Les indestructibles / Les Incroyable : Quelques informations

Le film sort en salle le 4 novembre 2004 au Québec, sous le titre Les Incroyable, puis le 24 novembre 2004 en France sous le titre Les indestructibles. Il est disponible dans deux versions francophones.

En 2010, la chaine de télévision américaine ABC s'inspirera en partie de ce film pour concevoir une série télévisée mettant en scène une famille de super-héros Super Hero Family. Bien qu'elle n'ira cependant pas au delà d'une année de diffusion, elle peut être considérée aujourd'hui comme un prémice de la série Once Upon A Time dans son idée d'inspiration autour de personnages Disney.

Pourquoi le titre du long métrage est-il écrit au pluriel en français, mais pas au Québec ? La raison est toute simple, la version canadienne du film a choisit de faire du mot "Incroyable" un nom commun, celui des super-héros de la famille. De fait son orthographe est invariable, comme c'est le cas pour les noms de famille tels que "les Dupont" ou "les Martin", mais aussi pour "les Superman" pour désigner par exemple Clark et sa cousine Kara (même si c'est peu commun). Au contraire, la version française a choisi un qualificatif pour les désigner, c'est une "famille d'êtres indestructibles", il s'écrit donc forcément au pluriel.

Résumé

Bob Parr et sa femme Hélène appartenaient jadis au groupe des plus grands super héros de la planète. Chaque jour, ils sauvaient des vies et combattaient le mal jusqu'à ce qu'ils soient forcés à la retraite. Quinze ans plus tard, ils se sont retirés en banlieue pour tenter d'y mener une vie normale avec leurs trois enfants, Violette, Flèche et Jack-Jack. Rongeant son frein, rêvant de repasser à l'action, Bob bondit sur l'occasion lorsqu'une mystérieuse convocation l'appelle sur une île lointaine pour une mission secrète. Il découvrira très vite que c'est toute une famille de super-héros qui lui sera nécessaire pour sauver le monde d'une destruction totale.

Analyse de l'oeuvre

Les indestructibles est, et restera sans doute longtemps, ma plus grande déception ainsi que ma plus grande frustration produite par le studio Pixar. Son problème majeur ? Avoir été vendu, dans une campagne publicitaire relativement drôle, comme une comédie, voire même comme une satire débridée mettant à mal les super-héros américains. Sauf que, longtemps avant que le super-héros monopolise le monde du cinéma américain notamment par le biais de l'écurie Marvel, Les indestructibles n'est rien d'autre qu'un banal film de super-héros. Il est tellement proche de l'hommage, tout en baignant dans la nostalgie assumée, que cela lui retire tout son intérêt à mes yeux, d'autant plus que j'ai pratiquement le genre en horreur. Le sixième long métrage du studio reste solidement ancré à un chemin de fer scénaristique balisé, accumulant tous les plus gros poncifs des super-héros. A sa sortie en salle, je n'ai donc pas du tout aimé Les indestructibles alors que je ne connaissais pas le travail de Brad Bird à ce moment là. J'apprécie d'autant moins ce long métrage après avoir découvert le formidable travail qu'il avait fourni dans le mémorable Le géant de fer qui baigne dans une telle poésie et une telle intensité narrative que jamais Les indestructibles ne parvient un seul instant à atteindre. C'est dit !

Toute oeuvre mettant en scène des super-héros passe inexorablement par les sempiternelles mêmes étapes. Seul Les nouveaux héros a tenté une approche un tant soit peu anticonformiste, ce qui m'avait permit de tomber en admiration devant lui. Depuis l'avènement de Superman en 1933, tous les nouveaux venus depuis un siècle doivent passer par plusieurs étapes successives afin d'être sacrés héros. Je passe sur les détails les plus anecdotiques en ne conservant que les plus essentiels : posséder un pouvoir latent ou un talent caché ; être confronté à une expérience inattendue parfois même traumatisante ; devoir surmonter son chagrin ou sa douleur ; apprendre à maîtriser convenablement ses pouvoirs ; être confronté à une menace plus grande que soit ; former une alliance avec des héros de la même condition ; découvrir que le grand vilain est quelqu'un de proche ou revenu du passé ; déclencher une apocalypse urbaine lors de la bataille finale ; sans oublier l'élément fondamental, dissimuler sa nature super-héroïque derrière un costume ! Que nous présente donc Les indestructibles ? En mettant de côté que tous les personnages sont des super-héros à la retraite, le long métrage propose pas moins qu'un scénario mettant en scène l'avènement d'un nouveau héros. Et ce nouveau héros, c'est la famille au grand complet : Monsieur le gros biscoteau sans cerveau, Madame la compréhensive et flexible, le fiston frustré hyperactif, la fille piégée dans sa bulle de confort, le bébé indescriptible, sans oublier le tonton rigolard ! Cette famille débute le récit de façon désolidarisée mais termine évidemment totalement soudée. Les "Indestructibles" sont nés !

