Cars - Quatre roues / Les bagnoles : Quelques informations

Le film s'est lancé à l'assaut des salles obscures le 14 juin 2006 en France. Au Québec, il est sorti le 09 juin. Le film possède un doublage québécois et s'intitule Les bagnoles.

Cars - Quatre Roues devait être le dernier film Pixar produit en collaboration avec Disney. Suite à l'intégration de Pixar dans l'empire Disney, il devient le dernier film poroduit en tant que studio indépendant.

A défaut du très regretté bêtisier qui accompagnait autrefois les génériques de fin des films Pixar, le studio offre toutefois une vidéo exclusive de bonne qualité, mais c'est dans le court métrage Martin et la lumière fantôme que vous retrouverez avec bonheur une intrigue inédite de la même qualité que La nouvelle voiture de Bob ou Jack Jack Attack.

Cars - Quatre Roues se déroule intégralement dans un monde de "voitures". Ainsi, aucune référence humaine n'est présente dans le film. Chaque véhicule pouvant donc tour à tour être présentateur, vendeur, cameraman ou journaliste. On prendra donc soin d'éviter de se demander comment les voitures sont nées dans ce monde sans humains.

Résumé

Flash McQueen, une splendide voiture de course toute neuve promise au succès, découvre que dans la vie, ce n'est pas de franchir la ligne d'arrivée qui compte, mais le parcours que l'on a suivi. Parti pour participer à la prestigieuse Piston Cup, il atterrit suite à une déviation dans la petite ville tranquille de Radiator Springs, sur la Route 66. McQueen va apprendre à connaître Sally (une élégante Porsche 2002), Doc Hudson (une Hudson Hornet 1951 au passé mystérieux), et Mater (une dépanneuse rouillée mais à qui on peut faire confiance). Ils vont l'aider à découvrir qu'il y a des choses plus importantes que les trophées, la gloire et les sponsors...

Analyse de l'oeuvre

Cars - Quatre Roues est le premier film Pixar où j'ai du trainer les pieds pour me rendre en salle. N'ayant aucun goût pour les voitures de course, et ne comprenant pas plus quel intérêt on peut porter à des engins qui passent leur temps à tourner en rond, ce film ne semblait pas du tout fait pour moi. Durant la projection, j'avais la très nette impression de ne pas être à ma place tant tout se qui se rapporte au film tourne autour du "tuning" (cette discipline majoritairement masculine qui consiste à métamorphoser son véhicule en monstre mécanique et pièce d'art). Le film me laisse ainsi un goût inexplicable de contradictions. Tantôt merveilleux, tantôt ennuyeux, le film met tout de même tout le monde d'accord sur un point, l'animation est divine.

Le film s'ouvre d'une manière très inhabituelle pour un Pixar. Au milieu d'une course de bolides lancés à vive allure, vous allez faire la connaissance de Flash McQueen. Caricature extrême de l'égocentique, Flash est un héros déjà vu et revu, mainte et mainte fois. On sait donc d'emblé ce qu'il adviendra de lui dès les premières minutes du film. Frustrant. Cette entrée en matière reste toutefois un grand moment du cinéma. Le scénario du film est malheureusement très peu inventif. Loin, même très loin de l'impressionnant Toy story 2, mais surtout de l'inventif Monstres & Cie (encore référence inégalée). Le film possède beaucoup de longueurs, particulièrement durant les 20 premières minutes. Les deux tiers de l'action du film se déroule désespérément au même endroit : Radiator Spring. Cars - Quatre roues est cependant sauvé par la présence de Martin, qui arrache quelques rires à plusieurs reprises.

Pourtant Pixar réussit encore une fois le véritable tour de force d'humaniser des objets (en l'occurrence des voitures), et les rendre parfaitement crédibles. Les véhicules sont tellement... humains qu'ils nous arrivent très souvent de se dire "Cette voiture me fait penser à un acteur dont je ne me rappelle plus le nom". Les voitures et leurs personnalités sont assurément le point fort du film. L'ensemble de l'oeuvre se révèle convainquant. Les graphismes sont somptueux, l'animation est auréolée d'un perfectionisme à tous les niveaux, du simple brin d'herbe aux multiples pièces de moteurs de Martin.

La musique du film me laisse perplexe. Trop disparates dans leur ensemble, mais totalement intégrés à l'intrigue, la bande originale du film joue avec nos nerfs. De grands noms de la musique américaine y apporte leur chaleur pour donner à Cars - Quatre Roues son style typiquement américain. Trop peut être. Croisant ça et là des compositions originales d'excellent crus, le film regorge de beaucoup trop de chansons qui semblent avoir été ajoutées au film pour s'assurer d'excellente vente de la bande originale. Pourtant, je salue l'initiative de Pixar d'ouvrir un peu la musique Country dont il est difficile de se procurer en France, lorsque l'on n'habite pas dans une grande ville ou près d'une grande enseigne de la distribution musicale.

Cars - Quatre Roues oublie tout de même l'essentiel ce qui faisait le charme des films Pixar : l'identité internationale de leurs films. Le film est ancré définitivement dans l'Amérique stéréotypée. Le film accumule beaucoup trop les clichés américains. La dimension intemporelle et internationale de leurs films s'envole littéralement sur ce film pour complètement disparaître. Cars - Quatre roues joue à fond la carte de la nostalgie de la mythique Route 66, dévoilant l'âge d'or d'une Amérique depuis longtemps oubliée.

Alors que John Lasseter pointait les récents flop de Disney à cause de la faiblesse de leur scénario, Cars - Quatre roues est l'exemple parfait de ce qu'il désignait comme mauvais chez Disney. Visuellement impressionnant, le filmvaut la peine d'être vu pour la richesse des "jeux d'acteur" des voitures, ainsi que par tout ceux que la course automobile ou le "tuning" est une passion. Un bon cru, mais pas encore le remplaçant de Monstre & Cie.

11 juin 2006 par Olikos