Le secret de la petite sirène / La petite sirène - Ariel au commencement : Quelques informations


Il s'agit actuellement de l'ultime suite exclusivement conçue pour le marché de la vidéo d'un long métrage animé de la compagnie Disney, depuis la nomination de John Lasseter à la tête du département animation. Elle aurait du au départ être annulée, mais sa conception était si avancée qu'elle a été poursuivie. Cependant, la date de sortie du film a été repoussée d'une année entière afin d'en améliorer sa qualité jugée alors très discutable.

Le film est sorti le 28 août 2008 au Québec et le 24 septembre 2008 en France. Le film ne possède apparemment pas de doublage québécois, mais il se nomme La petite sirène - Ariel au commencement.

Résumé

Après la tragique disparition de sa femme Athena, le roi Triton, inconsolable, bannit la musique du fond des océans. Ariel était encore une enfant. Mais à l'âge de l'adolescence, la jeune fille a le goût de la désobéïssance, et le club de musique clandestin dirigé par le crabe Sébastien correspond tout à fait à ses aspirations. Marina Del Rey, gouvernante en chef, soupçonne Ariel et Sébastien de lui cacher quelque chose. Pour elle, qui a toujours brigué la place de confidente du roi, le temps de la revanche arrive enfin...

Analyse de l'oeuvre

Un étrange sentiment nous envahi lorsqu'on découvre pour la première fois ce film ; un mélange de soulagement et de joie, mêlé à de l'enthousiasme et de la crainte. Car, tenons-nous le pour dit, Le secret de la petite sirène est la dernière suite exclusivement conçue pour le marché de la vidéo. Cela ne signifie pas pour autant que les personnages ne reviendront plus, ils pourront réapparaître sous forme de produits dérivés, à l'image de La fée Clochette, ou poursuivre leurs aventures sur le grand écran. C'est simplement l'ère des quatorze dernières années de médiocrité qui prend fin depuis l'apparition de la collection en 1994. Exceptionnellement, avant d'analyser ce film, attardons-nous sur cette peu reluisante famille de suites. Rappelons-nous que Disney est capable de produire le plus beau film visuellement parlant (Le bossu de Notre-Dame) et lui donner une suite exécrable indigne d'une appellation Disney, démontrant que le groupe était aussi capable du pire. Etonnons-nous que les suites les plus potables soit basées sur le simple plagiat du scénario du premier (Le roi lion 2, La belle et le clochard 2...). Crions au désespoir pour dénaturation complète de l'oeuvre d'origine en modifiant radicalement la personnalité des héros de notre enfance (Le livre de la jungle 2, Bambi 2, Le sortilège de Cendrillon...). Au milieu de tout cela, quelques rares exceptions sont à signaler. A commencer par le délicieux Les trois mousquetaires, indigne d'une appellation classique tant il est en contraste total avec le reste des films numérotés, et bien évidemment Lilo & Stich 2 sans aucun doute la seule suite potable respectant les personnages, bénéficiant d'une très belle animation, et d'un scénario très bien pensé. Le secret de la petite sirène se devait donc à la fois de marquer le glas de cette fumeuse collection de suites bâclées, tout en essayant d'apporter un réconfort qu'il n'y en aura plus et surtout ne pas terminer les quatorze années de suites sur une note morose.

Sur ces deux points, Le secret de la petite sirène s'en sort plutôt bien. Le film a d'ailleurs beaucoup de potentiel, malheureusement beaucoup de petits détails nous confirment que nous avons bien droit à une ultime suite dans la lignée directe de ce qui avait été fait jusqu'à lui. A commencer par le personnage de Benjamin, probablement la plus grosse erreur marketing du film. Jurant inexplicablement avec tout le reste des personnages, sa présence ne se justifie à aucun moment tout au long du film. Il ne sert même pas de faire valoir à Marina Del Rey ni de contrepoint, il n'est là que pour produire des peluches et jouets à son effigie pour les plus jeunes spectateurs (et encore !). Une autre constante transparaît dans ce film, le soin apporté aux plus anciens personnages est pour le coup remarquable à plus d'un niveau. Ariel, Sébastien, Polochon (Barboteur) et Triton sont vraiment impeccables au niveau de la gestuelle, de la personnalité et de l'animation. Particulièrement Ariel dont la palette émotionnelle de son animation et de son visage sont remarquablement bien travaillés (même si pour cela, les dessinateurs se sont inspirés d'oeuvres antérieures comme Aladdin). Ce n'est cependant pas du tout le cas de tous les autres personnages secondaires très en deçà, et moins encore au niveau des décors (les artistes s'amusant d'ailleurs à reprendre certaines animations du premier film). Heureusement, nous sommes loin de Le retour de Jafar, et tous les personnages secondaires sont crédibles.

