Là-haut : Quelques informations

Le film est sorti en salle le 29 mai 2009 au Québec et le 29 juillet 2009 en France. Charles Aznavour participe pour la seconde fois dans une version française d'un film Disney en jouant le rôle de Carl Fredericksen. La première fois, il interpréta avec Liane Foly la chanson La belle et la bête.

Là-haut a fait l'ouverture du Festival de Cannes le 13 mai 2009, mais dans sa version originale en anglais. Le film possède également un doublage québécois, dans lequel Charles Aznavour donne aussi sa voix à Carl (le reste du casting étant différent). Les Walt Disney Animation Studios eurent longtemps auparavant les honneurs de Cannes en 1946 pour La boite à musique.

Résumé

Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s'envoler vers l'Amérique du Sud, il ne s'attendait pas à embarquer avec lui Russell, un jeune explorateur de 9 ans, toujours très enthousiaste et assez envahissant... Ce duo totalement imprévisible et improbable va vivre une aventure délirante qui les plongera dans un voyage dépassant l'imagination.

Analyse de l'oeuvre

Depuis Monstres & Cie, je me suis toujours demandé ce qui pouvait bien manquer aux studios Pixar pour réussir à égaler les meilleurs Grands Classiques. Depuis toujours, leurs films possèdent de solides potentiels mais manquent tous cruellement d'une profondeur inimitable pourtant présente dans la célèbre touche Disney. Avec Là-haut, j'ai enfin compris. Ce film est le digne successeur de ces prédécesseurs, apportant avec lui inévitablement les mêmes bonnes choses, mais également les irritants constants mêmes défauts. Là-haut divisera donc lui aussi les foules, les farouches opposant aux studios Pixar ne réconcilieront certainement pas avec lui, tandis que les fidèles amateurs retrouveront tout ce qu'ils y apprécient.

Commençons dès le début par ce qui fâche : les graphismes. Depuis pas mal de temps déjà, Pixar aggrave constamment cette étrange dichotomie volontaire entre le design des décors et celui des personnages. Les décors se veulent ainsi toujours plus réalistes, extrêmement détaillés, la précision étant parfois poussée à l'extrême. On y aperçoit ainsi les nervures d'une feuille, le détail incroyable des grains de sable, chaque fibre d'une plume et un photo-réalisme de certains décors urbains. A l'opposé, les personnages sont stigmatisés à des stéréotypes épouvantables et caricaturaux. Pire, dans Là-haut, ils ressemblent affreusement à des poupées de plastiques rigides ayant un mal fou à se mouvoir naturellement. Leurs démarches en deviennent alors lentes et saccadées, tranchant inévitablement avec la perfection visuelle qui les englobent.

Inutile d'aller chercher bien loin une logique secrète, elle n'a malheureusement qu'un aspect mercantile éhonté. C'est ce que j'ai toujours détesté de la part de Pixar, cette logique pécuniaire non dissimulée puisque les personnages sont d'abord modélisé de façon à faciliter leur création en produit dérivé avant même de paraître à l'écran. Cela explique d'ailleurs pourquoi je vois d'un mauvais oeil la nomination de John Lasseter à la tête du département animation. Contrairement à Walt Disney - c'était un véritable conteur d'histoire avant toute chose quitte à rendre la tâche difficile à ses collaborateurs - John Lasseter a un objectif de rentabilité évidente pensant « merchandising » avant même de prendre la peine de conter une histoire. Une fois de plus Là-haut en est le digne héritier. N'allez cependant pas croire qu'il est mauvais, loin de là, mais le film est lourdement entaché sur ce critère.

Oubliez également toute logique et vraisemblance dans le scénario ! Ce dernier tient finalement sur une seule ligne de texte, car le studio présente ici une comédie pure et dure où l'action et le burlesque sont finalement plus primordiales que le but à atteindre. Là-haut partage ainsi le même humour sans queue ni tête des aventures de Kuzco ou du lionceau Ryan. Nous sommes finalement embarqués malgré nous dans la folie furieuse des aventures de Carl et Russel. On regrettera tout de même ce désamour profond que porte les studios Pixar à la gente féminine. En dehors de Jessy, emblématique et incontournable personne de Toy story 2, et bien entendu l'adorable Bouh de Monstres & Cie jamais aucun rôle féminin n'a jamais réussi à percer. Elles sont soient reléguée au rang de faire-valoir (La bergère, Princesse Ata, EVE, Colette), soit dans celui de la simple mère de famille (Toy story, 1001 Pattes, Les indestructibles. On peut également citer Volt). Tout ça évidemment quand le studione les élimine carrément pas (Le monde de Nemo) ! Les studios Pixar sont ainsi incapables de féminiser leur public en leur donnant une consoeur moderne et forte, digne des plus grandes héroïnes de l'univers Disney. Le début du film Là-Haut essaie ainsi de nous attendrir avec la présence d'Elie, mais tout comme dans WALL.E, l'intrigue sentimentale ne parvient jamais à toucher le public. C'est selon moi ce qui manque cruellement à Pixar incapable aujourd'hui encore d'égaler les vrais Grands Classiques de Walt Disney. Le studio reste une fois de plus cantonné à des personnages masculins exclusifs (des gentils aux méchants). Une partie des spectateurs sera sans doute moins critique vis-à-vis de cette absente féminine et de ces amourettes finalement secondaires au profit d'une action non stop parfaitement maitrisée.

Là-haut nous entraine tout de même dans un festival de gags, et vous devez conserver un esprit critique totalement ouvert. Car rien - je dis bien absolument rien - n'a la moindre logique dans ce film. Aucune explication ne sera donnée aux innombrables invraisemblances (et elles sont légions), et finalement ça marche agréablement bien. Une fois qu'on a saisi que tout peut arriver (et de toutes les façons inimaginables), le reste du film se déroule spectaculairement jusqu'au dénouement final. Il vous faut donc accepter tout sans broncher, sous peine d'être déçu. Les personnages - tout caricaturaux qu'ils soient - remplissent parfaitement leurs rôles sans qu'aucun d'entre eux ne vole la vedette aux autres. Le couple Russel / Carl fonctionne plutôt bien et on échappe pas aux chocs des générations.

Là-haut reste ainsi digne de tous les précédents films élaborés par les studios Pixar. Agréable à suivre et très burlesque, il ne parvient tout de même jamais à trouver un équilibre visuel. Le film pêche également par l'absence flagrante d'un personnage féminin intéressant. Pour autant, Là-haut reste une bonne surprise, mais n'arrive toujours pas à égaler l'incroyable richesse sentimentale qu'avait su apporter Monstres & Cie.

12 décembre 2009 par Olikos