Les mondes de Ralph : Quelques informations

Les mondes de Ralph est sorti en salle le 2 novembre 2012 au Québec, puis le 5 décembre 2012 en France. La province canadienne et la France disposant chacune de son propre doublage.

Le film se veut être un hommage aux jeux vidéos depuis le début des années 80 jusqu'à nos jours. On y croise donc la plupart des personnages les plus emblématiques de ces 35 dernières années, même si la majorité d'entre eux ne font que de la simple figuration.

Notons également que le film fait ouvertement référence à des marques de consommation courrante : Coca-Cola, Oreo, Mentos et Nesquik notamment.

Insolite : La gare centrale du film est en fait une simple... multiprise ! C'est en effet le seul et unique dénominateur commun pour tous les jeux, il leur faut de l'électricité pour fonctionner.

Le saviez-vous ? Le film fut d'abord adapté en version québécoise. Benoît Brière a tellement excellé à jouer le rôle de Sa Sucrerie que Disney France a décidé de conserver sa prestation pour la version française du film. Notons toutefois que quelques lignes de dialogues ont tout de même été réenregistrés pour être plus conformes aux expressions typiquement françaises.

Résumé

Dans une salle d'arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d'un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d'une chose, être aimé de tous. Vanellope Van Schweetz quant à elle, évolue dans un jeu de course, fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d'être interdite de course et rejetée de tous. Ces deux personnages n'auraient jamais dû se croiser et pourtant, Ralph va bousculer les règles et voyager à travers les différents mondes de la salle d'arcade pour atteindre son but : prouver à tous qu'il peut devenir un héros. Ensemble, arriveront-ils à atteindre leurs rêves ?

Analyse de l'oeuvre

Mon tout premier véritable contact avec Les mondes de Ralph fut de découvrir pour la première fois l'une de ses bandes annonces, en l'occurrence juste avant la projection en salle de Skyfall. Je dois avouer que cette bande annonce m'a complètement déstabilisé tant je n'ai absolument rien comprit à ce qu'elle dévoilait à l'écran. J'ai vaguement assimilé le concept dont il était question : une sorte de pot-pourri réunissant des personnages de jeux vidéos d'univers différents, comme Qui veut la peau de Roger Rabbit l'avait fait avec les toons, ou Toy story qui était la « vitrine » à jouet, mais rien de plus. C'est donc avec ce regard complètement hagard que j'ai ensuite découvert le film en entier. Et ce sentiment s'est durablement installé pendant la découverte de Les mondes de Ralph. Je suis pourtant ressorti encore plus déstabilisée qu'en rentrant sans que ce sentiment ne m'abandonne depuis lors. C'est donc dans la plus perplexe des attitudes que je rédige ces lignes.

Parlons d'abord de ce qui fâche le plus, l'aspect soit disant hommage aux jeux-vidéo de ces 30 dernières années. Je ne me considère pas comme un vieux « gamer » ayant de la bouteille dans ce milieu, même si je suis de la même tranche d'âge que Ralph lui-même, mais j'ai quand même été relativement précoce dans le milieu en faisant mes premières armes dans le monde du jeu vidéo avec l'antique Pong sur la tout aussi vénérable console d'Atari que posséde d'ailleurs toujours mes parents. Quand j'y repense, je me demande comment j'ai pu autant m'éclater avec cette console à deux molettes pour suivre à l'écran une simili-boule carrée représentant une balle de tennis, et deux traits en guise de raquette de tennis ! J'ai rapidement découvert très jeune les joies des bornes d'arcade (que j'ai fréquenté jusqu'à ma dernière année de lycée), puis bourlingué sur la quasi-totalité des consoles de jeux portables et de salons jusqu'à nos jours, soit parce que je les avais, soit en m'amusant chez des amis ou des cousins. Autant dire que même si je n'ai jamais été un acharné des jeux-vidéo, j'estime avoir quand même une vision assez large du secteur sur les 28 dernières années (oups, on va me prendre pour un vieux crouton maintenant...). Je m'attendais donc avec Les mondes de Ralph de voir un film qui honorait ce secteur, qui le rendrait encore plus accessible au grand public.

Malheureusement, je constate au contraire que c'est la désolation et la disette dans ce film. Non seulement le film ne rend pas du tout hommage à ce secteur culturel aujourd'hui dominant (largement au dessus de celui du cinéma et de la musique par exemple), mais il colporte les plus horribles clichés des réfractaires des jeux-vidéo. On est ici dans les extrêmes des jeux-vidéo. Le film fait en effet le grand écart entre « gimauve-land » d'un côté et « bourrin-land » de l'autre sans la moindre imagination... Une conception infantile du jeu-vidéo en gros. Enfin non, pas tout à fait. On y entrevoit surtout une critique méprisante du geek épileptique, aussi gros que gras d'ailleurs, passant son temps devant un écran sans aucune vie sociale, tout en se gavant de sucreries, de Mentos et de Coca-Cola. Pour la subtilité, on repassera ! Pire, on nous afflige même un combat de boss à multiformes à la fin du film, au point d'en rester bouche béante !

Sérieusement, les responsables de ce film ont-ils réellement touché des jeux-vidéo de leur vie pour saisir leur véritable moelle ? Les mondes de Ralph donne au contraire le sentiment d'être un film qui s'adresse exclusivement aux « casuals gamers », ces personnes qui touchent très peu aux jeux-vidéo de leur vie - dont la Nintendo Wii serait l'étendoir - , qui pensent ensuite tout connaître de ce secteur et qui retrouvent dans ce film ce qu'ils s'attendent à voir : tous les clichés du genre. Parler de Lara Croft, admirer au détour d'une scène le pauvre Sonic misérablement placardé sur une affiche, voir discuter Chun-Li et Cammy en arrière plan, ou apercevoir la Princesse Peach sans aucune interaction avec les personnages du film, ce n'est pas rendre hommage au jeu-vidéo, c'est faire de la figuration pour maintenir le buzz et rien d'autre... Et je dois dire que ça, je l'ai encore en travers de la gorge, particulièrement face à cette publicité limite mensongère faite autour du film !!