Les indestructibles passe ainsi par toutes les étapes énumérées plus haut pour forger la nouvelle légende super-héroïque. A ceci près que le long métrage de Pixar nous fait un cours accéléré puisque cette présentation rapide est effectuée en à peine plus d'une heure. L'autre moitié du film vire très vite à l'action bien bourrine, matinée d'un zeste d'espionnage. C'est peut-être d'ailleurs la seule partie intéressante du récit, puisqu'elle donne aux spectateurs une multitude de références aux oeuvres d'espionnages conçues durant les années 1960 et 1970 principalement (on relèvera par ailleurs d'innombrables clins d'oeils à James Bond). Ce n'est d'ailleurs pas la seule référence que contient le long métrage, puisqu'en dehors des évidents et innombrables emprunts aux comics américains, le film fait aussi la part belle à la science-fiction dont une scène quasiment répliquée à l'identique de Star Wars. Bref, Brad Bird multiplie les hommages externes au détriment d'un film autonome qui aurait peut-être gagné à se suffire à lui-même. Malgré ce constat, Les indestructibles comptent deux personnages savoureux, tous deux féminins. Edna Mode en premier lieu, formidable petite femme sarcastique, à l'imagination « costumière » débordante et qui, involontairement, met en péril l'infiltration de Bob. L'autre c'est Mirage, l'acolyte du vilain de service qui se découvre soudain une conscience.

S'il y a quand même une chose à accorder à Les indestructibles, c'est qu'il est le premier long métrage Pixar mettant en scène des humains. Bien sûr, on les avait déjà croisés auparavant, dans les deux volets de Toy Story ou dans Monstres & Cie, mais il n'était que des seconds rôles dans un monde qui ne les impliquait pas directement. Ils déclenchaient des évènements, provoquaient des catastrophes, mais ils n'étaient pas les héros principaux. Ici, il s'agit véritablement de la première aventure 100 % humaine. Malgré tout, et c'était déjà le cas au moment de la sortie du film en salle, chaque personnage humain ne parvient jamais à se détacher de son design de figurine en plastique. Quelque chose que j'ai toujours trouvé regrettable, car il prouve que Pixar avait déjà pleinement conscience du potentiel pécuniaire des produits dérivés de leurs films. Or plus un design est facile à reproduire dans l'industrie du jouet, plus il a de chance d'être apprécié des enfants ! Du coup, bien que l'aventure de Les indestructibles soit à dominance humaine, il est extrêmement difficile de se détacher de leur design tout en plastique.

D'un point de vue technique, Les indestructibles étaient en 2004 une véritable tuerie visuelle. Ce qui est logique dans la mesure où il s'agit, encore aujourd'hui, du long métrage Pixar ayant le plus grand nombre de scènes d'action à l'écran. Certaines d'entre elles sont par ailleurs extrêmement élaborées, avec une camera semblant virevolter au plus près de l'action. Sauf que voila, treize ans plus tard, Les indestructibles a prit un très violent coup de vieux. Ce qui passait inaperçu en ce temps pas si éloigné de nous fait clairement tâche aujourd'hui ! L'environnement urbain, tout comme le mobilier volontairement rétro, dessert maintenant complètement le film. A l'exception d'un beau moment où la famille va devoir affronter une bataille décisive dans une végétation luxuriante, l'intégralité du film est fortement dépouillé et extrêmement froid à regarder. La cause ? Probablement ce choix d'apporter au récit un univers visuel globalement réaliste, là où les personnages ne le sont jamais une seule fois. C'est quelque chose que Pixar a depuis apprit à contourner en apportant un peu de fantaisie hyper-réaliste, comme c'est le cas dans WALL.E et dans Ratatouille.

