Brendan et le secret de Kells : Quelques informations

Brendan et le secret de Kells est une coproduction européenne de Cartoon Saloon (Irlande), Les Armateurs (France), France 2 Cinéma (France) et Vivi Film (Belgique). Il eu l'honneur d'être diffusé en primeur en France et Belgique le 11 février 2009, avant d'être diffusé en Irlande le 4 mars 2009. Au Québec, le film est paru directement en DVD le 5 octobre 2010.

En France, le film ne dispose pas de piste audio anglaise, ni sur le DVD, ni sur le Blu-Ray. Par contre, on peut y trouver à la place le breton ! Comme il s'agit d'une langue d'origine celtique, on trouve donc ici une version du film qui se rapprocherai le plus du véritable dialecte d'époque !!

Le saviez-vous ? Le film s'inspire de la véritable histoire du manuscrit de Kells.

Résumé

C'est en Irlande au 9ème siècle, dans l'abbaye fortifiée de Kells, que vit Brendan, un jeune moine de douze ans. Sa rencontre avec Frère Aidan, célèbre maître enlumineur et gardien d'un fabuleux ouvrage enluminé mais inachevé, va l'entraîner dans de fantastiques aventures. Aidan va l'initier à l'art de l'enluminure pour lequel Brendan révélera un talent prodigieux. Pour finir le livre et défiant ses propres peurs, Brendan sortira de l'abbaye pour la première fois et pénétrera dans la forêt enchantée où de dangereuses créatures mythiques se cachent et l'attendent. C'est là qu'il va rencontrer Aisling, la jeune enfant loup qui l'aidera tout au long de son chemin...

Analyse de l'oeuvre

Il existe des films qui vous touchent profondément, d'autres qui vous font découvrir la beauté de la poésie, il y a également des films qui vous emportent avec eux pour vous plonger dans leur histoire. Certaines de ces histoires à la délicatesse rare parlent à votre coeur, tandis que d'autres font vibrer leur âme en même tant que la vôtre. Brendan et le secret de Kells est un de ceux là, un de ces films magnifiques à l'histoire délicate qui marque à jamais les plus réfractaires des spectateurs, tout en faisant preuve d'un profond respect pour la richesse du passé. J'ai eu l'immense chance de baigner dans ces richesses patrimoniales mondiales, de travailler avec ces passionnés qui passent leur vie à retrouver, inventorier, préserver et partager des trésors insoupçonnés de l'univers du livre, Brendan et le secret de Kells m'a littéralement subjugué et absorbé dans son univers onirique si parfaitement maîtrisé.

Brendan et le secret de Kells s'inspire en grande partie de l'univers folklorique irlandais tout en peignant une variation de la légende du véritable manuscrit de Kells rédigé en latin au Moyen-Âge par des moines. Non comptant d'être un des plus anciens manuscrits du christianisme irlandais ayant survécu jusqu'à nos jours, le manuscrit de Kells est richement illustré de magnifiques enluminures extrêmement complexes et parmi les plus sophistiquées jamais connues. L'art de l'enluminure, qui veut dire mettre en lumière de par son nom latin et dont les origines lointaines connues remontent à l'Egypte antique, consiste à agrémenter les pages d'un ouvrage, généralement un manuscrit, d'ornements et de dessins en couleurs réalisés à partir de pigments naturels de toutes sortes, parfois rehaussés d'argent ou surtout d'or. Certaines d'entre elles pouvant aller jusqu'à ressembler à de véritables peintures mais à la taille d'une page, faisant de cet art l'ancêtre de la peinture occidentale. Ce travail ayant nécessité des années, voire même des décennies pour être mené à terme avec parfois plusieurs "pictores" et autres spécialistes qui se succédaient (comme le montre d'ailleurs le film).

