Kingsglaive - Final Fantasy XV : Quelques informations

Kingsglaive - Final Fantasy XV est annoncé en exclusivité mondiale le 31 mars 2016, puis sort en salle au japon le 9 juillet 2016. La version francophone sort dans un premier temps en exclusivité VOD au Québec le 19 août 2016, puis en DVD et Blu-ray le 30 septembre 2016 en France.

Le long métrage fait parti d'un ensemble de produits transmédias destinés à promouvoir la sortie du jeu vidéo Final Fantasy XV qui sort le 29 novembre 2016 sur Playstation 4 et X-Box One.

Résumé

Le royaume magique de Lucis abrite le Cristal sanctifié, mais l'empire menaçant de Niflheim ne reculera devant rien pour s'en emparer. La guerre a fait rage entre les deux camps aussi loin qu'on s'en souvienne. Le Roi Regis de Lucis commande le Kingsglaive, une force d'élite de soldats. Maniant la magie de leur roi, Nyx Ulric et ses compagnons glaives défendent la cité d'Insomnia, combattant l'avancée inexorable de l'armée impériale de Niflheim. Face à l'écrasante puissance militaire de l'empire, le roi Régis ne peut sauver son royaume qu'en acceptant un ultimatum : il doit céder toutes les terres hors de la cité, et laisser son fils, le prince Noctis, épouser Lady Lunafreya, l'ancienne princesse de Tenebrae et désormais captive de Niflheim. Alors que la guerre fait rage, les machinations de Niflheim transforment Insomnia en un colossal champ de bataille, propulsant Nyx dans une lutte pour la survie même du royaume...

Analyse de l'oeuvre

La troisième fois est-elle la bonne ? C'est la question que l'on est en droit de se poser quand il s'agit de Squaresoft (aujourd'hui Square-Enix). Le géant du divertissement japonais est en effet un véritable pionnier de l'imagerie numérique réaliste depuis, véritablement, la sortie de Final Fantasy VIII en 1999 même s'il s'était déjà intéressé à la question auparavant. Tous ceux qui avaient une Playstation cette année là se souviennent obligatoirement de l'inoubliable ouverture du jeu, mêlant une mise en scène virtuose à une musique gravée à jamais dans les mémoires Liberi Fatali. Étalé sur quatre disques, Final Fantasy VIII offre, en plus du jeu en lui-même, près d'une heure de scènes cinématiques qui sont à cette époque sans égal. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer attentivement les humains de ce jeu avec ceux de Toy Story 2 par exemple, le gouffre technique est parfaitement visible. Un an plus tard, Squaresoft persiste et signe un Final Fantasy IX dont la qualité des vidéos repoussent encore plus loin les limites de l'imaginable. La critique jeux-vidéo applaudit l'exploit, mais curieusement ce phénomène ne touche pas le grand public qui n'en entend même pas parler. L'orgueil du géant du divertissement passant par là, Squaresoft se met en tête de prouver au monde sa supériorité dans le domaine. Il imagine pour cela un premier long métrage d'animation ambitieux inspiré par sa franchise Final Fantasy - Les créatures de l'esprit.

Si l'exploit visuel et technique en 2001 est indéniable, Final Fantasy - Les créatures de l'esprit perd tout ce qui faisait le charme de la licence sur console de jeux-vidéo. Le film est volontairement américanisé à l'extrême afin de plaire au public local au lieu de garder son charme japonais, l'histoire se perd dans des considérations métaphysiques bien trop alambiquées pour le commun des spectateurs et, surtout, perd tout lien avec le charme de la fantaisie, au profit d'une science-fiction pure et dure. Le crash au box-office est alors à la hauteur de l'ambition initiale, un véritable désastre industriel qui met Squaresoft à deux doigts du dépôt de bilan. Le géant du divertissement n'est plus que l'ombre de lui-même, il doit fusionner avec son rival de toujours, Enix, pour devenir Square-Enix en 2003. Cette première tentative de porter à l'écran le film d'animation le plus ambitieux jamais réalisé jusque là fut donc un bien cuisant échec pour le groupe.

