Doublage : Mon frère l'ours / Frère des ours

Voici un grand classique commémoratif de la période de gloire des années 90 qui partage un point commun avec Tarzan : Phil Collins. Le musicien et chanteur effectue cette fois encore les interprétations françaises de toutes les chansons qu'il a composé. Ainsi, que ce soit dans la version québécoise ou dans la version française, nous entendons des deux côtés de l'océan exactement les mêmes chansons. Ce n'est que du côté de la chanson d'ouverture, ainsi que la chanson des ours, que les deux pays font preuve de diversité. Les grands esprits en VF et L'esprit des ancêtres en VQ se veulent ainsi proche et complémentaires. La chanson Bienvenue vaut elle beaucoup plus le détour dans la mesure où les paroles de Phil Collins sont inchangées en VF et VQ, mais ce n'est par contre pas du tout le cas des choeurs et du soliste.

Ce n'est donc que du côté de l'interprétation vocale des personnes que l'on peut se faire une idée des variations des deux doublages francophones. Le point fort de la version française repose sur le duo d'humoristes Kad et Olivier. Les deux frères élans, qui ont la particularité d'être peu utiles au récit mais offrant de beaux moments d'humour gratuit, sont brillamment interprétés en français. Là où la version québécoise se veut respectueuse du texte originel, les deux humoristes français s'approprient entièrement les personnages et leurs offres des dialogues croustillants qui font mouche à tout les coups. La version française fait également le choix de nombreux autres « invités », notamment David Douillet, l'ancien judoka français, mais qui n'apporte rien de particulier à Goliath, si ce n'est une grosse voix caverneuse. On peut également entendre très furtivement le duo Omar et Fred sur les deux mouflons (plus savoureux en québécois) ainsi que la très célèbre Annie Cordy qui donne une bonne interprétation à Nanaka. Dommage toutefois qu'elle n'est quasiment pas changé son interprétation depuis Grand Mère Feuillage dans Pocahontas, une légende indienne. On notera d'ailleurs au passage que dans la version québécoise ce personnage se nomme Tanana.

La version québécoise n'est toutefois pas du tout laissée pour compte, bien au contraire. A commencer par Renault Prouxt définitivement le meilleur Koda des deux versions. En français, Gwenäel Sommier a énormément de mal à crédibiliser le personnage surtout à la fin du film quand celui-ci devient plus sensible. En français, Koda agace pendant une bonne partie du film, il parle beaucoup trop et énerve. Dès la fin du film, impossible de s'attacher au côté sensible du jeune ourson. Au contraire, Renault Prouxt donne une réelle et forte personnalité à Koda dès sa première apparition. Le côté agaçant de l'ourson y est nettement atténué. Mon autre coup de c"ur de la version québécoise est Vincent Davy, excellent dans son rôle de narrateur. Sans égaler Jean Topart en narration (qui officie dans la version française de La planète au trésor nottamment, mais pas dans ce film), Vincent Davy est lui aussi une incontournable voix-off donnant de la profondeur à l'ouverture de Mon frère l'ours. Notons enfin la présence très furtive des deux mouflons particulièrement réussit en québécois. Peu de variété par contre dans le clan des ours. Chaque comédien interprète son rôle avec aisance, sans qu'aucun d'entre eux n'en fasse plus que ce qu'on attend d'eux. On notera cependant un irrésistible caméo en version française : Philippe Dumat fait une très courte contribution hors champ en donnant sa voix au vieil ours qui n'est pas mort (contrairement à ce que fait dire la mémoire défaillante de son épouse).

Dynamiques et réjouissantes, Frère des ours et Mon frère l'ours ont chacune leurs atouts et leurs défauts. Difficile de réellement trancher entre les deux, disons donc simplement que chacune des deux versions touchent parfaitement le public pour lequels elles sont destinées. Par contre, ne manquez pas de regarder le film dans son intégralité, car Koda à un message extrêmement drôle à partager avec vous dans les deux versions !

Juillet 2010 par Olikos