L'âge de glace 4 / L'ère de glace - La dérive des continents : Quelques informations

Le film est sorti en salle le 27 juin 2012 en France, et quelques jours plus tard au Québec le 13 juillet 2012. Le titre québécois est d'ailleurs dépourvu du chiffre 4 conformément au titre original en anglais.

Notons que comme pour tous les autres films de la saga, il n'existe une fois encore aucune version québécoise pour ce film.

Résumé

Alors que Scrat poursuit inlassablement son gland, il va provoquer la dérive de tout un continent qui propulse Manny, Diego, Sid et sa grand-mère complètement gaga dans une odyssée épique... Utilisant un iceberg en guise de bateau, nos héros vont explorer un nouveau monde et affronter de terribles pirates !

Analyse de l'oeuvre

Qui aurait pu croire un jour qu'un film de 2002 à la qualité technique discutable et au scénario prévisible aurait pu devenir le premier volet d'une délirante saga censée se dérouler pendant l'ère de glace ? L'âge de glace 4 - La dérive des continents est en effet déjà le quatrième volet mettant en scène Manny, Sid, Diego et bien évidemment Scrat. Si l'on est fidèle à l'esprit de L'âge de glace et que l'on a apprécié les trois précédents volets, on ne peut nier le fait que ce film se fixe un principal objectif : relancer une franchise qui commençait à tourner un peu en rond quitte à s'écarter considérablement de son esprit originel. Avouons que le résultat final est tout aussi étonnant que réussit, l'objectif est donc clairement atteint. Sans atteindre le syndrome du « on efface tout et on recommence » qui gangrène un peu trop les films récents qui n'ont désormais plus aucune originalité, L'âge de glace 4 - La dérive des continents emmène le spectateur dans une direction nouvelle, flirtant sans honte avec le cinéma d'aventure à la fois dépaysant et prenant qui sied d'ailleurs très bien au format panoramique adopté pour ce film.

Rares sont les sagas où l'on voit les personnages évoluer dans le temps. Ils sont généralement figés dans leur caractère ou leur situation familiale. C'est un avantage indéniable qui permet de retrouver son ou ses personnages favoris intacts d'un film à l'autre. Au contraire, la saga de L'âge de glace a toujours mit un point d'honneur à faire évoluer ses personnages d'un film à l'autre, et de les confronter ensuite à des questionnements réels communs à leurs spectateurs. Ce risque est à double tranchant, mais il a relativement été bien maîtrisé jusqu'à présent. Chaque volet peut être apprécié en totale autonomie sans que vous n'ayez jamais vu aucun des autres, mais seul celui qui aura suivi les films dans l'ordre saura apprécier l'évolution logique et émotionnelle des personnages. Pour autant, chaque nouveau volet offre une panoplie de nouveaux personnages souvent loufoques, et l'on peut sans honte préciser que L'âge de glace 4 - La dérive des continents est celui qui en comporte le plus. Ce sont d'ailleurs des personnages forts, et sans aucun doute les plus matures jamais proposés dans la saga.

Walt Disney l'avait souvent dit, pour qu'un film fonctionne, s'il y a un rire quelque part, il faut une larme quelque part ailleurs. Le public lui a aussi attribué d'autres phrases du même type comme tout héros se doit d'avoir un méchant à sa mesure, même si ce n'est pas forcément lui qui les a dites. Les studios Blue Sky ont apparemment adopté ces principes pour leur film. L'âge de glace 4 - La dérive des continents fait pour la première fois intervenir dans la saga un véritable méchant aussi charismatique que féroce : l'imposant capitaine Gutt. Véritable flibustier sans foi ni loi, il reste un atout de choix dans le film, même s'il reste foncièrement prévisible. Contrairement à Soto dans le premier film qui n'était qu'une ombre en filigrane sans laisser un souvenir impérissable, le capitaine Gutt s'impose comme un menace bien réelle et effroyablement dangereuse. Il a la carrure et le caractère nécessaire pour s'opposer sans crainte face à Manny, pourtant largement plus imposant que lui. L'autre apport intéressant du film est l'apparition surprise de la grand-mère délurée de Sid, qui lui ravit sans honte la place de comique de la bande. Aux abords tourmentées et sans véritable cervelle, elle apporte un contrepoint dépravée et jubilatoire aux tourments puérils de la jeune Pêche en pleine crise d'adolescence.

