Rebelle : Quelques informations

Rebelle est sorti en salle le 22 juin 2012 au Québec, puis le 1er août 2012 en France. Il s'agit du tout premier film d'animation de Pixar mettant en scène un personnage féminin comme héros principal.

Le projet fut à l'origine imaginé par Brenda Chapman à qui l'on doit le film d'animation Le prince d'Egypte. Elle fut cependant écartée de la réalisation du film au profit de Mark Andrews. Elle figure toutefois au générique de fin en tant que première réalisatrice chez Pixar.

Résumé

Depuis la nuit des temps, au coeur des terres sauvages et mystérieuses des Highlands d'Ecosse, récits de batailles épiques et légendes mythiques se transmettent de génération en génération. Merida, l'impétueuse fille du roi Fergus et de la reine Elinor, a un problème... Elle est la seule fille au monde à ne pas vouloir devenir princesse ! Maniant l'arc comme personne, Merida refuse de se plier aux règles de la cour et défie une tradition millénaire sacrée aux yeux de tous et particulièrement de sa mère. Dans sa quête de liberté, Merida va involontairement voir se réaliser un voeu bien malheureux et précipiter le royaume dans le chaos. Sa détermination va lui être cruciale pour déjouer cette terrible malédiction...

Analyse de l'oeuvre

Les studios d'animation Pixar ont une certaine particularité dans chacune de leur production. Essayez donc de devenir laquelle ? Non, je ne pense pas à leur rôle de précurseur en animation 3D. Il ne s'agit pas non plus de leur originalité à essayer de produire systématiquement de nouvelles expériences. Raté, ce n'est pas non plus leur sens inné de concevoir des environnements qui repousse toujours plus loin le photo-réalisme... Vous séchez ? C'est pourtant évident ! Les films de Pixar sont des films résolument masculins, produits par des hommes pour des hommes, et faisant la part belle aux tripotés de rôles masculins de premier plan. Tenez-vous le pour dit ! Les femmes y ont toujours été traitées sans aucune véritable délicatesse, quelquefois des cruches, quelquefois des potiches, quelquefois des faire-valoirs, quelquefois sans cervelle. Ou alors, pire que tout... ce ne sont que de simples mamans cantonnées à leur rôle de protectrice de leur progéniture, si elles ont la chance de ne pas être éliminées dès le début du film.

C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais aimé le studio Pixar, dont les films ne figurent d'ailleurs sur le site que parce qu'ils font partis de la collection numérotée française, et pour lesquels je n'ai jamais vraiment eu de véritable estime. Voilà, c'est ouvertement écrit, même si les nombreux sous-entendus le laissait facilement deviner dans les fiches des anciens films. Pire, je fais même parti des quelques rares « illuminés » à voir d'un très mauvais oeil l'implication de John Lasseter aux Walt Disney Animation Studios, constat confirmé à mes yeux par les affreuses décisions qui ont conduit à d'effroyables naufrages (Volt, star malgré lui, La princesse et la grenouille, Winnie l'ourson). Je ne remet bien entendu pas en considération le fait que Pixar est l'un des rares studios à posséder un sens de la narration intelligent, et de briller à la pointe de la technologie, mais voilà, l'esprit Pixar n'a jamais été le mien. Il ne me convient tout simplement pas. Bref, je n'attendais rien de vraiment bon avec Rebelle, vanté par John Lasseter lui-même comme le premier film de Princesse chez Pixar. Et, sans crier garde, Mérida est enfin arrivée à point nommé pour casser cette sombre image des studios que j'avais, et surtout parce qu'elle reléguait enfin ses messieurs au vestiaire, ce qui n'est pas pour me déplaire !

A première vue, on pourrait dire que Rebelle est à Pixar ce que Volt, star malgré lui était à Disney. Sauf que ce n'est pas du tout le cas ici. Volt, star malgré lui était une hérésie dans le catalogue Disney dans la mesure où on nous imposait l'esprit Pixar. Rebelle au contraire s'inspire des grands classiques de Disney, mais il ne se réapproprie jamais aucun de ses codes. Pixar établit réellement sa propre ambiance et sa propre approche de l'histoire. Mérida se démarque d'ailleurs totalement des habituelles Princesses Disney, et c'est tant mieux pour elle. Plus inhabituel dans un film Pixar, les chansons qui accompagnent le récit sont à la fois surprenantes et bien intégrées à l'intrigue. Rebelle est également rehaussé par une bande sonore d'excellente qualité. Je serais donc tenté de dire que Rebelle est plutôt le Atlantide, l'empire perdu de Pixar : un film qui semble complètement détonner dans leur catalogue mais qui se révèle au final une superbe oeuvre artistique.

Tout n'est pourtant pas si parfait dans Rebelle, à commencer par son scénario au premier abord très peu inspiré lorgnant sans honte sur celui de la saga italienne La caverne de la rose d'or, où le premier volet mettait lui aussi en scène une Princesse qui refusait d'être contrainte au mariage par l'un de ses parents. Fantaghiro et Mérida partagent toutes les deux la même quête initiatique qui va les obliger à mûrir et à apprendre de leur erreurs. Rebelle pioche aussi des éléments fantastiques au superbe conte Dark Crystal, notamment la sorcière qui rappelle furieusement l'exubérante Aughra. Heureusement, Rebelle s'émancipe très vite pour devenir un grand conte moderne autour du questionnement sur la vanité. Mérida n'est en effet absolument pas orgueilleuse, elle souhaite avant toute chose être reconnue pour ce qu'elle est, plus que ce qu'elle devrait être. Rebelle impose une longue réflexion tout au long du film sur la manière de concilier les deux. Et la réponse que Mérida et le spectateur attendaient leur arrive par le biais d'une personne à laquelle personne ne s'attendait vraiment.