La même année 2001 Squaresoft peut heureusement compter sur l'immense succès public et critique de Final Fantasy X. Le premier jeu de la licence produit spécifiquement pour la Playstation 2 s'écoule en effet par wagons entiers au Japon, puis dans le reste du monde l'année suivante. Hormis les qualités du titre, Squaresoft offre également aux joueurs une nouvelle salve de cinématiques tout bonnement à couper le souffle. L'ambition de Squaresoft pour offrir à ses fans une qualité d'animation léchée reste une constante, année après année, qu'il faut obligatoirement lui reconnaître même si elle reste malheureusement, à cette époque, cantonnée au seul secteur des jeux-vidéo. Entre 2002 et 2003 cependant, Squaresoft est considérablement fragilisé par l'échec humiliant de leur premier long métrage. Il faut attendre sa fusion avec Enix pour que le groupe japonais décide de se renflouer en développant tout une panoplie de jeux inspirés de leur plus grand succès à ce jour : Compilation of Final Fantasy VII.

Le projet de Square-Enix de capitaliser sur le succès mondial de Final fantasy VII est en soi une idée des plus habiles. Les fans du jeu ont en effet été marqués par ce premier grand jeu de rôle qui traversait enfin les frontières du Japon. Ils ne demandaient que de pouvoir explorer de nouvelles histoires autour de leurs personnages fétiches. Pendant quatre ans, de 2003 à 2007, Square-Enix va concevoir trois jeux-vidéos dérivés, une série d'animation et, au départ, un moyen métrage de 30 minutes. Cependant, emporté par l'élan d'enthousiasme des fans, mais aussi par celle de l'équipe créative, ce moyen métrage va peu à peu se muer en véritable long métrage Final Fantasy VII - Advent Children qui se veut à la fois une suite et un épilogue au récit du héros Cloud Strife. Là encore, Square-Enix offre aux spectateurs un long métrage exceptionnellement ambitieux qui, pourtant, va complètement manquer le coche. Final Fantasy - Les créatures de l'esprit était un film creux mais accessible au grand public, Final Fantasy VII - Advent Children est au contraire un film boursouflé mais qui n'est compréhensible que par une poignée de fans ! Bref, cette seconde tentative va une fois de plus se révéler être une occasion manquée.

En 2006, la Playstation 3 entre en scène. La console, excessivement chère en raison de son lecteur Blu-ray intégré, fait véritablement grise mine comparativement au succès sans précédent de la Playstation 2. Tout un chacun attend le titre phare qui pourrait enfin lancer la console. Square-Enix et Final Fantasy sont évidemment dans la tête de tous les joueurs. C'est d'ailleurs cette année là que le groupe lance un projet relativement complexe ayant pour nom Fabula Nova Crystallis Final Fantasy. L'idée de base étant que chaque titre en rapport avec cette thématique puise dans une même mythologie, sans forcément que les différents aspects du projet soient connectés entre eux. Parmi eux, deux vont sortir du lot, l'inévitable Final Fantasy XIII et un plus énigmatique Final Fantasy Versus XIII. Là où le premier était un jeu inspiré par le côté lumineux de la mythologie, le second devait être son opposé, inspiré par la noirceur de cette mythologie. Tout ne va pas fonctionner selon les plans établis à l'origine. Final Fantasy XIII va être vivement conspué par la critique, tandis que l'équipe de Final Fantasy Versus XIII va connaître déconvenue sur déconvenue. Le projet ne cessant d'essuyer les problèmes, le titre va rapidement devenir la plus grande arlésienne du jeu-vidéo !

