à la place de l'empereur), le film prend une toute autre dimension quand le principal intéressé ne meurt pas et se transforme en lama !

Contrairement à tous les Disney existant jusqu'ici, le film propose quatre personnages principaux. On pourrait par exemple dire qu'il y a un duo de "gentils" et un duo de "méchants". Mais ce n'est pas aussi simple qu'il n'y parait, le premier est constitué d'un simple paysan et d'un être arrogant, le second d'un faire valoir et d'une hystérique. Vous avez du mal à suivre ? C'est normal. En fait, dans Kuzco, l'empereur mégalo, il n'y a aucun véritable méchant et aucun véritable gentil. Les personnages en deviennent si attachant, qu'on ne souhaite à aucun moment qu'ils ne disparaissent à la fin du film (c'est d'ailleurs le cas).

Le quatuor est donc complètement unique chez Disney. Nous pouvons immédiatement commencer par l'adora... je veux dire la monstrueuse Yzma, dont la laideur apparente et l'hystérie maladive font hurler de rire à chaque apparition. Elle détient à ce jour à la fois la "palme d'or" de la plus affreuse personne jamais dessinée (la marchande de pomme de Blanche-Neige et les sept nains est bien plus "belle") et la palme d'or de l'attachement affectif immédiat même chez les bambins. Enchaînons avec le lama, je veux dire, l'empereur Kuzco, dont la suffisance et l'arrogance n'ont encore jamais connu d'égal jusque là (il y a bien Timon de Le roi lion, Mushu de Mulan ou Georgette dans Oliver et compagnie, mais ce sont des seconds rôles). Véritable tête à baffes, Kuzco est le premier anti-héros-traditionnel Disney. Nous nous tournons ensuite vers Kronk, dont les muscles n'ont d'égal que la simplicité de son cerveau. On rit à gorge déployée de ses pauvres malheurs insignifiants. Reste alors le charmant Pacha, qui semble être le seul personnage à peu près normal de ce film. Et encore, c'est un bien grand mot, rien que dans la crédulité qu'il a envers Kuzco.

Bénéficiant d'un graphisme d'excellente qualité, et sans la moindre intrusion d'imagerie 3D, l'animation est d'une rare qualité. Ça va très vite, et le film ne souffre d'aucun temps mort. Les gags s'enchaînent les uns derrière les autres sans jamais lasser. Quelques intrusions de Kuzco venant discuter avec le spectateur semblent avoir été incluses ça et là pour bien faire comprendre au spectateur que Kuzco, l'empereur mégalo ne se prend jamais au sérieux.

La qualité du doublage est également de très haut vol, le comique de situation restant drôle même en connaissant le film sur le bout des doigts. L'ensemble des musiques se révèlent indissociables du comique général du film. Seul Tom Jones rate complètement l'introduction du film, c'est même pire en français. Mais il s'agit du seul réel défaut du film.

En résumé, Kuzco, l'empereur mégalo est une oeuvre invraisemblable, totalement déjantée, et entièrement assumée comme telle. Un peu de délire dans cette grande famille Disney du sérieux et de la morale, ça fait vraiment du bien. Merci.

25 septembre 2006 par Olikos