L'âge de glace 4 - La dérive des continents fait un choix étonnant pour la saga en scindant son scénario en trois arcs narratifs biens distincts, mais étroitement liés les uns aux autres. Dès le début, c'est bien évidemment le sympathique Scrat qui ouvre le film comme à ses habitudes. Et alors qu'il poursuit une fois de plus ce gland insaisissable, il crée un désordre écologique à l'échelle mondiale qui va séparer Manny, Sid et Diego de leur horde. Ils vont dès lors faire un long séjour en plein océan tandis que Ellie, Pêche, Crash et Eddie vont devoir fuir à toute jambe leur ancienne terre d'accueil. Si la recherche désespérée de nos trois héros à revenir chez eux sort incontestablement du lot, car constituée de segments tout simplement mémorables et d'affrontements dantesques avec les pirates, la partie concernant la fuite de la horde sent un peu trop la redite par rapport à L'âge de glace 2. Heureusement, elle reste relativement mineure dans le film et cette partie est sauvée par le capital sympathie de Pêche, le personnage apparu dans le film précédent.

Beaucoup plus dérangeantes sont les apparitions de Scrat qui, après nous avoir fait mourir de rire à chacune de ses apparitions jusqu'à ce film, a bien de la peine à renouveler le mythe. La barre avait été mise tellement haute dans L'âge de glace 3 que Scrat a bien du mal à proposer de l'inédit. Tout y est donc cette fois extrêmement prévisible, mais je reconnais que les mimiques inimitable de Scrat et les cris de désespoirs maîtrisés sortant de la gorge de Chris Wedge font craquer n'importe quel spectateur.

Techniquement, le film est désormais à la pointe de ce que l'on s'attend de voir en 2012. Le temps du premier film totalement dépassé technologiquement parlant au moment même de sa sortie est largement révolu, et ceci depuis le second volet. Les effets d'eau sont une réussite, tout comme les innombrables univers traversés. Bref, les une heure et demi défilent sans qu'on s'en aperçoive, et on est ravi de l'avoir passé en excellente compagnie. Le film est également servi par une très bonne bande originale. En fin de compte, L'âge de glace 4 - La dérive des continents ne comptent que deux véritables défauts. Le film impose en effet pour la première fois une séquence entièrement chantée par les personnages, or celle-ci n'apporte pas grand chose au film. Plus dérangeant encore, il pioche un peu trop ses idées à d'autres films à l'image de la révolte des rongeurs qui fait furieusement penser aux Ewoks de Star Wars, aussi bien dans leur comportement que dans leur design. Mais passé ces quelques broutilles, L'âge de glace 4 - La dérive des continents reste une grande aventure palpitante et prenante qui a réussit avec brio à renouveler une formule sans la dégrader. Un incontournable du cinéma d'animation de 2012 !

11 janvier 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2012)

Kira : Laura Blanc 1

Sid : Elie Semoun 1

Capitaine Gutt : Pascal Casanova 1

Crash : Christophe Dechavanne 1

Diego : Vincent Cassel 1

Eddie : Alexis Tomassian 1

Ellie : Armelle Gallaud 1

Manny : Gérard Lanvin 1

Mémé : Evelyne Grandjean 1

Pêche : Lisa Caruso 1

Scrat : Chris Wedge 1

Silas : Alain Chabat 1

Voix additionnelles : Xavier Fagnon 1, Bruno Magne 1, Christophe Lemoine 1, Emmanuelle Rivière 1 et Marc Perez 1 (Chanson des pirates)

Sources : 1Allodoublage.com