En 2013, sept ans après avoir été annoncé, Final Fantasy Versus XIII est finalement sabordé par Squaresoft. Tetsuya Nomura est en effet écarté du développement du jeu, Hajime Tabata le remplace au pied levé et remet à plat toutes les ambitions du titre initial. L'une des premières décisions prises est de s'éloigner autant que possible de la mythologie Fabula Nova Crystallis. Le jeu devient alors un épisode canonique en prenant le nom de Final Fantasy XV. Mais les fans sont loin d'être rassurés, passé l'euphorie de l'annonce du changement de direction artistique. Car Final Fantasy XV retombe plus ou moins dans un volontaire anonymat durant plusieurs années jusqu'en 2015, il y a à peine un an donc. A partir de là, les producteurs vont enchaîner une stratégie de communication intensive, clairement destinée à faire parler du jeu. Car Square-Enix sait que, cette fois, il n'a pas le droit à l'erreur. Soit ça passe, soit ça casse... définitivement ! Aussi imagine-t-il une stratégie commerciale inattendue : le transmédia ! Lors de l'évènement Uncovered Final Fantasy XV le 31 mars 2016, Square-Enix dévoile, à la surprise générale, l'existence de plusieurs produits dérivés, dont deux attirent l'attention. Brotherhood - Final Fantasy XV d'un côté, série de moyens métrages étoffant le passé des protagonistes du jeu-vidéo et, de l'autre, Kingsglaive - Final Fantasy XV, qui nous intéresse ici, et dont l'ambition est totalement assumée d'en faire une préquelle indispensable ! J'en arrive enfin à ma question initiale, désolé si elle a été longue à venir, mais il fallait obligatoirement poser le contexte : la troisième fois est-elle donc la bonne ? En fait, oui et non !

Commençons par le oui. Kingsglaive - Final Fantasy XV est sans nul doute possible un long métrage ingénieux qui marie à merveille les deux époques animées (l'accessibilité de Final Fantasy - Les créatures de l'esprit et la désinvolture visuelle de Final Fantasy VII - Advent Children) de Squaresoft, mais qui synthétise également à merveille tout ce que le nom de Final Fantasy rappelle dans la mémoire des joueurs. Rien que pour les fans de la franchise, Kingsglaive - Final Fantasy XV regorge de clins d'oeils qui ne s'adressent qu'à eux. On croisera ici un enseigne marchande baptisée Bevelle ou un café qui s'appelle Seven Soldier, on verra là une scène d'introduction qui rappelle celle de Final Fantasy IV, on reconnaîtra ici une autoroute qui rappelle furieusement celle de Migdar, on s'émerveillera de la dichotomie entre un milieu urbain contemporain et un aspect magique comme dans Final Fantasy VIII, on reconnaîtra là des vaisseaux volants comme dans Final Fantasy IX ou encore ces soldats impériaux, habiles mélanges entre ceux aperçu dans Final Fantasy VI et Final Fantasy XII. Ces éléments n'apportant qu'une valeur ajoutée à l'ensemble, car jamais aucun d'eux n'influencent la perception des spectateurs non connaisseurs pour le long métrage.

Le scénario de Kingsglaive - Final Fantasy XV bénéficie d'un soin tout particulier, dans la mesure où son intensité narrative va constamment crescendo. Le spectateur est immédiatement happé par le destin des protagonistes, au demeurant très nombreux, pour ne finalement plus pouvoir quitter les yeux de l'écran avant le générique de fin. Kingsglaive - Final Fantasy XV prend le temps d'exposer les faits, de détailler les premiers éléments d'une intrigue plus vaste qu'on ne le pense au premier abord (n'oublions pas que le film sert de tremplin au jeu-vidéo), de présenter les personnages et, enfin, de distiller une grande part de mystère. Ce dernier détail est le véritable atout maître du récit, qui multiplie faux-semblant et jeux de dupe entre les divers protagonistes. Kingsglaive - Final Fantasy XV est également servi par une qualité visuelle sans précédent dans le monde de l'animation. Le degré d'excellente est d'ailleurs tel qu'il conduit à un situation passablement incongrue. Ce qui m'amène à exposer ce qui ne va pas avec ce film.

