Excalibur, l'épée magique / Légende de Camelot : Quelques informations

Légende de Camelot est sorti initialement 15 mai 1998 au Québec et était le premier film qui célébrait alors le 75e anniversaire de Warner Bros. Le film fut rebaptisé différemment pour sa sortie anglophone européenne, The Magic Sword : Legend of Camelot, d'où est tiré son titre français Excalibur, l'épée magique, lorsqu'il est sorti le 14 octobre 1998. Ce long métrage fait aujourd'hui parti des plus gros flops du cinéma d'animation américain.

Le long métrage est dépourvu de doublage canadien, il ne subsiste donc actuellement qu'un doublage exclusivement français.

Résumé

Excalibur, l'épée magique et légendaire du roi Arthur, vient d'être dérobée par le redoutable Ruber qui rêve de prendre le pouvoir du royaume de Camelot. Kayley, une jeune fille intrépide, décide alors avec l'aide de Garret, un jeune écuyer, et de Devon et Cornouailles, un dragon à deux têtes, d'aller à la recherche de l'épée avant qu'il ne soit trop tard...

Analyse de l'oeuvre

Les années 1990 sont une période charnière dans le monde du cinéma d'animation américain. Rien de surprenant pourtant, car Disney pulvérise les records année après année dès La petite sirène en 1989. Tous les studios concurrents se mettent sérieusement à grincer des dents face au bulldozer Disneyen. Pire que ça, c'est même de la jalousie qui va s'immiscer dan le coeur de leurs actionnaires lorsque Le Roi Lion se hisse au sommet du box office de l'année 1994. Dès lors que ces derniers comprennent la masse considérable d'argent à gagner dans un secteur pour lequel ils avaient peu de considération jusque là, ils se lancent tous dans une folle bataille pour réussir à leur tour à percer. Mais n'est pas Disney qui veut. Don Bluth, à cette époque complètement déconsidéré nous sort un Poucelina poussif et sans âme, 20th Century Fox rate le coche avec Les aventures de Zak et Crysta tandis que le Balto de Steven Spielberg, pourtant l'un des meilleurs films de son époque, passe complètement inaperçu du grand public. Un seul studio avait jusque là résisté à cet exercice, Warner Bros, autrefois le grand concurrent de Disney en ce qui concerne les cartoons. Si celui-ci avait bien entendu déjà distribué sous son label plusieurs films d'animation, il s'était surtout contenté de co-productions. Jamais il n'avait cependant encore réalisé son propre film en interne. L'intérêt principal de Excalibur, l'épée magique réside donc dans sa situation : il s'agit du premier long métrage animée pour ce studio !

Je ne reviendrais pas sur la création chaotique de ce long métrage, car ce ne serait que répéter ce que le site Planète-Jeunesse a déjà très bien expliqué auparavant et dont je vous invite à aller consulter l'analyse de ce pas. A la place, je préfère vous démontrer à quel point cette situation inconfortable lors de production a conduit à un film d'animation caduque, désordonné et confus. Car Excalibur, l'épée magique manque cruellement de cohésion, il ne semble jamais se décider sur ce qu'il est veut apporter au spectateur. Cruel paradoxe, malgré une histoire passablement dispensable, tout comme faussement compliquée (alors qu'elle reprend des idées au roman « The King's Damosel » inspirée d'une légende arthurienne et écrite en 1976 par Vera Chapman), le long métrage parvient tout de même à se révéler quelquefois attachant. Pourtant, le film passe surtout son temps à construire son intrigue en piochant des éléments et des idées sans trouver le juste équilibre ni la moindre consistance. Si bien que d'un bout à l'autre, Excalibur, l'épée magique semble construit par de nombreuses séquences indépendantes simplement reliées par un bien trop mince élément conducteur : ramener Excalibur à Arthur. Point à la ligne.