Parlons maintenant de ce qui est réjouissant dans le film, parce qu'il y a quand même du bon dans cet étrange potage. Si l'on parvient à se détacher complètement de l'univers corrosif s'imaginant représentatif des jeux-vidéo (la grande majorité le fera, j'en suis totalement convaincu), les Walt Disney Animation Studios parviennent à offrir un film sympathique, un peu trop à destination du jeune public via son synopsis un tantinet léger (« je ne veux plus être un méchant » est l'unique thème du film, le reste n'étant qu'artifices servant à meubler une intrigue désespérément vide de toile de fond), mais qui se laisse suivre plus ou moins sans trop de problème. J'apprécie franchement le retour à de la vrai émotion transmise par les personnages, quelque chose qui était totalement absent de La princesse et la grenouille ou Volt, star malgré lui notamment - deux films que je méprise personnellement - remontant donc très largement mon estime pour Ralph que je classerai bien au dessus des deux précédents. Je ne trouverai rien à redire non plus sur l'aspect technique du film, les Walt Disney Animation Studios se hissent enfin au même niveau que Pixar sur ce point, et ceci est une excellente mise en bouche pour les futures productions à venir. Les mondes de Ralph dispose également d'une bande originale judicieusement composée qui mêle avec subtilité des sonorités électroniques typiques des années 1980 à de vrais symphonies du début du 21e siècle, un vrai régal auditif.

Sauf que cela est loin d'être suffisant pour faire de lui un bon film. Passé le premier tiers qui est ébouriffant (une vrai merveille même), le film s'écroule dans la mièvrerie en étant incapable de maintenir son concept pourtant tellement prometteur. Les mondes de Ralph nous ressert des recettes éculées jusqu'à saturation, nous propose des simili-rebondissements couplés à une fin hyper-prévisibles, et nous offre un scénario consternant de vide sans aucune surprise. Et si l'on met bout à bout les innombrables clichés des jeux-vidéo et du cinéma en général, on finit par se dire que les prétentions du film étaient globalement bonnes, mais sont au final totalement bancales. Le film est sérieusement handicapé par des défauts omniprésents gâchant de fait complètement l'expérience. L'équilibre est donc rompu d'autant que le film, plombé par des dialogues interminables (niais au possible !) qui ne font pas une seconde avancer le récit, est incapable de cibler un public en particulier. Il a tellement voulu ratisser large qu'il ne parvient à contenter personne. Et quand on voit une salle entière s'ennuyer ferme durant plus d'une heure, et des enfants demander à leurs parents de s'en aller avant la fin, c'est globalement révélateur du symptôme dont souffre le film. Cela fait d'autant plus mal au coeur quand on fait le parallèle avec Qui veut la peau de Roger Rabbit, un formidable film mature, intelligent et surtout accessible à tous les publics. Idem en ce qui concerne la franchise Toy story.

Les mondes de Ralph contentera donc avant toute chose un public peu exigeant, peu familier des jeux-vidéo et surtout gavés des préjugés mensongers sur les joueurs : les plus grands devront se satisfaire des seuls clins d'oeil aux icônes de leur enfance qui font un petit coucou et puis s'en vont ; les plus jeunes se satisferont de l'univers chatoyant de Sugar Rush qui est prédominant dans le film. Quand aux vrais fans de jeux-vidéo, extrêmement nombreux en France - pays qui est une immense terre d'accueil fertile et favorable à cet art numérique, contrairement aux idées préconçues de certains qui cherchent à trouver des excuses au film -, ils pourront passer leur chemin sans aucune honte. C'est d'ailleurs ce même public, malheureusement très minoritaire, qui n'a pas hésité à le descendre en flèche de façon méritée. Les vrais gamers sont aujourd'hui les plus défavorables à ce film, alors qu'ils en espéraient beaucoup. Pour tous les autres, Les mondes de Ralph reste au final un film artistiquement éblouissant (je ne pèse pas mes mots sur ce point, parce que c'est vraiment le cas) mais à la consistance médiocre. GAME OVER.

8 mars 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2012)

Ralph : Philippe Laprise 1

Vanellope : Catherine Brunet 1

King Candy : Benoît Brière 1

Félix Fixe Jr: Maël Davan-Soulas 1

Général Hologram : Widemir Normil 1

Taffyta Muttonfudge : Kim Jalabert 1

Markowski : Louis-Philippe Dandenault 1

Sergent Calhoun : Claudine Chatel 1

Mary : Manon Leblanc 1

M. Litwak : Sébastien Dhavernas 1

Doublage français d'origine (2012)

Ralph-la-Casse : François-Xavier Demaison 2

Vanellope Von Schweetz : Dorothée Pousseo 2

Félix Fixe : Donald Reignoux 2

Serge Calhoun : Isabelle Desplantes 2

Sa Sucrerie : Benoît Brière 2

Taffyta Crème Brûlée : Adeline Chetail 2

M. Litwak : Patrice Melennec 2

Général Hologramme : Thierry Desroses 2

Markowski : Thierry Buisson 2

Mary : Brigitte Virtudes 2

Gene/ Zombie : Achille Orsoni 2

Wynnchel : Marc Perez 2

Duncan : Cédric Dumond 2

Clyde : Patrick Béthune 2

Tapper : Patrick Raynal 2

Aigre Bill : Arnaud Léonard 2

Zangief : Michel Elias 2