Monstres Academy / MU - L'université des monstres : Quelques informations

Monstres Academy est sorti en salle le 21 juin 2013 au Québec sous le titre de MU - L'université des monstres, puis le 10 juillet 2013 en France.

Il s'agit d'une préquelle au film Monstres & Cie, puisque toute l'action se déroule bien longtemps avant les évènements du premier film. Ce film révèle comment Bob et Sulli ont réussi à surmonter leurs différences pour devenir les meilleurs amis du monde.

Jacques Frantz, souffrant et indisponible au moment du doublage français du film a été remplacé par Xavier Fagnon qui, reconnaissont le, parvient à rajeunir Sulli sans pour autant trahir l'ancienne voix du personnage. Notons que la version québécoise fera le même choix en remplaçant Denis Mercier par Patrick Chouinard, sans aucune raison officielle cependant.

Résumé

Bob Razowski dit « Bob » et Jacques Sullivan dit « Sulli » sont inséparables, mais cela n'a pas toujours été le cas. Quand ils se sont rencontrés, ces deux monstres très différents se sont tout de suite détestés.

Analyse de l'oeuvre

C'est toujours délicat de se trouver face à un film qui laisse une impression douce amère, un de ces films qui se laisse suivre sans trop broncher mais qui ne parvient pourtant pas à laisser un souvenir impérissable une fois terminé. Monstres Academy donne cet embarrassant sentiment qu’il a tout de la suite – tout du moins de la préquelle – superflue. Monstres & cie avait atteint un tel niveau d'absolu au point d'en faire mon seul et unique film favori de Pixar, que rien ne justifiait vraiment de revoir Bob et Sully s'animer dans de nouvelles aventures. En contrepartie on prend plaisir à les revoir dans une situation jusqu'ici inconnue remontant aux origines de leurs rencontres. Monstres Academy semble donc être un film emplit de paradoxes.

Je dois avouer avoir été particulièrement effrayé par ce simulacre à la gloire du modèle américain des universités renvoyé par les compagnes publicitaires autour du film. Sur ce point là, inutile de tergiverser longtemps, les poncifs du genre s'y trouvent. A tel point que j'ai levé les yeux au ciel à plusieurs reprises. Fort heureusement, Monstres Academy passe assez rapidement sur ces détails inutiles servant à meubler l'intrigue en se recentrant sur les bons côtés du scénario pour faire avancer l'intrigue. D'autant que Pixar fait un choix radical de ne faire quasiment aucun lien avec le premier film, hormis les inévitables clins d'oeil. Monstres Academy peut totalement être apprécié de façon autonome, s'en est même étonnant. Je serais même tenté de dire que le film est avant toute chose le film de Bob Razowski, bien plus que celui de Jacques Sullivan, tant le premier est clairement au centre de l'attention, à l'image de Le roi lion 3 – Hakuna Matata qui se centrait exclusivement sur Timon au détriment de Pumbaa. Comme si faire un film sur deux accolytes inséparables était impossible sans que l'un vole forcément la vedette à l'autre. On est d'ailleurs étonné de retrouver tel que Bob a toujours été, et on est donc un peu déçu de ne rien découvrir de palpitant sur sa jeunesse, car Monstres & cie avait déjà tout dit à son sujet.

Monstres Academy étonne aussi dans le déroulement de son récit qui ne semble dans un premier temps qu'être une longue succession de séquences sans réelles relations entre elles. Il faut reconnaître que le film a énormément de mal à faire dans l'originalité. Prendre la fraternité la plus ringarde de l'université pour la modeler et la métamorphoser en une heure et demi, on l'a déjà vu et revu des dizaines de milliers de fois à l'écran. D'autant plus quand on tire trop sur la corde des bons gros clichés bien tenaces, à l'image de la sacro-sainte vieille bibliothécaire stricte qui vous vire au moindre bruit. Pardon mais là, j'en ai des palpitations !! Puis, passé le cap de ce dérangeant parti pris du film, je me suis plusieurs fois étonné d'apprécier le contexte de ces clichés, qui servent avant toute chose à mettre en place les séquences les plus inattendues et les plus spectaculaires du film. Paradoxal je vous disais un peu plus tôt !

D'autres petits détails dérangent également dans Monstres Academy, en particulier du côté des personnages qui sont trop, mais vraiment trop nombreux. On a pas le temps d'en apprécier ne serait-ce que 10% de tous ces personnages secondaires qui figurent à l'écran. Cela grouille étonnamment de vie dans cette université, rendant cela réaliste, voire naturel, mais du coup on est noyé malgré nous dans la masse. On ne peut donc s'empêcher de se demander si Pixar ne l'avait pas volontairement fait exprès. Comme si le studio avait fait en sorte que nous soyons tout aussi dépassé par le nombre que le pauvre Bob débarquant en ces lieux où il va perdre tous ses repaires. Paradoxal une fois encore !

Le petit dernier des studios Pixar émerveille beaucoup les yeux et les oreilles des spectateurs. Avec plus de 11 ans d'écart avec son prédécesseur, le fossé technologique est immense ! Monstres & cie s'en tire tout même encore avec les honneurs, car il était principalement accès sur des lieux clos (à l'exception de la séquence finale). Monstres Academy en est sa parfaite antithèse, nous vivons une immense aventure dans un monde résolument ouvert, de jour comme de nuit. On enchaîne sans aucun temps mort dans divers lieux de l'Université, où manque – une fois encore chez Pixar – de présence féminine. Ces mesdames n'étant reléguées qu'à des rôles sans réelle consistance dans le film. En dehors d'une doyenne s’évertuant à effectuer des entrées théâtrales, d'une bibliothécaire affligeante et d'une mère exubérante, on les cherche vraiment ses rôles forts féminins. Jessy, Dory ou même Mérida me manquent, il y avait pourtant un énorme potentiel à en avoir une de cette envergure dans Monstres Academy !

Au final, Monstres Academy n'emplit pas le spectateur de joie, mais il ne l'ennuie pas non plus grâce à un scénario habilement écrit. Loin d'atteindre le summum de l'inoubliable Toy Story 2, et même de Toy Story 3, cette préquelle de Monstres & cie réussit surtout l'incroyable tour de force d'être à la fois une suite inutile, qui ne méritait pas plus que ça d'être porté à l'écran, mais parvenant tout de même à ne pas entacher son illustre aîné. C'est donc forcément un bon point en sa faveur. Il lui manque juste ce petit quelque chose qui aurait pu rendre Monstres Academy inoubliable et intemporel.

22 novembre 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2013)

Sully : Patrick Chouinard 1

Mike : Alain Zouvi 1

Reste du casting indisponible actuellement

Doublage français d'origine (2013)

Bob Wazowki: Eric Métayer 2

Jacques Sullivan: Xavier Fagnon 2

Scott "Squishy" Squibbles: Malik Bentalha 2

Art: Jamel Debbouze 2

La Doyenne Hardscrabble: Catherine Deneuve 2

Léon Bogue: Jérémy Prévost 2

Don Carlton: Jean-Claude Donda 2

Terry Perry: Emmanuel Garijo 2

Terri Perry: Donald Reignoux 2

Le Professeur Knight: Michel Papineschi 2

Claire Wheeler: Edwige Lemoine 2

Brock Pearson: Jérémie Covillault 2