Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance

Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance est sorti le 20 juillet 2012 en Europe et le 31 juillet 2012 en Amérique du Nord exclusivement sur Nintendo 3DS. Au Japon, le jeu est paru le 29 mars 2012. C'est le premier jeu de la franchise qui se déroule après tous les autres opus de la saga.

Le jeu fut annoncé à la surprise générale lors de la 16e édition de salon E3 en 2010 et n'était, parait-il, pas prévu dans le planning de Tetsuya Nomura. Ce serait une demande de Nintendo auprès de Square-Enix de développer un jeu exploitant les capacités de la 3DS qui aurait poussée le studio à produire ce nouvel épisode spécifiquement dédié à cette console.

Résumé

Sora et Riku doivent entrer dans le Domaine des Rêves afin de passer l'examen final permettant d'obtenir le Symbole de maîtrise et ainsi devenir enfin des Maîtres de la Keyblade. Leur passage dans le Domaine des Rêves va également leur permettre d'acquérir un nouveau pouvoir essentiel. Malheusement leur quête va être compromise par Xéhanort qui semble ressurgir sans prévenir de leur passé.

Analyse de l'oeuvre

Brillante saga devenue extrêmement dense en une décennie, Kingdom Hearts s'est aussi mué au fil du temps en une franchise particulièrement coûteuse pour les fans puisque chaque nouveau volet a réclamé l'achat d'une nouvelle console du marché. Playstation 2, Game Boy Advance, DS, PSP... et il faut désormais compter sur la 3DS pour se livrer aux joies de Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance. Non content de ça, chacun des épisodes, soit disant en marge de la saga principale, s'est révélé absolument indispensable à acheter afin de pouvoir avoir toutes les clefs en main et comprendre la complexité de l'histoire. Et quand bien même Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance s'efforce de résumer les grandes lignes à des moments propices de l'aventure, le nouveau joueur qui prendra pour la première fois la main sur ce titre ne comprendra absolument rien ! Car chaque nouveau volet apporte certes de nouvelles réponses, mais il entraîne derrière lui encore plus de questions. Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance ne déroge pas à la règle, mais il s'efforce tout de même d'unifier les diverses ramifications de 358/2 Days, Birth by Sleep et Coded afin d'en offrir un scénario cohérent, quitte à remettre en cause l'ensemble de nos idées reçues. Car oui, qu'on retienne l'information, Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance remet bel et bien en cause certaines choses que l'on pensait acquises dans le tout premier volet paru en 2002. Une manière fort habile de fêter dignement le dixième anniversaire de la saga avec ce nouvel épisode.

Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance marque également une plus franche rupture avec Disney. Si l'on sentait déjà que l'univers de Kingdom Hearts s'affranchissait de cette originalité, ce nouvel opus confirme franchement la tendance. Sur les sept malheureux univers traversés, seulement six sont inspirés de Disney. Un peu plus gênant, seuls trois d'entre eux (disons même deux et demi), sont réellement nouveaux. Les autres n'étant que des extensions ou des réinvention d'univers déjà abordés autrefois dans les précédents épisodes. On ressent ainsi que les univers de Disney ne sont désormais devenues que des prétextes indispensables à la franchise, et que ses personnages ne font plus que subsister pour la forme. On croise certes de grands personnages des films de Disney, mais jamais ils ne viendront en aide à Sora ou Riku. Impossible de ne pas se sentir désolé en se remémorant Mulan, Tarzan ou la Bête qui combattaient à nos côtés autrefois. Et les avales-rêves font bien pâle figure en comparaison. Pourquoi n'avoir pas imaginé des avales-rêves inspirés des seconds rôles des films Disney par exemple ? Ils sont certes adorables, quoi que trop ressemblant à des Piñatas, offrent une dimension stratégique intéressante, et permettent des invocations parfois dévastatrices, mais tout de même, ils manquent cruellement de charisme.

