Le cygne et la Princesse / La Princesse des cygnes : Quelques informations

Ce long métrage est sorti en salle le 18 novembre 1994 au Québec sous le titre de La Princesse des cygnes et le 24 mai 1995 en France, sous le titre Le cygne et la Princesse. Le film dispose d'une version française et d'une version québécoise.

Résumé

Le prince Arthur et la princesse Juliette ont été promis l'un à l'autre, mais le sorcier Alberic enlève Juliette et lui jette un sort : elle vivra le jour sous l'apparence d'un cygne, jusqu'à ce qu'elle accepte de l'épouser. Arthur retrouve sa bien-aimée entourée de ses amis animaux, s'attirant la rage et les maléfices du sorcier...

Analyse de l'oeuvre

Richard Rich appartient à ceux qu'on appelaient communément la nouvelle génération d'artistes Disney. Arrivé en 1971, il reste presque dix années dans les coulisses des studios en tant qu'assistant directeur, contribuant à des films tels que Robin des Bois, Peter et Elliott le dragon ou encore Les aventures de Bernard et Bianca. Il s'essaie aussi dans l'écriture d'une chanson pour les besoins du moyen métrage Le petit âne de Bethléem réalisé en 1978 par Don Bluth juste avant que celui-ci ne quitte brutalement le studio. Promulgué co-directeur pour le film Rox et Rouky avec Ted Berman et Art Stevens, il devient à cette occasion le plus jeune réalisateur du studio Disney n'ayant, de plus, pas commencé sa carrière en tant qu'animateur ! Dans la foulée, il se lance dans l'écriture de scénario pour les besoins de l'adaptation maudite Taram et le chaudron magique qui fait un flop retentissant en 1985, après presque douze années de production. Probablement échaudé par cet immense échec, Richard Rich quitte alors le studio et décide de fonder le sien : Rich Animation Studios.

C'est là qu'il va se consacrer à son premier long métrage, une adaptation du ballet Le lac des cygnes composé par Tchaïkovski. Il lui faut huit années pour réunir les fonds nécessaires, puis quatre années supplémentaires pour pouvoir porter à l'écran Le cygne et la Princesse qui sort en salle en 1994, quelque mois après la sortie de Le Roi Lion... qui va totalement l'éclipser de l'esprit des spectateurs ! Car en réalité, hormis les fans nostalgiques, qui se souvient du premier long métrage de Richard Rich ? De nos jours, Le cygne et la Princesse doit arborer un logo bien visible signifiant que le film est produit « par le réalisateur de Rox et Rouky » pour espérer se faire connaître. Malheureusement pour lui, Rox et Rouky ne compte pas parmi les films les plus populaires de Disney. C'est assez regrettable reconnaissons-le. D'autant plus qu'il faudra à Richard Rich seize années de patiente pour arriver enfin à la consécration cinématographique avec son Alpha et Omega en 2010, pourtant bien moins magique que Le cygne et la Princesse.

Avec le recul, Richard Rich peut aujourd'hui être considéré comme l'antithèse de Don Bluth. Là où celui-ci excelle dans le domaine narratif, la richesse des arrières plans et des décors, Richard Rich excelle dans le soin apporté à l'animation traditionnelle des personnages, dans la création de personnages attachants et en soignant les bandes originales. Je n'ose imaginer le chef d'oeuvre qu'ils aurait pu produire s'il avaient eu l'idée de s'associer ensemble, apportant chacun le meilleur de leur savoir faire ! Car reconnaissons-le, Le cygne et la Princesse souffre de nombreux défauts, majoritairement esthétiques. C'est un peu logique à vrai dire, Don Bluth et Richard Rich ne sont pas de la même génération, ni ne proviennent du même monde. L'un a une culture artistique, l'autre celle de diriger. De plus, Don Bluth a toujours montré une profonde inspiration aux films très riches visuellement du premier âge d'or Disney, tandis que Richard Rich est plutôt visiblement inspiré par la seconde période. Cependant il n'a rejoint le studio pour faire ses armes de réalisateur qu'après la mort de Walt Disney. Malheureusement, la qualité graphique avait à cette époque quelque peu régressée. Le cygne et la Princesse, de part son budget largement inférieur aux films produits par Disney, propose donc des décors qui manquent cruellement de profondeur, ainsi que des personnages d'arrière-plan souvent complètement figés. Tout y est plat, fixe et sans aucune vie, d'où un contraste prononcé face à la qualité bien meilleure de l'animation des personnages.

