Il était une fois : Quelques informations

Le film est sorti à peu près au même moment dans le monde. Le 21 novembre 2007 au Québec, le 28 novembre 2007 en France et le 13 décembre 2007 en Belgique.

Pour une raison totalement inconnue, et invraisemblable, le film a d'abord été classé en tant que numéro 92 dans la liste numérotée française. Finalement, à partir de mars 2008, ce dernier s'est vu retiré son numéro. Il ne fait donc absolument plus partie de la collection numérotée, et n'est donc plus un produit dérivé de celle-ci. Cependant, ayant réalisé cette analyse avant ce changement, j'ai volontairement déplacé le film dans cette section du site, plutôt que de l'effacer totalement.

Résumé

Giselle, une ravissante Princesse, est expulsée du royaume enchanté par une sorcière maléfique qui redoute par dessus tout que son beau-fils ne l'épouse, et devienne roi. Elle échoue dans le monde réel, à Manhattan. Là-bas, elle tombe amoureuse d'un brillant avocat. Le problème, c'est qu'elle est déjà promise au Prince dans son royaume.

Analyse de l'oeuvre

Il était une fois marque une quintuple ambition, rien que ça ! A la fois film d'animation en 2D, 3D, film musical, film réel et comédie, il semble être le panaché total et exclusif du monde de Disney par Disney lui-même. Une entité unique se dégage de l'oeuvre, dont chaque plan, chaque séquence rappelle tout ce que Disney a fait durant 70 ans.

Hélas, tout est loin d'être parfait dans ce tableau idyllique. Bien que le film d'animation en 2D refait un retour triomphal sur grand écran après La ferme se rebelle en 2004, un manque de détails cruel détruit la magie de ces séquences. Alors que l'animation des personnages est très réussit, leurs traits se veulent moins parfait que ce que l'on aurait espéré de Disney. Du côté des animaux, c'est même pire qu'une série animée d'un petit studio indépendant. Ce n'est évidemment pas un calvaire pour les yeux, mais l'incroyable graphisme du Bossu de Notre-Dame démontrait une puissance inégalé de Disney dans le domaine de la 2D, encore aujourd'hui dix années plus tard. Il était une fois est plus une régression qu'une bonne surprise dans ce domaine. Même La ferme se rebelle s'en tirait à meilleur compte. L'aspect 3D du film ne fait malheureusement pas beaucoup mieux. Parfois trop évident, parfois trop tirés par les cheveux, certaines séquences ont réellement beaucoup de mal à s'intégrer dans la pellicule. Les décors 3D dans la séquence d'ouverture n'ont quasiment pas évolués depuis Tarzan en 1999 (c'est quasiment la même technique employée), ce qui fait qu'au final nos héros 2D semblent flotter dans un décors en 3D, mais pas dans une véritable harmonie. Quand à la séquence finale du film, elle dégage un goût d'inachevée, et un manque de soin des détails auquel Disney nous avait jusque là toujours habitués.

Musicalement, le film s'en sort relativement mieux, même si l'on regrette ce faux air de parodie qui plane au dessus du long métrage d'un bout à l'autre. Quelques chansons feront certainement sourire, mais aucune d'entre elles ne resteront gravé dans vos mémoires. Ce qui est d'autant plus regrettable que c'est l'inestimable Alan Menken qui en signe la bande originale. Le film se termine heureusement par une superbe ballade, bien plus alléchante que la soi-disant "chanson du film" qui se trouve au milieu. L'aspect film réel se rapproche énormément de Mary Poppins ou de Peter et Elliott le Dragon dans sa conception, particulièrement lorsque tout ce petit monde se met à chanter et à danser dans tous les sens. Heureusement, ce coup-ci, Disney ne tombe pas dans l'excès, et on apprécie cet aspect sans trop broncher, même les plus réfractaires comme moi. Seule la séquence autour de la chanson "Comment Savoir" risque de vous donner des sueurs froides, mais reste tout à fait accessible aux allergiques.

