Raiponce : Quelques informations

Raiponce est sorti en salle le 24 novembre 2010 au Québec, il a ensuite été projeté dans les salles françaises à partir du 1er décembre 2010.

Au niveau édition commerciale, Raiponce est le premier long métrage animé de Disney proposant au même moment une sortie simultanée en DVD, Blu-Ray et Blu-Ray 3D.

Résumé

Sauvée par une fleur magique alors qu'elle attendait un enfant, la Reine du royaume donna le nom de la fleur à son enfant : Raiponce. Celle-ci reçut à sa naissance un don merveilleux qui provoqua la convoitise de Mère Gothel. Une nuit elle enlève le bébé de son berceau et l'emmène loin du royaume de ses parents. Bien des années plus tard, la jeune fille brule d'un désir ardant de sortir de sa tour dorée pour vivre un rêve. Par un malheureux concours de circonstance, elle fait la connaissance de Flynn Rider. Les plans de Mère Gothel semblent dès lors compromis.

Analyse de l'oeuvre

Il était temps ! Je dois dire qu'il y avait une décennie, que dis-je presque une double décennie même que je n'avais pas rencontré un tel enthousiasme autour d'un long métrage animé sortant tout droit des studios historiques de Walt Disney ! Car il faut franchement l'avouer les douze dernières années ont été franchement moroses. Si l'on excepte quelques pépites d'animation qu'ont été Atlantide, l'empire perdu, Lilo & Stich ou encore le plus récent Bienvenue chez les Robinson, la concurrence des autres studios ont fortement ébranlé le prestige et la confiance de la firme aux grandes oreilles. Pixar ayant même réussit à lui voler complètement la vedette en imposant son propre style, mainte fois repris par la concurrence (dont le meilleur concurrent fut certainement un célèbre ogre vert au grand coeur), mais jamais ô grand Jamais aucun studio d'animation n'est parvenu à imposer une uniformité et ce style totalement unique qui n'appartient qu'aux Walt Disney Animation Studios.

Les longs métrages animés Disney ont toujours connus durant les décennies des traversées du désert et de profondes remises en question. Avec le recul, les années 2000 n'y ont résolument pas échappées. Complètement égratigné par l'aspect commercial des suites de médiocres qualité, et conforté par des ventes indigestes de ces dernières, le talent des artistes s'est complètement éparpillé.

L'effet nostalgie passe ainsi complètement à côté des spectateurs de Frères des ours, Disney tue trop vite ensuite dans l'oeuf le désopilant La ferme se rebelle, rate après complètement son passage à la 3D avec un immonde Chicken Little, tente en dernier recours d'adapter la recette Pixar dans un hérétique Volt, star malgré lui et échoue enfin complètement à réutiliser correctement ses propres codes dans un épouvantable La princesse et la grenouille qui condamne dès lors le retour triomphal de la 2D au cinéma à un simple spasme musculaire d'un studio inoubliable qui rend son dernier soupir. Dans ce contexte, ce nouveau film a attiré en moi au pire de l'indifférence, au mieux de l'antipathie. Être le 50e film d'animation du studio ne pouvait en aucun cas être un critère de qualité à mes yeux.

Et alors que je n'y croyais plus, Raiponce est apparue dans toute sa splendeur inoubliable. En une heure quarante, oublié ces années de navets, Disney retrouve enfin sa superbe et son panache. Le studio réussit même à reprendre tout ce qu'on a toujours retrouvé dans leurs films : une histoire inédite dans leur catalogue magnifiquement racontée et qui révèle toute sa puissance narrative, le tout enrobé d'un soupçon de magie et de féérie. Car oui, Raiponce balaye tout sur son passage.

Il faut d'ailleurs voir à quel point cette fois les studios parviennent à créer un merveilleux film en 3D où l'animation sert l'histoire sans jamais envahir le spectateur. On entend régulièrement les gens complimenter l'incroyable réalisme et le soin des détails dans un film Pixar, mais qu'entend-on surtout autour de Raiponce ? Oui, des personnages inoubliables, c'est tout à fait exact. On en oublie totalement leur aspect virtuel, et on se fiche complètement de savoir combien de cheveux sont sur la tête de la princesse. Ces êtres animés ont une réelle vie propre qui traverse littéralement le spectateur. Pour autant celui-ci traverse tour à tour des endroits tout aussi magnifiques que merveilleux inspirés par les contes européens, ce qui rend une atmosphère particulière.

Aucun des personnages n'est inutile, et même si on ne peut échapper aux clichés typiquement Disney - Maximus et Pascal notamment - il ne sont jamais exagérés. Le traitement des personnages est d'une qualité rare. Chacun d'entre eux a un rôle fort qui ne vole jamais la vedette à aucun autre.

Bien que Raiponce soit logiquement la plus mise en avant, Flynn Rider, son partenaire à l'écran, connait un traitement assez unique. A l'exception quelque peu comparable de John Smith, Flynn est résolument le premier anti-héros des 50 films d'animation. Lui qui, dès les premières secondes de son apparition à l'écran, attire la répulsion du spectateur par son caractère désinvolte et taciturne, réussit le tour de force incroyable de devenir attachant et sensible au fil de l'intrigue.

Mère Gothel est la digne descendante de ses pires consoeurs Disney. Son désir de vivre éternellement est sa seule obsession et c'est dans ce seul et unique but qu'elle enlève la jeune Raiponce. Extrêmement douée et manipulatrice, Mère Gothel parvient à garder Raiponce sous sa coupe, cette dernière est ainsi victime malgré elle du syndrome de Stockholm. Une chose qui est démontrée de façon très ironique dans les mémorables états d'âme de la jeune fille.

Le scénario dépoussière complètement le conte d'origine et l'adapte pour servir un grand film à la sauce Disney. Je suis persuadé que Walt Disney lui-même aurait été enthousiasmé qu'une telle histoire ai été portée à l'écran. Il y avait autrefois le conte des frères Grimm, désormais il y a fort à parier que c'est la version Disney qui deviendra la référence. Les musiques et chansons servent également le film d'un bout à l'autre. Jamais elles ne sont pas là pour combler un quelconque vide. Elles complètent l'histoire, la font évoluer ou accompagnent simplement l'action.

Car oui, de l'action il y en a. Ouvertement le film s'adresse à tous les publics. Il enchaine sans aucun temps mort des scènes dantesques, des morceaux musicaux inoubliables et des scènes émouvantes. Toute une ribambelle d'émotions ponctuent cette aventure de 1h40. On peut clairement comparer Raiponce à la déferlante triomphale de La petite sirène en 1989 au Québec et 1990 en France. Raiponce est la définition même d'un véritable Grand Classique dans toute sa splendeur.

Vous l'aurez donc compris si vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout, Raiponce est devenu mon nouveau coup de coeur. Le film parvient enfin à me réconcilier avec la poêle à frire... pardon, les Walt Disney Animation Studios pour lesquels j'avais perdu peu à peu toute considération affective. Intense, drôle, innovant, émouvant et réunissant tous les aspects d'un véritable film d'animation Disney, Raiponce est le nouveau film à posséder d'urgence à la maison. A voir et revoir indéfiniment !

31 mars 2011 par Olikos