C'est d'ailleurs pour cette raison que de nos jours le livre est souvent considéré comme un objet précieux dont il faut prendre grand soin. Dans l'ancien temps, détenir un livre devenait une preuve de la richesse de son détenteur. Rares sont les personnes aujourd'hui à avoir une considération quelconque pour un livre, encore plus rares sont ceux qui voient un intérêt à admirer de vieux bouquins "moyenâgeux" derrière la vitrine d'un musée. J'ai eu cette chance d'en voir passer plusieurs entre mes mains, de les admirer, de les scruter et de comprendre l'immense travail accompli par ces personnes de notre lointain passé pour réaliser des ouvrages qui ont su traverser les millénaires sans perdre ni l'éclat de leurs couleurs, ni ternir l'intérêt de ces antiques et vénérables codices.

Tout Brendan et le secret de Kells respire ce profond respect pour le manuscrit de Kells. Rien que son esthétique semble vouloir emmener le spectateur dans une enluminure géante. Que ce soit au niveau des décors d'arrière-plan ou d'avant plan, qui semblent tout droit sortis d'un livre, ou bien des personnages qui semblent quand à eux avoir pris vie en dehors de la lettrine ou la miniature d'où ils ont été tirés, l'identité visuelle est donc la première force du film. Elle est capable de happer le spectateur avant même qu'il ne commence à s'intéresser à l'histoire. Cette richesse visuelle est magnifiquement accompagnée par une composition musicale magistrale. Entre folkorisme et modernisme, entre universalité et sonorité irlandaises, Bruno Coulais livre une partition inoubliable au film. Mon seul regret allant à l'unique chanson du film qui est interprétée en anglais aussi bien dans la version originale que dans la version française. Certes, elle permet d'être plus compréhensible pour le public, mais j'aurais sans doute préféré entendre une chanson à la langue indéfinissable (comme le fait par exemple La légende du Cid, le film d'animation espagnol), ou bien en latin par exemple. Cela aurait magnifié d'autant plus la très belle séquence qui accompagne la chanson dans Brendan et le secret de Kells.

Le scénario du film imagine une histoire sur les origines soumises à controverses du manuscrit de Kells, où se mêle réalité et fiction, magie et fantastique, poésie et drame. L'ensemble s'avère particulièrement cohérent, en mettant en scène une part de vérité et une part d'allégorie. Le monastère, ainsi que son immense tour, sont ainsi inspirés de la véritable abbaye de Kells, situé à environ 65km au nord de Dublin. L'abbaye fut d'ailleurs régulièrement pillée par les Vikings, mais les moines parvinrent cependant à garder précieusement les quatre évangiles contenu dans le manuscrit de Kells. Le précieux manuscrit fut malheureusement volé, et on ne le retrouva que deux mois plus tard sans sa couverture. Brendan et le secret de Kells donne d'ailleurs une explication à cette situation en mettant en cause les Vikings et leur soif de l'or. Le temps des vikings, qui possédait un royaume au sud de l'Irlande à cette époque là, est en effet marqué par des raids inattendus et particulièrement sanglants dans les monastères chrétiens. L'esthétique des Vikings dans le film fait d'ailleurs froid dans le dos, Brendan et le secret de Kells virant au tragique dès leur apparition à l'écran.

Touchant, bluffant, sensible, Brendan et le secret de Kells est relativement méconnu par le grand public. Il s'agit pourtant d'une oeuvre magnifique, envoûtante et bouleversante qui se doit d'être vivement connue. Cette co-production internationale parvient à réunir tout le savoir faire européen dans le domaine de la narration animée, et à transporter avec lui tous ses spectateurs.

01 avril 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2009)

Brendan (Enfant) : Robin Trouffier 1

Brendan (Adulte) : Emmanuel Garijo 1

Aïdan : Dominique Collignon Maurin 1

Aïsling : Clara Poincaré 1

Abbé Cellach : Féodor Atkine 1

Frère Sergueï : Féodor Atkine 1

Frère Tang : Jim Adhi Limas 1

Frère Léonardo : Marc Pérez 1

Frère Assoua : Lucien Jean-Baptiste 1

Voix additionnelles : Pauline Brunner 1, Nadine Girard 1, Vincent Cappello 1, Corinne Martin 1, Adeline Chetail 1, Christian Peythieu1, Nathalie Duverne 1, Stéphane Roux, Stéphane Fourreau 1, Marina Ziolkowski 1, Fabrice Ziolkowski 1 et Armelle Gallaud 1

Sources : 1 Carton générique TV