L'apprenti sorcier : Quelques informations

L'apprenti sorcier est sorti en salle le 14 juillet 2010 au Québec, puis le 11 août 2010 en France. Le film bénéficie de deux versions francophones où l'on retrouve les comédiens de doublage habituels de Nicolas Cage pour chaque territoire. A savoir Dominique Collignon-Maurin pour la version française et Benoit Rousseau pour la version québécoise. Bien que Monica Bellucci parle plutôt bien le français, elle ne double son propre rôle que dans la version française.

Insolite : Bien que le film est inspiré d'une séquence de Fantasia, la célèbre séquence des "balais" rend aussi hommage à une autre scène de Merlin l'enchanteur : l'ensorcellement de la cuisine !

Le saviez-vous ? Une courte scène post-générique suggère l'idée d'une suite qui n'a jamais vue le jour. La conséquence à un succès moindre et non conforme aux attentes de Disney pour ce film.

Résumé

Balthazar Blake est un grand sorcier vivant de nos jours à Manhattan. Il tente de défendre la ville contre son ennemi juré, Maxim Horvath. Balthazar ne pouvant y arriver seul, il engage alors - un peu malgré lui - Dave Stutler, un garçon apparemment ordinaire qui a pourtant un vrai potentiel, pour devenir son apprenti.

Analyse de l'oeuvre

Lorsqu'on évoque Nicolas Cage, on est en droit de se demander quel rapport il peut bien y avoir avec l'une des séquences emblématiques de Fantasia mettant en scène un tout aussi célèbre Mickey Mouse. Pourtant, L'apprenti sorcier version « live » trouve réellement son inspiration de ce monument du cinéma d'animation en reprenant son titre, la scène emblématique des balais ainsi que le rôle d'un jeune apprenti dépassé par ses pouvoirs. Mais ce sera tout, car le scénario du film choisit de s'en émanciper afin d'explorer une thématique bien connu des anglophones, celle de la mythologie arthurienne. Tout du moins celle-ci sert de fil rouge pour amorcer l'intrigue en évoquant Merlin et de la conclure avec son antagoniste principal Morgane. L'apprenti sorcier se veut donc avant toute chose un grand divertissement fantastique vécu dans notre mode actuel.

New York est ainsi choisi comme cadre de cette folle aventure. La métropole est décidément le lieu préféré des films d'actions et d'aventures. Sans doute parce que sa proportion démesurée en fait un terrain de jeu idéal et formidable pour tout réalisateur qui se respecte. De l'antique King Kong au récent Spider-Man, en passant par Godzilla, mais aussi Il était une fois de Disney, ou encore la fabuleuse série télévisée de 1987 La belle et la bête, la magie, le fantastique et la science fiction sont définitivement indissociables de cette ville dans la culture populaire. Quoi de plus normal que d'assister à la révélation des pouvoirs surnaturels du jeune Dave Stuller en fin de compte ! L'apprenti sorcier nous plonge dès les premières minutes dans le fantastique durant les années 2000. La transition immédiate entre réalité et irréel - excellente au demeurant - nous remémore d'ailleurs un autre grand classique du cinéma qu'est L'histoire sans fin. En quelques minutes, tout le propos du film y est dévoilé : présentation des personnages, but à atteindre et ennemis à affronter ! Dès lors, nous sommes projeté dix ans plus tard où l'on sait que la vie ordinaire de Dave va basculer.

Jerry Bruckheimer nous livre dès lors un film d'aventure épique mais de conception classique, où s'enchaînent des séquences de plus en plus impressionnantes, dans la même veine que ses deux précédentes réalisations qu'étaient les deux volets de Benjamin Gates, mettant déjà en scène Nicolas Cage. Cependant, là où les deux aventures sur fonds de templiers flirtaient à mi-chemin entre Indiana Jones et Tomb Raider tout en peinant clairement à convaincre, L'apprenti sorcier s'avère beaucoup plus divertissant à suivre. L'opposition entre l'anti-héros par excellence qu'est Dave (Jay Baruchel) et le puissant sorcier Balthazar (Nicolas Cage) offre ainsi une superbe dynamique à l'écran dont le seul défaut est de rappeler la même symbiose qui existait déjà en 2007 entre Bruce Willis et Justin Long dans Die Hard 4 - Retour en enfer. Malgré tout, leur opposition quasi-permanente offre une réelle distraction au spectateur, d'autant que peu à peu, leurs idéaux finissent par se rejoindre. Leur motivation de base reste ainsi la même : protéger l'amour de leur vie.

Esthétiquement, L'apprenti sorcier mélange des univers sans réels rapports entre eux. On y croise ainsi une vieille guimbarde poussiéreuse des années 30 et les théories sur l'électromagnétisme de Nicolas Teslad datant XIXe siècle qui côtoient une rockstar dans le pur style des années 1980 ainsi que des technologies de télécommunication bien modernes ! C'est presque une farce pourtant entièrement assumée, de fait, cela fonctionne donc parfaitement !! Ce mélange éclectique se retrouve aussi dans la partition musicale du long métrage : symphonie traditionnelle, grande épopée, chanson teenager (en fait la même répétée plusieurs fois), roadmovie (uniquement dans le générique de fin !) et même musique électronique. Le rendu global est ainsi déconcertant et défoulant en même temps. Même chose enfin du côté des personnages dont leurs costumes évoquent de nombreuses époques différentes, de la Chine ancienne au laisser-aller résolument moderne.

En fin de compte, L'apprenti sorcier est un film d'aventure divertissant à souhait qui, à défaut d'être original, remplit ses fonctions au delà des espérances. N'ayant finalement qu'un très éloigné lien de parenté avec le poème de Goethe de 1797 qui inspira cent ans plus tard la célèbre musique de Paul Dukas, L'apprenti sorcier est un vaste défouloir, voire même un fabuleux film pop corn entièrement assumé dont l'intrigue se résume à une seule question : Mais où est donc cette fichue poupée gigogne ?!

12 septembre 2014 par Olikos

Voxographie sélective

Version québécoise d'origine (2010)

Balthazar Blake : Benoit Rousseau 1

Dave Stutler : Hugolin Chevrette 1

Becky Barnes : Ariane-Li Simard-Côté 1

Veronica : Nathalie Coupal 1

Abigail Williams : Juliette Mondoux 1

Drake Stone : Jean-François Beaupré 1

Morgana le Fay : Élise Bertrand 1

Maxim Horvath : Manuel Tadros 1

Version française d'origine (2010)

Balthazar Blake : Dominique Collignon Maurin 2

Dave Stutler : Donald Reignoux 2

Becky Barnes : Marie-Eugénie Maréchal 2

Veronica : Monica Bellucci 2

Maxim Horvath : Gabriel Ledoze 2

Drake Stone : Paolo Domingo 2

Sources : 1Doublage.qc.ca, 2 Voxofilm