Clochette et l'expédition féerique / Clochette et les fées à la rescousse

Quelques informations

Le film est dans un premier temps sorti en salle le 18 août 2010 en Belgique puis en vidéo le 15 septembre 2010, avant de paraître ensuite en vidéo au Québec le 21 septembre 2010 et en France le 20 octobre 2010.

Au Québec, le titre du film est Clochette et les fées à la rescousse.Contrairement à une erreur suite à une lecture rapide, le titre français est bel et bien Clochette et l'expédition féerique et non "féérique".

Résumé

Alors que Clochette s'est approchée de trop près d'une maison d'humains, elle est malheureusement prise au piège d'une petite maison de fée par une jeune fille de 9 ans : Lizzi. Le secret des fées risque d'être découvert, et Vidia, qui a assisté impuissante à son enlèvement, va dès lors tout faire pour avertir les fées afin de monter une expédition de secours.

Analyse de l'oeuvre

Deux années se sont déjà écoulées depuis l'arrivée tout aussi insolite qu'attendue du tout premier volet de la saga Clochette. Initié par la branche Disney Consumer Products à la fois pour promouvoir et conforter la collection à succès des Disney Fairies, les deux premiers volets ont rencontré un succès inespéré auprès du public. Ils ont aussi eu le mérite d'avoir été lancé après la décision stratégique de la compagnie d'en finir une fois pour toute avec les suites de très mauvaises qualité directement en vidéo. Autant dire que La fée Clochette fut attendu au tournant à sa sortie en 2008, mais depuis le succès est tel que la quadrilogie originelle s'est muée en une quincalogie dont chaque nouveau volet paraît au rythme annuel. Pivot central de la saga, Clochette et l'expédition féerique, plus connu sous l'appellation Clochette et les fées à la rescousse au Québec, constitue ici le troisième volet.

A son premier épisode, la saga a connu quelques ratés. Principalement une animation un peu froide et un rythme narratif lambineux. Le second volet s'est alors arrangé pour améliorer l'ensemble et revoir dans le bon sens sa copie. Ce nouvel opus fait de même en augmentant à son tour dans la qualité aussi bien visuelle que narrative. Certes, il n'est pas lui non plus exempté de défaut, si l'eau et la pluie par exemple sont d'une qualité rare, l'aspect visuel humide des personnages accentue maladroitement encore plus leur aspect « poupée plastique ». Mais en partant du principe que les films sont étroitement liés aux jouets, il est préférable de se faire une raison surtout que l'ensemble de l'oeuvre est d'une qualité indéniable.

Assez curieusement, Clochette et l'expédition féerique ne reprend pas du tout la logique des deux précédents. L'été est en effet bien installé, et il n'est fait qu'une rapide allusion au changement de saison. Le scénario se concentre principalement sur deux aspects : la relation de Clochette envers les êtres humains et la personnalité complexe et attachante de Vidia. On retrouve d'ailleurs avec bonheur la fée Clochette moins causante dans cet épisode, obligée de s'exprimer comme elle l'avait toujours fait par le passé au moyen d'expressions visuelles et de gesticulations en tout genre. Pour une fois aussi, quand Clochette s'exprime oralement, elle le fait de façon constructive, en s'immisçant notamment dans la relation entre la jeune Lizzi et son père. On s'éloigne quand même un peu de la fée colérique et jalouse qu'on lui connait d'ordinaire, mais ce revirement n'est pas du tout dérangeant.

La relation entre Lizzi et son père reste incontestablement téléphonée, beaucoup de films ont déjà exploité cette ressource dans leur scénario, dont de nombreux films du groupe Disney. Mais l'ensemble s'adressant à un jeune public, cela reste agréable à suivre. Les adultes devront plutôt se tourner vers l'étonnant changement de personnalité de Vidia. Celle-ci, quelque peu détestable dans les deux premiers volets, remet en cause ses principes pour sauver Clochette capturée malencontreusement par sa faute. On assiste alors tout au long du film à une remise en cause du plus bel effet, faisant pratiquement de Vidia la meilleure surprise du scénario.

Certes, nous ne volons pas très haut (public enfantin oblige), mais Clochette et l'expédition féerique parvient à rallier à sa cause les garçons. De nombreuses séquences pour le sauvetage de Clochette sont étonnamment palpitant pour un film conçu exclusivement pour la vidéo. Il faut dire que techniquement, un vrai bon en avant a été fait par rapport aux deux volets précédents. La richesse visuelle n'étant en effet remise en cause que sur l'aspect plastique des personnes accentué par la pluie, que j'ai évoqué plus haut. L'ensemble du rendu visuel du film est donc irréprochable sur bien d'autres points.

On retrouve avec un grand plaisir les balades irlandaises - moins nombreuses - tout au long du film. Certes, cette bande originale semble déplacée lorsque tout ce petit monde fait une excursion à Londres, mais elle colle parfaitement à l'esprit de la saga. De nouveaux morceaux parfaitement complémentaires rencontrent quelques ballades des deux volets précédents. Bénédicte Lécroart est d'ailleurs à nouveau parfaitement à l'aise dans ce registre, et ce, quelle que soit l'édition vidéo que vous possédez. Le doublage restant en effet français quel que soit le pays de vente.

Clochette et l'expédition féerique, volet central de la saga Clochette, se veut donc parfaitement respectueux de ses ainés. Tout comme eux, il traine derrière lui les mêmes qualités et les quelques rares défauts gommés au fur et à mesure des nouveaux épisodes par les Disney Toon Studios. Si vous restez un fan de la saga, vous adorerez retrouver la magie des fées et le côté espiègle de Clochette. Sinon, vous pouvez rester réfractaire à cet épisode comme vous l'aviez fait auparavant, il n'apportera rien de plus à l'ensemble. Avant tout destiné à divertir le jeune public, cet épisode remplit donc parfaitement sa mission. Il s'offre tout de même le luxe d'être plus abordable et digeste pour les adultes, en somme un film de Noël familial appréciable. A posséder ou non dans votre collection, c'est à vous de voir !

3 novembre 2010 par Olikos