WALL.E : Quelques informations

Le film est sorti en salle le 27 juin 2008 au Québec et le 30 juillet 2008 en France. WALL.E porte actuellement le numéro 94, rendant une fois encore la numérotation française particulièrement chaotique. Ce qui est d'ailleurs d'autant étrange que ce dernier est sorti en salle bien avant "Le secret de la petite sirène" et "La fée Clochette" respectivement numéroté 92 et 93.

Le Québec possède un doublage qui lui est propre. Suite à une erreur de pressage, celui-ci est présent sur la première édition DVD française du film. Disney France a alors mis en place une formule d'échange sans frais reprenant la version française du film, avant de rééditer le DVD avec le bon doublage quelques mois plus tard.

Résumé

Faites la connaissance de WALL.E : il est le dernier être sur Terre et s'avère être un... petit robot ! 700 ans plus tôt, l'humanité a déserté notre planète laissant à cette incroyable petite machine le soin de nettoyer la Terre. Mais au bout de ces longues années, WALL.E a développé un petit défaut technique : une forte personnalité. Extrêmement curieux, très indiscret, il est surtout un peu trop seul... Cependant, sa vie s'apprête à être bouleversée avec l'arrivée d'une petite "robote", bien carénée et prénommée EVE. Tombant instantanément et éperdument amoureux d'elle, WALL.E va tout mettre en oeuvre pour la séduire. Et lorsqu'EVE est rappelée dans l'espace pour y terminer sa mission, WALL.E n'hésite pas un seul instant : il se lance à sa poursuite...Hors de question pour lui de laisser passer le seul amour de sa vie... Pour être à ses côtés, il est prêt à aller au bout de l'univers et vivre la plus fantastique des aventures !

Analyse de l'oeuvre

Pixar tente avec WALL.E de réitérer l'exploit de Dumbo, presque 70 ans après ! En effet, les artistes ont conçu un film où le héros principal ne prononce (presque) pas de mot tout au long du film. Constat par ailleurs généralisé sur la quasi-totalité du film, où les dialogues sont particulièrement minimalistes. Si les premières vingt minutes sont finalement un vrai régal auditif, cela devient malheureusement très vite fatigant. D'autant plus que la plupart des personnages finissent constamment par toujours répéter en boucle la même chose, en particulier WALL.E lui-même qui devient vite crispant à écouter. Pour effacer cette absence de dialogue, Pixar choisi tout naturellement de construire un film cultivant l'autodérision, ce que le studio a d'ailleurs toujours brillamment su faire dans tous ses plus célèbres court-métrages. Mais le long métrage est une autre paire de manches et le studio tente, à plusieurs reprises, de combler les passages à vide en introduisant de nombreux gags visuels dont WALL.E fera les frais dans tous les cas. Heureusement, la personnalité du robot permet de s'attacher immédiatement à lui, et il ressort malheureusement comme le seul personnage intéressant de l'oeuvre.

Le comique adopté par Pixar dans son scénario révèle vite ses limites. S'évertuant à appliquer l'ironie, parfois à l'excès, le film tente de mêler plusieurs genres cinématographiques, mais surtout plusieurs styles. WALL.E est ainsi le premier film de la compagnie à introduire des comédiens réels. Bien que ces derniers soient que rarement montrés (exclusivement dans les diverses vidéos de la société "Buy'N'Large") il devient inévitable d'associer ces derniers aux personnages animés. Et là, ce coup-ci, le style Pixar des humanoïdes est en contraste total avec les véritables humains, décrédibilisant tout le scénario qui en font leur descendant direct. Ce n'est pas un secret que je n'ai jamais pu adhérer à leurs personnages, mais ici, le contraste en est d'autant plus saisissant. Les humains animés sont creux et sans aucune valeur ajoutée. WALL.E tombe d'ailleurs dans l'excès en donnant une image péjorative de l'obésité, mettant tous les humains dans le même panier, car ce sont eux les véritables fléaux de l'humanité. Ils sont fainéants, gros, sans-gêne, et donc responsables des catastrophes écologiques de la Terre. On pourrait certes rigoler de cette caricature des Etats-Unis perçue par le reste du monde, il n'empêche que le film accumule les clichés négatifs sur l'obésité, et cela sans le moindre remords.