Poursuivons donc avec le non maintenant. Kingsglaive - Final Fantasy XV atteint un tel niveau visuel que l'animation 3D accuse ici ses premières limites. Tout y est conçu et animé avec un tel soin de photo-réalisme que la moindre petite anicroche visuelle apparaît comme un disgracieux vilain bouton au milieu de la figure. Et lorsqu'on a la mauvaise idée de s'en rendre compte, l'apparente perfection s'évanouit complètement des yeux du spectateur. On réalise soudain que tout aussi beau le film peut être, il n'en reste pas moins qu'une immense illusion. L'autre aspect désagréable de Kingsglaive - Final Fantasy XV est d'oublier d'en faire un film à la portée internationale. Car le défaut majeur de Kingsglaive - Final Fantasy XV est d'avoir conservé les visages des stars américaines ayant participé aux séances de motion capture pour les besoins du film. Il s'agit là d'une preuve évidente que Kingsglaive - Final Fantasy XV a été construit dans le seul but de plaire au public américain et non d'être une oeuvre universelle. On regrettera enfin ces trop nombreux placements de produits, comme la désormais incontournable Audi R8 Regalia, dont la publicité assumée s'avère totalement incongrue dans un monde imaginaire estampillé Final Fantasy.

Malgré ce constat, preuve en est que cette fois, le talent de Square-Enix réussit à faire mouche. L'intérêt que l'on porte aux personnages, plus particulièrement pour le principal protagoniste Nyx, est nettement plus flagrant qu'à l'époque de Final Fantasy - Les créatures de l'esprit dont les héros manquaient tellement de relief qu'on se moquait totalement de leur destin. Kingsglaive - Final Fantasy XV a également pour lui cette mise en scène virtuose qui sert totalement son propos du début à la fin. On ressent d'ailleurs que celle-ci s'inspire totalement du monde du jeu-vidéo (même si la caméra semble parfois comme portée à l'épaule), tant la démesure des décors et la multiplication des séquences à grand spectacle improbables, le tout accompagné d'une superbe bande originale narrative, ne peut être reproduite dans l'univers du cinéma hollywoodien conventionnel. Un parti-pris totalement assumé, qui donne sans aucun doute la tonalité à venir dans le jeu-vidéo Final Fantasy XV dont la sortie a été repoussé à novembre 2016.

Clairement, Square-Enix signe ici un long métrage millimétrée dont le but inavoué est d'être un véritable chausse-trappe pour les fans. Car si vous avez particulièrement apprécié visionner ce long métrage, sa non-fin, volontairement ouverte, laisse le spectateur dans l'expectative d'une conclusion digne de ce nom. Or, on ne trouve celle-ci qu'exclusivement dans Final Fantasy XV qu'il faut donc obligatoirement acquérir. Square-Enix a réussit à mettre en place une politique transmédia millimétrée qui ne laisse planer aucun doute : Final Fantasy XV doit faire oublier tous les précédents échecs de la licence de jeu de rôle la plus connue au monde. Le pari sera-t-il gagné ? En tout cas, moi, j'ai craqué. Rendez-vous donné dans Final Fantasy XV pour le dénouement !

7 octobre 2016 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2016)

Nyx Ulric : Damien Ferette 1

Lunafreya Nox Fleuret : Geneviève Doang 1

Régis Lucis Caelum : Philippe Catoire 1

Titus Drautos : Patrick Borg 1

Libertus Ostium : Julien Chatelet 1

Crowe Altius : Géraldine Asselin 1

Luche Lazarus : Sébastien Desjours 1

Clarus Amicitia : Philippe Dumond 1

Iedolas Aldercapt : Vincent Grass 1

Ardyn Izunia : Arnaud Léonard 1

Ravus Nox Fleuret : Bruno Choël 1

Noctis Lucis Caelum : Anatole de Bodinat 1

Prompto Argentum : Alexandre Nguyen 1

Ignis Scientia : Julien Allouf 1

Gladiolus Amicitia : Gilles Morvan 1

Rôles secondaires : François Delaive 1 , Philippe Valmont 1 , Patrick Noérie 1 , Monique Martial 1 , Hugues Boucher 1 , Philippe Duchesnay 1 , Julien Crampon 1 , Valérie Even 1 , Richard Leroussel 1 , Corinne Martin 1 , Erwan Tostain 1 , Fouzia Youssef 1