Joseph, le Roi des rêves : Quelques informations

Joseph, le Roi des rêves est paru exclusivement sur le marché vidéo, au Québec le 7 novembre 2000, et plus d'un an plus tard en France, le 21 novembre 2001.

Tout comme les films précédents, il n'existe pas de doublage québécois de ce film. Dreamworks n'ayant que tardivement pris l'habitude de le faire avec Bee Movie - Drôle d'abeille.

La saviez-vous ? Tout comme Moïse, Joseph est aussi un personnage biblique. De fait, ce long métrage est censuré dans certains pays dont leur religion s'oppose à toute représentation d'un personnage biblique aussi bien dans les livres, la peinture, la sculpture qu'au cinéma.

Résumé

Joseph, dernier enfant d'une famille nombreuse, est victime de la jalousie de ses onze frères qui le vendent sur le marché aux esclaves. Sa seule richesse est son pouvoir extraordinaire de voir le futur dans ses rêves. Ce don va le rapprocher du Pharaon qui lui demande d'interpréter ses rêves royaux. Grâce à ses visions, il va sauver l'Egypte et devenir un héros national. Riche, célèbre et amoureux, va-t-il accorder le pardon à ses frères ?

Analyse de l'oeuvre

Voici un film qui fait figure d'exception dans le catalogue de Dreamworks Animation SKG car c'est le seul et unique long métrage spécialement conçu pour le seul support vidéo ! Réalisé dans la foulée du succès de Le Prince d'Égypte, le film convie pourtant dans la version originale de grands noms du cinéma américain tel que Mark Hamill, Ben Affleck ou encore Jodi Benson pour n'évoquer que les plus connus du public francophone. A la manière de son aîné, Joseph, le Roi des rêves choisit de présenter au public un évènement relaté dans la Bible, mais qui se déroule antérieurement aux évènements vécus par Moïse et le peuple hébreux. D'une certaine manière, à défaut d'une suite, il s'agit donc d'une préquelle qui raconte un évènement qui s'est déroulé bien des siècles auparavant. L'équipe de réalisation étant plus ou moins la même, on retrouve donc une forte similarité entre les deux films d'animation produits par Dreamworks. Seul le rendu visuel et l'animation trahissent véritablement le faible budget de Joseph, le Roi des rêves. Mais dans les grandes lignes les amateurs - tout comme les réfractaires - de Le Prince d'Égypte retrouveront les mêmes forces et les mêmes faiblesses narratives.

Avant d'évoquer le film en lui-même parlons un peu du personnage dont il s'inspire. Joseph est un personnage important du Livre de la Genèse, cependant il est beaucoup moins connu du grand public que Moïse. Ce dernier a été rendu populaire tout particulièrement dans Les Dix Commandements réalisé par Cecil B. DeMille en 1956, avec Charlton Heston dans le rôle principal. Joseph n'a pas eu la même chance de figurer dans un péplum historique connu à travers le monde. Du coup, pour les besoins du film, le scénario de Joseph, le Roi des rêves ne conserve que l'essence du récit d'origine, écartant au passage plusieurs faits moins marquants. Le récit recours donc régulièrement aux ellipses pour faire avancer rapidement l'intrigue, particulièrement durant les chansons. Dans les faits, ne sont ainsi conservés que : la naissance de Joseph, considéré comme l'enfant du miracle car sa mère était dans l'incapacité jusqu'à lui de pouvoir donner la vie ; la haine profonde de ses frères car leur père en avait fait son unique favori ; la capacité d'interprétation des songes de Joseph ; la trahison des frères qui le vendent comme esclave ; l'emprisonnement de Joseph suite à un mensonge ; sa réhabilitation et sa promulgation comme vice-roi ; la famine évitée en Égypte ; la duperie et enfin la réconciliation finale. Vous me direz que cela fait déjà beaucoup de choses pour un seul homme, particulièrement dans un film d'animation !

L'esthétique de Joseph, le Roi des rêves reprend plus ou moins les traits adoptés dans Le Prince d'Égypte. Les personnages conservent donc des visages anguleux, une caractéristique inverse à la rondeur plus habituelle du concurrent Disney. L'animation souffre quelquefois de saccade, plus particulièrement lorsqu'un personnage se met à courir. Les traits sont également moins précis tout comme le détail sur les costumes et habits des personnages sont moins recherchés. Les décors peinent également à remplir l'écran, se contentant même parfois de jouer les abonnés absents. Dans les faits cependant, surtout lorsque l'on considère que Joseph, le Roi des rêves a été conçu exclusivement pour le marché vidéo, le rendu visuel s'en tire avec les honneurs. Quand on pense à Cendrillon 2 ou encore Le Bossu de Notre-Dame 2, le film s'avère même meilleur à ces deux là ! Si l'aspect visuel est sans aucun doute son point faible, le long métrage se rattrape heureusement plutôt bien du côté de sa bande originale, où l'on retrouve le même style musical que dans son aîné. Les chansons sont un petit peu moins nombreuses et servent avant toute chose à assurer la transition entre deux moments importants du film. On relèvera surtout l'étonnant contraste qui existe entre le côté très festif des chansons et les propos du récit qui sont très durs et sans concession pour les personnages. Pour la version francophone, on applaudira de retrouver exactement les mêmes choristes que dans Le Prince d'Égypte. De fait, le rendu audio global est plus que satisfaisant.

Au final, que l'on soit croyant ou non, pratiquant ou non, ou tout simplement athée, tout un chacun s'accordera pour dire que Joseph, le Roi des rêves n'utilise aucun subterfuge tendant à gommer sa thématique basée sur la religion, plus particulièrement le pardon. Pour autant, il n'est pas non plus un film de propagande pro-religieux (c'est même un peu moins appuyé que dans Le Prince d'Égypte), puisqu'il peut très bien être apprécié en ne tenant pas compte de cet aspect. Vous aurez même l'occasion de saluer l'importance accordée aux rôles féminins, tout particulièrement Asenath qui n'hésite pas à défier Pharaon ou à critiquer vivement les décisions prises par Joseph contre ses frères.

5 juin 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2000)

Joseph : Damien Boisseau  1 (Dialogues)

Joseph : Richard Rossignol  1 (Chant)

Jacob : William Sabatier  1 (Dialogues)

Jacob : Jean Vallée  1 (Chant)

Asenath : Valérie Karsenti  1 (Dialogues)

Asenath : Bénédicte Lécroart  1 (Chant)

Rachel : Frédérique Tirmont  1 (Dialogues)

Rachel : Brigitte Virtudes  1 (Chant)

Zuleika : Véronique Augereau  1

Potiphar : Pierre Dourlens  1

Siméon : Guy Chapelier  1

Premier prisonnier : Michel Fortin  1

Second prisonnier : Patrice Dozier  1

Reuben : Pierre-Francois Pistorio  1

Lévi : Constantin Pappas  1

Pharaon : Philippe Catoire  1

Judah : Nicolas Marié  1

Issachar : Lionel Tua  1

Benjamin : Sébastien Desjours  1

Marchand escroc : Philippe Dumat  1

Choeurs : Michel Barouille 1 , Daniel Beretta 1 , Patrice Schreider 1 , Jean-Jacques Cramier 1 et Alain Legros 1

Voix additionnelles : Gabrielle Bonavéra 1 , Paul Borne 1 , Laurence Bru 1 , Karine Foviau 1 , Estelle Simon 1 , Jean-Bernard Guillard 1 , Sylvain Lemarié 1 , Céline Mauge 1 , Marc Moro 1 et Christophe Peyroux  1