On retrouve ce problème de cohésion à tous les niveaux dans le film. Du côté de l'animation par exemple, le film alterne entre des scènes magnifiquement animées, avec un design inspiré et des arrières plan riches en détail, tandis que d'autre fois, Excalibur, l'épée magique part dans des délires visuels aussi pauvres qu'inintéressants à regarder. Sans compter les erreurs manifestes (apparition et disparition de petits détails, dont la plus agaçante est le clignotement des pupilles des yeux des personnages) Quand le long métrage de Warner a épuisé ses maigres propres idées, il va jusqu'à recycler des scènes piquées à la concurrence. On s'étonnera à peine de voir Kayley courir à travers une forêt glauque comme Blanche-Neige, de faire ouvertement penser à Albéric et sa forme maléfique pour le duo Ruber/Griffon, de découvrir un dragon bicéphale excentrique multipliant les transformations improbables comme le Génie, de suivre une cérémonie magique autour d'un gouffre comme le faisait le Prince des Ténèbres devant son chaudron magique, sans oublier d'entendre un aigle qui a strictement la même voix qu'Abu. Des exemples comme ça, il y en a à la pelle dans ce long métrage. La bande originale ne connaît pas meilleur traitement puisqu'elle n'a, elle non plus, absolument aucune uniformité. Excalibur, l'épée magique, s'ouvre sur une chanson à peine déguisée rappelant fortement le Cycle de la Vie, Ruber nous chante son plan machiavélique de la même façon que Scar, Kayley nous raconte qu'elle souhaite une nouvelle vie comme Belle, tandis que le duo vedette nous ressortira l'obligatoire chanson romantique au moment où les tourtereaux apprennent à mieux se connaître. Du pur plagiait disneyen en somme.

Malgré ce constat, tous ces éléments combinés ne font pas de Excalibur, l'épée magique un mauvais film. Même si l'animation est inégale, reconnaissons que le long métrage est relativement soigné dans l'ensemble. Les personnages sont agréables à regarder, leur animation est fluide. Parmi les originalités du film, accordons même une excellente note à Garrett, premier héros animé aveugle que je connaisse jusqu'à présent, traité avec justesse comme un égal de tous les autres personnages. Hormis quelques séquences franchement inutiles à l'intrigue, l'enchaînement des scènes se passent sans heur et le film s'offre même parfois de belles mises en scène. L'utilisation des séquences animées par ordinateur est également très judicieuse puisqu'elle se confond parfaitement avec le design général du long métrage. Malgré leur globale inutilité dans le récit (particulièrement « Si je ne t'avais pas »), lorsque l'on se prend d'envie de considérer les chansons du film comme complètement autonomes par rapport à l'intrigue, alors plusieurs d'entre elles vont longtemps vous rester en tête comme « Moi, je vis seul », « Je vois tout ça dans tes yeux » ou encore « Les chevaliers de la table ronde ». C'est regrettable que la plupart d'entre elles n'aient pas de légitimité particulière, sans compter l'incohérence manifeste avec ce qui se passe à l'écran, à l'image de « Tendez-lui la main », une belle chanson pleine de mélancolie qui accompagne pourtant... une course poursuite effrénée ! Tout cela semble peu logique, n'est-il pas ?

Tout cela combiné me conduit à vous informer que Excalibur, l'épée magique manque de consistance, de cohérence et, surtout, d'explications. Le scénario du film nous laisse globalement dans le flou le plus total sur les buts et aboutissement des protagonistes du récit qui nous sont pour la plupart à peine présentés. On lui concédera cependant d'être dans l'ensemble relativement bien animé, de proposer quelques belles chansons et de proposer un duo de personnage finalement attachant. Au final Excalibur, l'épée magique est simplement un film mal né, mal conçu, foncièrement imparfait et, surtout, un véritable acte manqué en raison du peu de considération des décisionnaires à son encontre.

15 janvier 2016 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1998)

Kayley Adulte : Julie Turin 1 (Dialogues)

Kayley Adulte : Bénédicte Lécroart 1 (Chant)

Kayley Enfant : Kelly Marot 1

Garrett : Emmanuel Curtil 1 (Dialogues)

Garrett : Michel Chevalier 1 (Chant)

Devon : Alain Chabat 1

Cornouailles : Alain Chabat 1

Sir Ruber : Marc Alfos 1 (Dialogues)

Sir Ruber : Vincent Grass 1 (Chant)

Arthur : Emmanuel Jacomy 1 (Dialogues)

Arthur : Daniel Beretta 1 (Chant)

Griffon : Eric Metayer 1

Brise-Bec : Michel Mella 1

Lady Juliana : Évelyne Séléna 1 (Dialogues)

Lady Juliana : Nathalie Ménardais 1 (Chant)

Sir Lionel : Jean Barney 1

Merlin : Jacques Chevalier 1

Sources : 1Planetejeunesse.com