Heureusement, chacun de sept mondes parvient à une certaine originalité qui nous donne réellement envie de poursuivre l'aventure. Et ceci grâce à l'excellence du rendu du jeu, le plus beau jeu de la 3DS assurément (encore plus beau sur 3DS XL soit dit en passant) et à la jouabilité explosive de Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance. Combinant et améliorant avec brio tous les meilleurs éléments de jouabilité des précédents jeux de la franchise, Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance se permet même d'innover en exploitant à fonds les possibilité offertes par la 3DS. J'en retiendrais surtout trois. La première aptitude vraiment pratique est le mode fluidité. Sora et Riku peuvent en effet prendre appui sur quasiment tous les éléments du décors pour déclencher des attaques dévastatrices sur les adversaires. Cette technique est peut-être même trop pratique, dans la mesure où elle permet très souvent de se sortir de situations tendues, y compris avec certains boss. Le mode fluidité a également le gros avantage de permettre la résolution des problèmes de caméra, habituels de la franchise (qui est normalement résolue avec l'extention Circle Pad Pro, non testé pour ma part). Notons également que les combats sont beaucoup plus faciles avec ce titre que les précédents, principalement grâce à la technique de fluidité si elle est correctement utilisée et qui permet d'en terminer plus rapidement avec des adversaires récalcitrants.

La seconde est l'altération du réel. Celle-ci est entièrement propre à chaque monde visité, et met l'écran tactile de la 3DS à contribution. Elle impose un certain rythme, une condition particulière, ou de suivre scrupuleusement ce qui est affiché pour se déclencher. Cette technique est totalement aléatoire et ne peut pas être déclenchée quand on veut. Mais en dépensant correctement ces PP ou en s'équipant de la bonne Keyblade, on peut augmenter ses chances d'utilisation de l'altération du réel.

La troisième particularité du titre, et sans doute la plus contraignante (au début du jeu surtout), est la jauge de passage. Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance impose en effet régulièrement de passer de Sora à Riku alternativement sur des périodes de temps imposées. Au début du jeu, la jauge de passage est réellement pénible, car elle se déclenche obligatoirement sans qu'on puisse rien y faire. Certes, on peut à tout moment revenir sur le personnage précédent, mais devoir entièrement recommencer un combat de boss alors qu'on allait lui infliger le coup de grâce juste avant, il y a vraiment de quoi en être frustré. Pourtant, au fur et à mesure que l'aventure se poursuit, et pourvus que vous ayez habilement dépensé vos PP pour allonger ses périodes de transition, les passages entre Sora et Riku permettent d'aborder le scénario de la meilleure des manières qui soit. Il est d'ailleurs plus intéressant de visiter exactement les mêmes mondes avec chaque personnage, plutôt que de partir à la découverte d'autres univers trop tôt, afin de bien suivre la chronologie des évènements.

Parce qu'il faut bien se faire à cette idée, Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance a une trame tout aussi tarabiscotée que les jeux qui l'ont précédé. Et si Birth by Sleep piochait dans la mythologie Star Wars, celui-ci fleurte avec le film Inception de Christopher Nolan. Je conseille d'ailleurs d'avoir eu l'occasion de voir ce film pour arriver à comprendre en partie la trame complexe de Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance, qui repose sur le même principe de personnes entrant dans le rêve des autres afin d'en retirer des informations cachées dans le subconscient. Le jeu s'inspire aussi très nettement de Voldemort et ses horcruxes, le parallèle est flagrant si vous avez lu les romans de J.K. Rowling. Bref, c'est un titre à ne pas mettre entre toutes les mains, et encore moins à ceux qui n'ont jamais mis la main sur un seul épisode de la franchise Kingdom Hearts. Loin de répondre à nos immenses questions, Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance se contente une fois encore de brouiller les pistes et de soulever encore plus de questions qu'avant. Car même à la toute fin du jeu, nos héros partent à nouveau chacun vers de nouvelles aventures. A quand donc le dénouement de cette saga qui nous dévoilera enfin le fin mot de cette passionnante mais trop compliquée histoire ? Parce qu'en fin de compte Tetsuya Nomura semble surtout donner l'impression d'inventer au fur et à mesure, et de combler des lacunes par de nouvelles théories toujours plus compliquées.

En dernier mot, signalons qu'une fois encore Kingdom Hearts 3D - Dream Drop Distance bénéficie du doublage exclusivement anglais et du sous-titrage en plusieurs langues (dont le français bien entendu) établit selon le paramétrage de la console.

16 août 2012 par Olikos