Le film n'échoue cependant pas sur tous les tableaux. Le dernier aspect du film, à savoir la comédie, réussit à arracher quelques sourires. On reste émerveillé par certains clins d'oeil franchement cocasses et le culot de certaines séquences vraiment bien filmées. La comédie repose quasi-exclusivement sur les épaules de Giselle, ce qui en fait une héroïne Disney immédiatement attachante. Il s'agit, de plus, de la première à affronter le monde réel. Ses émotions exacerbées, son romantisme maladif et ses crises de larmes compulsifs en font une princesse irrésistible. Probablement même la plus belle réussite de ce film. Amy Adams fait une Giselle perdue dans un monde hostile plus vrai que vrai. Le prince s'en sort lui-aussi plutôt bien, mais pas dans son jeu d'acteur carrément inconcevable ! Non, son rôle n'est réellement pas terrible, mais James Marsden semble complètement investi par le personnage, et s'amuse à délirer d'un bout à l'autre de ses scènes. Un grand rôle de comique qu'on n'avait pas revu chez lui depuis la série Ally McBeal (où il chantait également d'ailleurs).

A défaut Patrick Dempsey, fait pale figure dans le rôle de l'avocat Robert. Complètement dépassé par les évènements, c'est définitivement lui qui aura besoin d'être sauvé, et non l'inverse. Vient ensuite Timothy Spall dans le rôle de Nathaniel, sympathique mais sans plus. Timothy ne changeant pas réellement de genre que son rôle dans Harry Potter. Dommage. Mais la grosse déception du film reste la misérable garde robe et la trop peu effrayante Susan Sarandon qui n'arrive à aucun moment à donner vie à la soi-disant redoutable belle mère/sorcière maléfique Narissa. Elle en arrive presque à la caricature extrême et non agréable du personnage. La célèbre Sorcière Noire de la saga italienne La caverne de la rose d'or (1991 à 1996) s'en sortait admirablement bien mieux dans le même genre de parodie de méchante sorcière. Le film manque également cruellement d'enfants, qui depuis toujours tenaient les premiers rôles dans les comédies musicales avec acteurs de Disney. Il n'y en a qu'une ici, qui n'a d'ailleurs aucune scène forte, et ne servant d'ailleurs pas du tout l'histoire.

Reste enfin le scénario, probablement le plus gros défaut de Il était une fois Se basant volontairement sur le classique conte de fée, celui-ci ne s'écarte malheureusement à aucun moment des clichés du genre. Prévisible dès les premières minutes dans New York, ce film fera fuir à toutes jambes la gente masculine, jusqu'ici habitués à de vrais séquences d'action musclés par les princes comme Philippe ou Eric ainsi que la Bête. Ils ne se rattacheront ici à rien du tout. Les rôles étant d'ailleurs inversés. Toutes ces dames et demoiselles étant les seules et uniques héroïnes du film. Les personnages masculins ne servant au final que de faire valoir. Frustrant. Il était une fois s'adresse donc malheureusement aux très jeunes filles et leurs mamans. Les fans inébranlables de Disney seront tout de les seuls aptes à apprécier le film, qui seront les seuls à rendre homage à tout le savoir faire de Disney depuis de nombreuses décennies. Il était une fois n'est pas malheureusement pas le renouveau de Disney, ni le faire valoir de tout le savoir faire du groupe. Ce n'est que l'immense chantier d'un talent perdu, qui essaie de nous faire croire que Disney est de retour, et qui démontre que notre compagne préférée est loin d'être de retour dans ses valeurs initiales.

Il était une fois reste simplement un beau film de Noël à voir sans en attendre beaucoup en retour. Une bonne occasion pour se vider l'esprit après une rude journée, mais définitivement pas le retour au savoir faire de Disney, qui fut autrefois une référence mondiale. Son problème ? Être un film d'acteur sans doute, la magie ne passe pas. Quel dommage.

13 décembre 2007 par Olikos