Le scénario du film (qui se déroule avant La petite sirène) essaie de nous faire oublier complètement la précédente séquelle. En effet, à aucun moment ne sera fait une quelconque mention de l'avenir d'Ariel au-delà du premier film. Plusieurs clins d'oeil ont été rajoutés ici et là pour faire un rapprochement évident avec son glorieux prédécesseur. Tous les poissons du premier film, ainsi que Euréka (Ecoutille) font une brève apparition à plusieurs reprises. On pourrait cependant faire un seul lien avec La petite sirène 2 via le talent de Triton pour confectionner de belles boites musicales, à l'image du pendentif qu'il offre à Mélodie lors de sa naissance, mais ce serait alors le seul cas isolé de tout le scénario. La musique est au coeur même de l'intrigue, dans une histoire par ailleurs convaincante, mais lui fait cruellement défaut. Complètement hétéroclite, elle s'éloigne très vite du style de ses prédécesseurs, pour se rapprocher assez étrangement de Oliver & compagnie. Rapidement, l'ensemble des chansons se révèlent irritantes, aussi bien en VO qu'en VF, et n'apportent au final absolument rien au film, si ce n'est à le dévaloriser aux yeux du public.

Pourtant, tout n'est pas à jeter dans Le secret de la petite sirène. Car contrairement à ce que le titre nous le laisse croire, l'aventure repose essentiellement sur un conflit franchement cocasse entre Sébastien et Marina Del Rey. Cette dernière devient alors une méchante inhabituelle de l'univers Disney, car elle n'est foncièrement pas mauvaise. Le succès lui monte simplement un peu vite à la tête, lorsqu'elle parvient, temporairement, à voler la vedette à Sébastien dont elle est particulièrement jalouse de sa place aux côtés de Triton. Marina Del Rey s'évertue à supporter la charge des sept filles de son roi, mais malgré tous ces efforts, elle ne récolte que quolibet et rappel à l'ordre. Son sentiment s'en trouve alors renforcé par l'effronterie d'Ariel envers son père, continuant à l'humilier encore plus vis à vis de Sébastien à qui tout réussi, puisqu'elle ne parvient pas à se faire obéir et respecté par Ariel. Peu à peu, son ressenti se renforce pour donner une sensibilité touchante au personnage. A cela, elle rappelle alors inévitablement Izma dont elle va rivaliser en stratagèmes foireux, et surtout en gags burlesques jusqu'à son dénouement. Bien que regrettant amèrement l'absence de Ursula, Marina Del Rey reste une bonne surprise du film. Ursula aurait d'ailleurs parfaitement pu reprendre le rôle, et justifier ainsi son bannissement. Mais le caractère comique de Marina Del Rey s'oppose totalement avec le machiavélisme dont saura faire preuve Ursula. Et l'on ne pourra alors plus faire le moindre rapprochement entre elles. Un autre point fort du film est de découvrir pour la première fois la cité d'Atlantica véritablement peuplée. Car, à l'exception de la scène d'ouverture du premier film, nous n'avions jamais vu cette belle cité animée et peuplée de gens de toutes sortes. On découvre enfin une véritable vie communautaire chez le peuple aquatique.

Le secret de la petite sirène conclut donc une longue carrière de suites parfois épouvantables sur une note correcte. Sans vouloir égaler Lilo & Stich 2, ni rappeler l'effrayant Le retour de Jafar, le film se situe dans la moyenne élevée des films agréables à suivre mais qui ne révolutionne pas le genre. Regorgeant à la fois d'excellentes surprises et de détails exécrables, Le secret de la petite sirène reste donc digne de la collection dans laquelle il est né. Ni bon, ni mauvais, il termine une période noire de l'univers Disney dans la bonne humeur. Un film nettement en dessus de La petite sirène 2, mais hélas toujours à des années lumières du film original. Quoi qu'il en soit, Le secret de la petite sirène possède un atout non négligeable : il s'agit de l'ultime suite exclusivement réservée au marché de la vidéo. Et ça, cela mérite des applaudissements.

19 août 2008 par Olikos