Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo / Le bossu de Notre-Dame II : Quelques informations


La calamité... je veux dire, le film est sorti en France le 17 février 2002. La France ayant par ailleurs eu le malheureux déshonneur de voir ce film sortir un mois avant les Etats-Unis et le Québec (le 19 mars 2002). Gloup ! On s'en serait bien passé.

Le film possède un doublage québécois. Il est intitulé tout simplement Le bossu de Notre-Dame II sans sous titrage.

Les fans ont élu ce film comme la plus horrible production Disney jamais conçue. C'est d'autant plus aberrant qu'il fait suite à Le bossu de Notre-Dame, la plus magnifique réalisation 2D jamais réalisée.

Le film a bénéficié d'un soutient exceptionnel (et incompréhensible) aussi bien par les studios, certains comédiens du doublage (Francis Lalanne en tête, mais également Jennifer Love Hewitt) et même la presse spécialisée (Voir ici pour s'en convaincre, dont l'auteur n'hésite pas à indiquer que le film est "réalisé avec un soin proche de la perfection". Sic !). La dure réalité a cependant vite rattrapé les fans.

La VHS et le DVD de ce film sont les seuls Disney très facilement trouvables en occasion, en grande quantité, et leurs prix sont à la hauteur du film : très bas. On ne se demandera pas pourquoi.

Le film a semble-t-il été conçu dès l'origine en 1.37:1, pourtant le film est présenté en DVD en 1.66:1. Les éditeurs ont apparemment simplement élargi l'écran par rapport aux décors d'origines, cependant, on constate régulièrement que des objets et mêmes des personnages se volatilisent dès qu'ils sortent de l'écran 4/3.

Résumé

L'infâme sorcier Sarousch, propriétaire d'un cirque, monte un complot pour voler la célèbre cloche de la cathédrale Notre-Dame : La Fidèle. Il oblige son assistante, Madeleine, amie de Quasimodo, à y prendre part. Mais Zephyr, le fils d'Esmeralda, découvre la mascarade et décide d'arrêter Sarousch. Ignorant les sarcasmes de ses amies les Gargouilles. Quasimodo, n'écoutant que son beau coeur, vole au secours de Zephyr... Cette aventure lui apprendra à ne pas s'arrêter aux apparences et à garder confiance en ses amis !

Analyse de l'oeuvre

S'il y a quelques années nous n'aurions jamais cru voir cela possible, DisneyToons Studios l'a fait ! En s'engouffrant dans l'énorme brèche ouverte des vidéos conçues exclusivement pour le marché de la vidéo, l'empire Disney va signer son propre arrêt de mort en lançant sur tous les continents la première vidéo de ce genre en 1995 avec Le retour de Jafar. La méthode économique est imparable : des productions au coût de production dérisoire mais ô combien plus rentable que le tout aussi célèbre moratoire Disney. Le public est d'ailleurs dans un premier temps favorable à ce genre de produits, tout heureux de pouvoir retrouver des personnages à l'aura si immense dans de nouvelles aventures. Des titres comme La belle et la bête 2 - Le Noël enchanté, Pocahontas II - Un monde nouveau ou Le roi lion II - L'honneur de la tribu cartonnent en effet à la vente. Mais le soufflet se dégonfle très rapidement, et dès les années 2000, les critiques et le public se ravisent ensemble. Tous découvrent en effet dans la compagnie Disney un aspect qui n'avait jusque là jamais été présent : c'était une compagnie comme les autres dont le seul but était de faire du profit au mépris de toute considération autour de ses propres créations et de son public.

Et le comble du mauvais goût arrive en 2002 avec l'immonde Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo. Déjà suivi par des séquelles sans prétention aucune à l'instar de l'insipide La petite sirène 2 - Retour à l'océan, le médiocre Dingo & Max 2 - Les sportifs de l'extrême ou le très moyen Cendrillon 2 - Une vie de princesse, DisneyToons Studios fait ici très fort en ne proposant pas moins que la pire réalisation jamais conçue tous studios confondus. D'autant plus ahurissant à savoir qu'il s'agit de la suite directe du plus beau film d'animation jamais réalisé, aujourd'hui encore. Dès lors impossible de lui pardonner quoi que ce soit, le film est une calamité à tous les niveaux.