Concernant la partie sonore, Michael Giacchino confirme qu'il maîtrise la vision du film de Brad Bird, puisqu'il propose une bande originale démodée, voire désuète, qui mêle ambiance polar et super-héros des années 1930. Personnellement, je la trouve très fade. Je me risquerai même à dire que certains morceaux sont, si on les prend à part, presque soporifiques. Enfin, pas toujours, car parfois certaines pistes commencent de manière mollassonnes, donnant clairement envie au spectateur de somnoler, avant qu'un son horrible (produit par un violon strident par exemple) vienne soudain le sortir de sa torpeur ! Plus curieusement, la bande originale tente de donner dans le genre jazz, c'est probablement les morceaux les plus agréables à écouter. Malheureusement il reste évident que la bande originale de Michael Giacchino ne peut vivre au-delà de l'écran, elle est totalement liée à la vie à la mort à ce qui se passe devant nos yeux. Seul élément intéressant, comme il le fera très récemment avec Jurassic World par exemple, Michael Giacchino parvient à conserver un léger fil rouge musical en répétant, dans des rythmes et intonations très variées, le thème principal du film. Mais dans l'ensemble, ses compositions ne m'emballent pas plus que le film en lui-même.

Les indestructibles a été un immense succès au box-office. Je l'ai constaté, je l'ai vécu, mais je ne l'ai toujours pas compris. Peut-être que son message me passe sous le nez sans que je puisse m'en rendre compte, mais cette estime que lui accorde le public me dépasse totalement. Je suis totalement incapable de le prendre pour autre chose que ce qu'il est : un banal film de super-héros dépourvu de la moindre surprise. Il est en quelque sorte un film précurseur de la mode actuelle super-héroïque portée à bout de bras principalement par l'écurie Marvel et que je n'apprécie pas plus. A présent, est-ce que Les indestructibles réussira à traverser les décennies ? Déjà qu'en une décennie il est loin de s'être bonifié avec l'âge, j'ai toutes les raisons d'en douter. Je garderai toujours un esprit très critique vis à vis de ce film, y percevant régulièrement de nouvelles choses qui me dérangent, même si je reconnais que le revoir ne me dégoûte pas non plus (contrairement à La Princesse et la grenouille qui me révulse toujours autant). Je préfère donc laisser cette famille à ceux qui parviennent à les apprécier à leur juste valeur. Tant pis pour moi !

20 janvier 2017 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2004)

Robert "Bob" Parr / Monsieur Incroyable : Benoit Rousseau  1

Hélène Parr / Élasto-fille : Camille Cyr-Desmarais  1

Violette Parr : Catherine Brunet  1

Dashiell Parr / Rush : Léo Caron  1

Jack-Jack Parr : Julien N'Guyen  1

Edna Mode : Denys Paris  1

Syndrome : Martin Watier  1

Frozone : Didier Lucien  1

Mirage : Patricia Tulasne  1

Monsieur Huph : Manuel Tadros  1

Kari McKeen : Lisette Dufour  1

Chérie : Hélène Mondoux  1

Rick Dicker : Luis de Cespedes  1

Rusty McAllister : François-Nicolas Dolan  1

Bombe Voyage et Garde : Alain Zouvi  1

Mme Hogenson : Chantal Baril  1

Tony Rydinger : Xavier Dolan  1

Berny Kropp : Daniel Picard  1

Principal : Antoine Durand  1

Frank Thomas : Yves Massicotte  1

Ollie Johnston : Vincent Davy  1

L'avocat d'Oliver Sansweet : Gilbert Lachance  1

La vieille dame au chat : Béatrice Picard  1

le policier de la bijouterie : François Sasseville  1

Journaliste : Pierre Auger  1

L'avocate : Johanne Garneau  1

Doublage français d'origine (2004)

Robert "Bob" Parr / M. Indestructible : Marc Alfos  2

Hélène Parr / Elastigirl : Deborah Perret  2

Violette Parr : Laure Pester (Lorie)  2

Lucius Best / Frozone : Thierry Desroses  2

Buddy Pine / Syndrome : Bruno Salomone  2

Dashiell Parr / Flèche : Simon Koukissa  2

Edna Mode : Amanda Lear  2

Journaliste : Patrick Poivre d'Arvor  2

Monsieur Folamour : Patrick Osmond  2

Madame Hogenson : Lily Baron  2

Monsieur L'Oeuf : Philippe Peythieu  2

Bernie Kropp : Denis Boileau  2

Monsieur le Principal : Pascal Massix  2

Le Démolisseur : Pascal Massix  2

Tony Rydinger : Maël Davan-Soulas  2

Mirage : Juliette Degenne  2

Rick Dicker : Jean-Bernard Guillard  2

Kari : Dorothée Pousséo  2

Honey : Annie Milon  2

Un policier : Boris Rehlinger  2

Voix électronique : Boris Rehlinger  2