Ratatouille : Quelques informations

Le film s'est lancé à l'assaut des salles obscures le 29 juin 2007 au Québec, et le 01 août 2007 en Europe. Le film possède un doublage québécois, mais conserve le même titre partout. Ratatouille est le premier film de la collection numérotée française à sortir simultanément en DVD et Blu-Ray.

La ratatouille est une spécialité qui a une origine niçoise, plus particulièrement lorsque cette partie de la France était rattachée à l'Italie. La ratatouille puise donc son origine d'Italie et non de la France, encore moins de Paris. Mais elle a été popularisée en Provence, d'où elle tire sa composition exclusivement à bases de légumes du sud et parfois d'huile d'olive. La recette d'origine cependant, et contrairement au film, présente les légumes grossièrement découpés. Notons également que la plupart des enfants apprécie moyennement ce plat, car il n'est composé que de légumes. C'est pourtant un plat très riche apportant vitamines, fibres, oligo-éléments et surtout très peu de calories.

Savez-vous ce qu'est un piano dans le langage culinaire ? Non, il ne s'agit en aucun cas d'une variante de l'instrument musical à corde très connu. Ce sont en fait l'ensemble des éléments présent dans une cuisine, mais monté en un seul bloc (four, feux, plaques chauffantes, hotte aspirante...) et fonctionne généralement au gaz. On lui préfère aujourd'hui le mot cuisinière à gaz, même s'il est plus grand. D'où les flammes auxquelles doit échapper Rémy.

Résumé

Rémy est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l'opposition de sa famille, ni le fait d'être un rongeur dans une profession qui les déteste ne le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine... et le fait d'habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l'occasion ! Malgré le danger et les pièges, la tentation est grande de s'aventurer dans cet univers interdit. Écartelé entre son rêve et sa condition, Rémy va découvrir le vrai sens de l'aventure, de l'amitié, de la famille... et comprendre qu'il doit trouver le courage d'être ce qu'il est : un rat qui veut être un grand chef...

Analyse de l'oeuvre

Force est de constater que Pixar est tenace en offrant une fois encore un scénario et des personnages inédits, sans céder une seule fois aux sirènes de la facilité. Noyé au milieu des suites de films à très gros budget du premier semestre 2007, Ratatouille est une bouffée d'oxygène plus que bienvenue.

Pixar renoue enfin avec le burlesque, mais non dénué de charme profond, que l'on avait quelque peu perdu dans le trop ciblé film d'action coté Indestructibles, et le tuning côté Cars. Ratatouille est donc enfin le retour du film 100% familial que l'on peut facilement apprécier quelque soit le niveau de lecture de l'oeuvre. L'histoire est ainsi beaucoup plus accessible. Même si le duo Rémy/Linguini est beaucoup moins charismatique que les infatigables Woody/Buzz ainsi que Sully/Bob, leur rencontre n'en est que pur moment de bonheur. Inépuisable, le talent de Pixar fait encore une fois sensation. La réalisation du film n'est plus desservie par un scénario bâclé ou déjà vu, même si l'on pioche quelques idées de ci de là. Qu'importe, la sauce prend, et n'accroche pas du tout le fond de la casserole.

Le film offre d'ailleurs une excellente mise en bouche lors de son introduction. Surprenant, drôle, et plein de tendresse, Ratatouille réunit tout cela brillamment. Le rendu de l'eau est d'ailleurs encore plus convainquant qu'aux origines des autres films du studios (au pays des insectes d'abord, dans les profondeurs marines ensuite). La bande originale du film, quasiment dénuée du moindre groupe pop à la mode, accompagne parfaitement l'intrigue, et on est soulagé de ne plus "subir" les chanteurs (certes talentueux) de Cars par exemple. Moment calme, forte tension, course poursuite, tout est parfaitement maîtrisé, donnant en plus un côté parisien très harmonieux.

Mais Ratatouille n'est pas excepté de défauts, loin s'en faut. Un point qui n'engage que mon avis personnel, cette désormais agaçante habitude qu'a prit Pixar pour réaliser ses personnages humains caricaturaux. Alors que tout, ou presque, respire le réalisme presque parfait (jusque l'étincelance d'une casserole), les humains sont systématiquement réduit à une forme adapté à leur personnalité. Certains y verront la force de Pixar, moi je n'y vois que l'adaptation mercantile facilité des produits dérivés à l'effigie de ces derniers. Il est vrai cependant que le perfide Anton Ego, par exemple, adopte une personnalité proche du corbeau à en avoir des frissons.

Autre point sensible, on n'échappe pas une seule fois dans Ratatouille à la caricature française . Les clichés ont la dent dure aux États-Unis, et on retrouve sans imagination bérets, baguettes de pain, Citroen 2V, Renault 4L... auquel il ne manque que l'allusion aux cuisses de grenouilles. Autre problèmes de taille, là où le film était un homage à la France, la plupart des textes affichés durant le film sont en anglais (!), en dehors des éléments essentiels à la progression de l'histoire (l'article que lit Linguini à la fin du film est le seul traduit, le reste du journal est 100% anglais). Autre détail qui peut être dérangeant pour les non habitants de la capitale, on présente Paris comme le nombril de la France d'où sont partis les recettes culinaires du pays. Hors beaucoup de spécialités des quatre coins du pays sont allés à la capitale dont s'est battit la réputation gastronomique mondiale. A aucun moment le film n'y fait allusion. Le cliché américain est donc tenace, et rien n'est épargné dans Ratatouille...

Heureusement, Ratatouille séduit, parce que très ouvert et beaucoup plus accessible "tout public" que ne l'ont été les deux dernières productions Pixar. Peut être parfois un peu trop difficile à cerner par les plus jeunes (particulièrement la critique d'Anton Ego), et où l'on regrette également un manque flagrant des personnages féminins (Colette est la seule du film, il n'y en a même pas parmi les rats !). Ratatouille renoue avec la "magie Pixar", tout en piochant également dans la "magie Disney". Accessible, frais, joyeux, burlesque, on en ressort très satisfait. Un final surprenant, à défaut d'être inattendu, et on obtient un nouveau succès.

24 juillet 2007 par Olikos