La partie graphique est ainsi pitoyable et indigeste : multipliant les couleurs pastels baveuses, le simple fait de regarder fait extrêmement mal aux yeux. Les décors, somptueux dans le premier film, sont réduit dans Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo à leur plus simple suggestion. Des gribouillis tentent désespérément de nous faire croire qu'ils s'agit des sculptures et statues de Notre-Dame, celle-ci s'étant vue au passage métamorphosée en minuscule bicoque délabrée ! Les quelques nouveaux décors parisiens font tout aussi peine à regarder tant ils décrédibilisent tout le film. On ne s'étonne pas plus de voir régulièrement disparaître certains personnages de l'écran sans véritable explication logique notamment lors de la scène du bal (en fait si, il y en a une, le film a été conçu à l'origine pour être exploité en format 4/3. Or, il est proposé sur le DVD en 16/9, tout « disparaît » donc de l'écran au delà du format 4/3 de part et d'autre de l'écran).

A y regarder de plus près, pourquoi continuer à regarder le film alors ? Grâce à son animation peut-être ? Et bien non, là non plus vous pouvez circulez, il n'y a rien à voir. L'animation est aussi mauvaise que le graphisme qui l'entoure. Les personnages du premier film ont subit une cure d'amaigrissement drastique tout en s'offrant les mérites de la plus mauvaise esthéticienne qu'ils aient pu trouver. Ils sont absolument tous pratiquement méconnaissables tant leur design et leur personnalité tranchent radicalement avec ce que l'on connaissait d'eux. Quand aux nouveaux venus, et bien disons qu'il est préférable de les oublier. Mention spéciale à Sarousch qui frôle le ridicule. Accordons tout de même un point à Madeleine, sans doute la seule à avoir reçu une attention plus importante par les artistes, car elle est au centre de l'intrigue du film. Mais ne vous attendez pas non plus au moindre miracle avec Madeleine.

Que peut-il rester à Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo ? Les musiques et les chansons ? Non plus. Marquées par le sceau de l'invraisemblance, elles sont sans aucun relief, sans la moindre saveur et sans le moindre rythme. On en pleurerait de rire si on arrivait au moins à les retenir, mais non, les chansons défilent et - comble de l'ironie - on n'arrive même pas à en retenir une seule, et ce, même pendant la projection du film. Sitôt entendue, sitôt oubliée ! Une seule chose revient sans cesse en tête : mais quand donc va se terminer cet abominable calvaire ? Pour peu que vous vous êtes risqué à regarder le film dans son intégralité bien entendu, car il est évident que l'on perd autant de spectateurs que les minutes défilent.

Il ne reste dès lors plus grand chose à Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo. Reconnaissons lui un unique mérite : son scénario. Même si la fin ouverte du premier film avait scandalisé les français en dénaturant complètement l'aura de l'oeuvre de Victor Hugo, l'adaptation Disney méritait tout de même énormément de considération tant elle se révélait d'une étonnante richesse qualitative. Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo enfonce donc une porte ouverte en créant ce qui pourrait être déclaré comme hérétique : une suite directe et « quelque peu » logique. Le pari est, reconnaissons-le, audacieux de jouer sur les sentiments de Quasimodo afin de mieux le duper et ainsi dérober une cloche précieuse. Mais nous arrêterons ici la moindre estime au film, le scénario s'enfonce lui aussi bien trop rapidement dans l'invraisemblable. Au final, on ne lui pardonne pas non plus cette honteuse liberté prise sur le roman. Et au vu de l'emballage visuel et auditif du film, c'est sans le moindre regret qu'on finit par l'oublier à son tour.

Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo doit aujourd'hui être retenu comme un cas d'école intéressant. Il a rapidement et lourdement fait revenir les fans à la réalité en mettant en avant le fait que l'empire Disney n'avait, à cette époque tout du moins, pas la moindre estime pour son public, ni la moindre considération pour ses propres créations. Conçu comme des objets avant tout rentable sans aucune attention qualitative, les films exclusivement conçus pour le marché de la vidéo ont définitivement entaché la réputation des studios Disney durant les années 2000. A partir de ce moment, c'est une longue et pénible traversée du désert qui va gifler violemment chaque Grand Classique sorti en salle. La firme aux grandes oreilles a perdu ses ailes et son âme, en se faisant reléguer comme l'outsider de service, battu qui plus est à plates coutures par les autres studios d'animation qui ont émergés seulement quelques années plus tôt. Le bossu de Notre-Dame 2 - Le secret de Quasimodo est une curiosité infâme qui est tombée au fond d'un abyme de médiocrité. Aussi, par pitié, quoi qu'il arrive ne lui tendez jamais la moindre corde pour essayer de le sauver ! Passez votre chemin sans le moindre remords.

10 février 2012 par Olikos