Heureusement, l'aspect visuel du film est franchement plaisant, même si on constate une grosse baisse de régime des graphistes et animateurs. La science-fiction est un genre très fermé, et surtout très utilisé au cinéma. C'est sans doute aussi celui qui met le plus en avant les méfaits de la technologie. WALL.E pioche donc des éléments d'un peu partout, lorgnant sans aucune vergogne sur le célèbre Star Wars, mais également toute l'industrie de la science-fiction dont Star Trek (dont l'un des films tient le même propos écologique et technologique). De nombreux vaisseaux, mais aussi de nombreux robots, sont même graphiquement et vocalement identiques à ceux conçu pour les films de Georges Lucas. Quant au personnage de WALL.E lui-même, je m'amusais dès les premières révélations de croquis du personnage à le comparer avec un autre célèbre robot cinématographique des années 80 : Johnny 5. Ce n'est désormais plus du tout une étrange coïncidence mais bel et bien une sorte d'hommage (ou de plagiat, à vous de choisir) à ce héros. Tout WALL.E rappelle Johnny 5 : sa personnalité, sa vie propre, sa voix, son autonomie, son évolution dans le film et même son final. Le compositeur s'évertuant d'ailleurs à appuyer d'autant plus cette analogie en inscrivant au milieu du film une musique remixée directement tirée de la bande originale du film Short Circuit. Est-ce un bien ou un mal ? Je ne saurais le dire. Mais cette ressemblance trop prononcée entre les deux personnages est gênante pour ceux qui ont connu la vie de Johnny 5, dont WALL.E n'est qu'une pale copie. A contrario, ceux qui ne le connaissent pas seront attendris par le personnage de WALL.E qui est, tout comme Johnny 5, extrêmement crédible et attendrissant.

En face de lui, nous trouvons un florilège de personnages plus ou moins anecdotiques, servant dans tous les cas que de simple faire-valoir. Seule EVE est particulièrement mise en avant tout au long du film, pour former une sorte de contrepoint à WALL.E. Son aspect, particulièrement soigné rappelant la célèbre marque Appel (volonté affichée des artistes, puisque Pixar a été fondée par Steve Job, co-fondateur d'Appel), jure cependant assez vite avec le reste des robots du film. Mettant en avant la technologie moderne dont EVE serait sans doute la plus évoluée, le contraste en est alors d'autant plus grand avec les autres robots. Pixar essaie également, en vain, de nous faire croire à une idylle entre elle et WALL.E. Même si on essaie de se convaincre, on ne parvient jamais à s'attendrir de cette soi-disant amourette robotique. Car la personnalité de WALL.E n'est jamais dévoilée, on ignore donc absolument tout de lui, puisqu'on nous impose une vision incomplète à l'ouverture du film. Comment WALL.E a-t-il pu adopter ce comportement espiègle contraire à sa programmation ? Cela ne sera jamais révélé, à mon grand regret. Comment alors croire une seule seconde que ce personnage est capable de sentiment ? A y regarder de plus près, on ne voit finalement qu'un enfant seul qui se découvre tout simplement un tout nouveau camarade de jeu, et qui essaie de reproduire des choses qu'il a vues à la télévision. La romance des personnages perd alors toute sa substance, mettant à mal toute la campagne promotionnelle autour du film.

Pourtant, WALL.E est loin d'être un mauvais film. Extrêmement soigné, apportant un renouvellement indiscutable à Pixar et mêlant, certes maladroitement, un beau panier garni de style, de forme et de couleur, le film est hélas bien loin de l'évènement annoncé. WALL.E reste avant tout un bon film sympathique, à la narration nouvelle mais fatigante par son absence de dialogues, obligeant Pixar à meubler son oeuvre d'un peu trop de burlesque visuel mal placé. Sans compter que son pamphlet contre l'obésité et la pollution manque totalement sa cible. Quant à sa critique acerbe de notre société de consommation, elle n'est ni nouvelle, ni subtile. Monstres & Cie n'est donc toujours pas déboulonné de son piédestal, faute de rival sérieux. Pixar expérimente une nouvelle façon de compter une histoire, mais si le concept peut facilement s'appliquer à un court-métrage, la recette est plus boiteuse sur le long métrage. Pourtant, on retiendra l'incroyable attachement au petit WALL.E même s'il agace parfois à répéter toujours la même chose, tel un petit enfant. C'est peut-être pour ça qu'on l'adore.

Janvier 2009 par Olikos