Rebelle est servi par des environnements visuellement éblouissants, que ce soit la chaleur de la salle du Trône, aux différents corridors du château, ou la froideur de la sombre forêt, tout y est magnifique. On a même à un moment donné l'impression de survoler la grande étendue d'un lac avec un immense plaisir alors que Mérida grimpe en haut de sinistres ruines venues d'un lointain passé. On est vite baigné dans la magnificence des hautes terres d'Ecosse en regardant le film. Les studios Pixar retombent malheureusement dans leurs travers lorsqu'il s'agit d'animer les personnages. Alors qu'ils avaient enfin su relever avec brio le défi sur les humains dans Toy story 3, Rebelle met de nouveau sur le devant de la scène des poupées articulées à la physionomie plus que douteuse. Un détail que j'ai toujours eu en horreur dans les films Pixar. Ces dames s'en sortant un tantinet mieux que ces messieurs, heureusement d'ailleurs. Rebelle commet aussi quelques bévues malvenues en intégrant quelques gags grossiers bien plus dignes de Dreamworks, tout en piochant des éléments propres aux longs métrages de Disney comme les triplets, véritables bouffons sans le moindre intérêt pour l'histoire.

Malgré ces quelques défauts, force est de constater que Rebelle est une vrai bouffée d'air frais au sein des productions de Pixar, montrant qu'il est enfin capable de tailler de grands rôles féminins dans leur film. Cette touche féminine manquait vraiment, et ce depuis toujours, à Pixar. Car après les passables Ratatouille, Là-haut et surtout WALL·E - incapables de faire passer la moindre émotion au spectateur au profit du seul divertissement -, cela ne peut faire que du bien. Bon évidemment, Rebelle a un certain avantage sur les autres films, il a été insufflé par une femme - Brenda Shapman - et c'est sans doute ce qui explique tout cela. Dommage d'ailleurs qu'elle ai été trop vite débarquée par la production (pour « divergences artistiques ») au point qu'elle ai préféré aller voir ailleurs depuis, car c'est certainement grâce à elle que Mérida a pu devenir la première vrai héroïne de Pixar, détrônant de cette place une autre rouquine : l'exubérante Jessy. Mérida tient son rôle d'adolescente incomprise avec audace, et sa fougue se transmet au spectateur.

Cette treizième production des studios Pixar a tous les atouts en main pour devenir avec le temps un véritable film culte. Rebelle est ainsi avant toute chose un grand conte fantastique (régi par ses propres codes), et certainement pas un conte de fées contrairement à ce que tout le monde veut nous faire croire, très loin de la banale adaptation « à la mode Disney ». Certes il est prévisible, certes il ne fait que réutiliser des recettes éculées, mais il le fait avec beaucoup plus de talent que le bourrin Les indestructibles qui cumulaient bien plus les clichés sur les super héros, il apporte enfin une touche féminine à Pixar et surtout, il me réconcilie en partie avec ces studios puisque depuis Monstres & cie (et oui, ça date), absolument aucune de leurs oeuvres suivantes - excepté Toy story 3 - ne m'avait autant emballé. Rebelle a un avantage certain sur la majorité des films de Pixar, il saura parfaitement et dignement traverser le temps sans perdre la moindre ride.

23 novembre 2012 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2012)

Mérida : Bérénice Béjo 1 (Dialogues)

Mérida : Maéva Méline 1 (Chant)

Roi Fergus : Jacques Frantz 1

Reine Elinor : Nathalie Homs 1

Sorcière : Cathy Cerda 1

Seigneur Dingwall : Pascal Casanova 1

Seigneur McGuffin : Paul Borne 1

Seigneur Macintosh : Patrick Osmond 1

Maude : Brigitte Virtudes 1

Mérida enfant : Coralie Thuillier 1

Le fils McGuffin : Emmanuel Curtil 1

Le fils Macintosh : Emmanuel Garijo 1

Le fils Dingwall : Donald Reignoux 1

Le corbeau : Michel Hazanavicius 1

Martin : Stéphane Ronchewski 1

Gordon : Serge Biavan 1

Doublage québécois d'origine (2012)

Merida : Marilou Bourdon 2

Merida enfant : Marguerite D'Amour 2

Reine Elinor : Anne Dorval 2

Roi Fergus : Sylvain Hétu 2

Sorcière : Johanne Garneau 2

Lord Dingwall : Marc Bellier 2

Jeune Dingwall : Hugolin Chevrette 3

Jeune Macintosh : Philippe Martin 2

Lord Macintosh : Daniel Picard 2

Jeune MacGuffin : Frédéric Desager 2

Lord MacGuffin : Benoit Rousseau 2

Maudie : Michèle Lituac 2

Le corbeau : Martin Watier 3

Martin : Pierre-Etienne Rouillard 3

Gordon : François Trudel 3

Choeurs: Pierre Bédard 2, Luc Campeau 2, Dominique Faure 2, Monique Fauteux 2, Catherine Léveillé 2, José Paradis 2 et Francesco Verrecchia 2