Happy feet 2 / Les petits pieds du bonheur 2 : Quelques informations

Happy feet 2 est sorti en salle le 7 décembre 2011 en France. Le Québec l'ayant découvert quelques jours plus tôt le 18 novembre 2011 sous le titre de Les petits pieds du bonheur 2. Précisément 5 ans jour pour jour après le premier film des deux côtés de l'Atlantique.

Le film dispose d'une version française et d'une version québécoise.

Résumé

Mumble et Gloria ont désormais un fils, Erik, qui se bat pour découvrir ses propres talents dans le monde des manchots empereurs. Mais de nouveaux dangers menacent la nation des manchots, et tous vont se rassembler - et danser - pour les sauver.

Analyse de l'oeuvre

Contrairement à Happy feet premier du nom, qui a fait une entrée tonitruante dans le monde des films d'animation alors qu'on ne s'y attendait pas, Happy feet 2 était clairement attendu au tournant. Le premier film avait réussit l'exploit d'être si parfaitement équilibré que l'on était en droit d'être plus sceptique vis à vis de sa suite. Et reconnaissons-le, ce film ne commence pas vraiment sous les meilleures auspices avec un début de scénario à peine digne des plus médiocres suites de films Disney conçues pour le marché de la vidéo. Happy feet 2 sent un peu trop la redite durant ses vingt premières minutes, puisqu'on repart d'un même synopsis (un enfant différent renié par la communauté) en mettant simplement en vedette le fils de Mumble. Pour l'originalité, on devra se faire une raison, il n'y en a pas. Pourtant, le film réussit une fois encore à nous happer dans l'intrigue passé le premier tiers du film. Étonnamment, entre les personnages attachants et les chansons entraînantes, Happy feet 2 réussit à réutiliser une formule inchangée tout en mettant plein la vue au spectateur. J'ai même été totalement surpris que mon sentiment général sur ce film change du tout au tout entre le début et la fin !

Ce tour de force, on le doit en premier lieu aux personnages. Si l'on est au début circonspect de voir Gloria et Mumble relégués au second plan au début du film, ce n'est que pour mieux les faire revenir en force ensuite. On retrouve les deux personnages tels qu'on se souvient d'eux, avec leurs caractères propres inimitables. Bien qu'Erik soit dans un premier temps le centre de l'attention, c'est finalement Mumble, le héros du premier film, qui porte à lui seul le scénario dans son entier. On apprécie franchement sa prestance et sa ténacité face au plus grand défi auquel il va devoir faire face : libérer ses semblables d'une mort aussi certaine qu'atroce. On applaudit ensuite le retour des personnages phares de Happy feet, parmi lesquels les cinq compères menés cette fois par un Ramon amoureux. Happy feet 2 offre aussi quelques nouveaux personnages un peu trop prévisibles, mais non dénués de charme à l'image de Sven Puissant ou l'imposant éléphant de mer Bryan. Le film puise ensuite une idée ingénieuse chipée à la saga de L'âge de glace, en créant une histoire parallèle mettant en vedette un couple désormais culte : Bill et Will les deux krills. Totalement déphasés par rapport à ce que vie Mumble, le duo est comique au possible. Tout comme Scrat avant eux, Bill et Will vivent leur vie en parallèle en offrant des moments de pur délire, tout en étant indirectement la cause de nombreux évènements qui découlent de leurs maigres actions. Ils valent même à eux seuls de regarder le film.

L'autre force de Happy feet 2 vient inévitablement de sa partition musicale. Cependant, un détail va surprendre les amoureux du premier film, plusieurs d'entre eux vont même certainement crier au scandale, le film fait le choix de traduire en français toutes les chansons. Ce qui n'était pas le cas dans Happy feet, dont les chansons étaient restées en version originale. Si j'admets que c'est un peu déstabilisant au début, je trouve que ce choix artistique est finalement pertinent. D'un, elle rend le film beaucoup plus accessible aux réfractaires de la langue de Shakespeare, et de deux, l'adaptation est vraiment très bien maîtrisée, autant que ce que l'on attendrait d'un long métrage de Disney. Vous imaginez donc la qualité globale qui se veut de très haut niveau. Entendre chanter en français ne retire d'ailleurs pas non plus ni la saveur, ni l'ambiance résolument gospel de Happy feet 2. Seul Erik, dans la version française, fera trembler vos tympans lorsqu'il aura la mauvaise idée de pousser la chansonnette.

Il y a toutefois de petites imperfections dans Happy feet 2, reléguant immédiatement le film à la seconde place derrière son prédécesseur. Il donne le sentiment de toujours vouloir en faire plus, il fait donc trop. Autant le message écologique du premier film se noyait dans la masse autrefois, autant ici il est trop lourd. Sans compter que les êtres humains (de vrais comédiens) se sont multipliés comme des petits pains, intervenant même dans l'action, pour au final n'avoir servi à rien du tout. Cette fois, Happy feet 2 dessine un portrait inverse des humains de Happy feet, ils n'apportent aucun espoir aux manchots qui doivent ce coup-ci se débrouiller tout seul. Pire, ils les font sombrer un temps dans la panique et la dépression. Heureusement qu'il y a Mumble pour reprendre la situation en main !

En fin de compte, Happy feet 2 est incontestablement une bonne suite mais qui en fait peut-être un peu trop. Deux fois plus de musiques, deux fois plus épique, deux fois plus d'effets spéciaux (dont les effets 3-D récurrents), deux fois plus de rythme, deux fois plus de charme, mais le film atteint malheureusement trop vite ses limites. A trop vouloir en faire, on risque de perdre certains spectateurs en route. Il n'empêche que si vous vous laissez envahir par ce film passé le cap des vingt premières minutes, vous ne serez pas du tout déçu du voyage. Entre les images magnifiques, la bande son entraînante, et surtout les deux énergumènes que sont les krills, Happy feet 2 s'en sort avec les honneurs. Il ne s'agit certainement pas du meilleur film d'animation de 2011, mais il remplit parfaitement son rôle en divertissant tout le monde. Et ça, ce n'était pas gagné d'avance.

19 avril 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2011)

Mumble : Martin Watier 1

Gloria : Éveline Gélinas 1

Erik : Xigo Yi Hernan 1

Will : Gilbert Lachance 1

Bill : Jean-François Beaupré 1

Noah : Patrice Dubois 1

Seymour : Paul Sarrasin 1

Carmen : Valérie Gagné 1

Sven d'Amour : Carl Béchard 1

Lovelace : Thiéry Dubé 1

Nestor : Manuel Tadros 1

Lombardo : François L'Écuyer 1

Atticus : Vassili Schneider 1

Rinaldo : Benoit Éthier 1

Miss Viola : Julie Burroughs 1

Ramon : Frédéric Desager 1

Raul : Yves Soutière 1

Doublage français d'origine (2011)

Mumble : Clovis Cornillac 2

Gloria : Amel Bent 2

Bill : Damien Boisseau 2

Will : Jean-Pierre Michael 2

Nestor :  Cédric Dumond 2

Carmen : Ethel Houbiers 2

Ramon : Anthony Kavanagh 2

Noah le sage : Fabien Cartry 2

Miss Viola : Brigitte Virtudes 2

Norma Jean : Sophie Marceau 2

Sven Puissant : Max Boublil 2