En contrepartie, Le cygne et la Princesse propose une panoplie de personnages très charismatiques, bien que leurs noms ait été adaptés dans les deux versions francophones. A commencer par le duo vedette du film : Juliette et Arthur. Richard Rich réussit ainsi à moderniser le traditionnel couple des contes de fées car, s'il y a bien intention de mariage arrangé comme dans La belle au bois dormant par exemple, leurs parents tentent surtout chaque été de faire naître la passion entre leurs deux enfants plutôt que de leur forcer la main. Ce sera finalement peine perdue, jusqu'à ce que Juliette soit enlevée. Ils auront tout le temps du film pour comprendre qu'ils s'appréciaient depuis bien longtemps. Le cygne et la Princesse propose également des personnages secondaires franchement succulents, à commencer par l'exubérante Reine Uberta. Totalement cinglée sur les bords, la Reine passe le plus clair de son temps à vouloir marier son fils. Déjantée et farfelue, Uberta fait mouche à chacune de ses mémorables apparitions. Une caractéristique propre à la Reine qui s'accentuera de film en film. L'autre personnage tirant son épingle du jeu est la grenouille princière Aldo qui ne compte aider Juliette qu'à la seule condition de lui donner un baiser !

Pour leur faire face, Le cygne et la Princesse propose deux antagonistes : Albéric et une vieille sorcière qui n'aura comme nom Bridget qu'à partir du second volet. Au contraire des deux héros, Albéric est un méchant intéressant, mais qui manque cruellement de profondeur. Assez peu présent à l'écran, sauf pour surgir dans les moments clés de l'intrigue, il n'arrive pas à atteindre la classe des méchants Disney les plus emblématiques de la même période chez Disney : Ursula, Jafar ou encore Scar pour ne citer qu'eux. Ce n'est qu'au fil des épisodes ultérieurs que la personnalité complexe d'Albéric sera réellement étoffée, puisqu'il sera au centre de tous les évènements durant les quatre volets successifs. De fait, à moins d'avoir vu ces suites, Albéric manque ici cruellement de consistance, rendant ses apparitions bien peu effrayantes. Son acolyte sorcière, totalement cinglée quoi que très drôle, n'arrive pas plus à le rendre crédible puisqu'elle le tire au contraire vers le bas au lieu de jouer l'ingénieux contrepoint.

L'autre grande qualité de Le cygne et la Princesse, c'est incontestablement sa bande originale. Richard Rich a réellement su retirer le meilleur du renouveau Disney avec son film. Quasiment toutes les chansons du film sont superbement écrites et merveilleusement intégrés au récit. Mention spéciale à la longue séquence d'introduction du film, rappelant l'ouverture de La belle et la bête, où une longue chanson de six minutes (!) résume l'essentiel de la relation entre Juliette et Arthur, ainsi que le contexte du film. Si l'on ne retrouve aucun des thèmes musicaux du célèbre Le lac des cygnes de Tchaïkovski, le film de Richard Rich s'en inspire cependant en partie pour la structure de certaines de ses mélodies. Pour autant, la bande originale de Le cygne et la Princesse fait un grand écart entre un début aux sonorités proches des ballets, fait ensuite un virage dans la pure comédie musicale, passe par la variété et va même jusqu'à s'offrir des titres typiques des cabarets ! Malgré tout, chaque chanson est cohérente avec le contexte du film tout en se révélant entraînante à écouter. On ressort assez naturellement du film avec plein de belles chansons dans la tête, plus particulièrement pour l'excellent thème musical de Le cygne et la Princesse.

Vingt ans plus tard, Le cygne et la Princesse a gardé un certain charme malgré ses défauts. Peut-être moins intergénérationnel que les longs métrages Disney, le film de Richard Rich s'avère cependant une excellente alternative aux films de Don Bluth qui n'a, lui, pas du tout su prendre le train en marche à la même période. Occulté trop rapidement par le fulgurant succès de Le Roi Lion, que Disney n'hésita d'ailleurs pas à ressortir frontalement aux États-Unis histoire de bien faire comprendre sa suprématie, Le cygne et la Princesse ne mérite pour autant pas d'être boudé. Le couple vedette fonctionne à merveille dans leur quête de prouver à tous leur amour éternel, on se laissera même happé par l'épique tension finale du film. On retiendra aussi qu'il est assez inhabituel qu'un film d'animation démarre son histoire... par un baiser entre les deux protagonistes !

8 octobre 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (1994)

Odette : Geneviève De Rocray 1

Damien : Daniel Picard 1

Pamphile : Manuel Tadros 1

Albéric l'enchanteur : Benoît Marleau 1

le Chambellan : Ghyslain Tremblay 1

Reine Uberta : Diane Arcand 1

Melchior : Edgar Fruitier 1

Pouffin : Yves Corbeil 1

Rapido : Luc Durand 1

Chipepe : Jacques Lavallée 1

Roi Guillaume : André Montmorency 1

Doublage français d'origine (1995)

Juliette adulte : Valérie Karsenti 2 (Dialogues)

Juliette adulte : Bénédicte Lécroart 2 (Chant)

Juliette enfant : Naïké Fauveau 2 (Chant)

Arthur adulte : Guillaume Lebon 2 (Dialogues)

Arthur adulte : Michel Chevalier 2 (Chant)

Arthur enfant : Donald Reignoux 2 (Dialogues)

Arthur enfant : Marine Boiron 2 (Chant)

Alberic : Serge Blumenthal 2 (Dialogues)

Alberic : Claude Vallois 2 (Chant)

Aldo : Eric Metayer 2 (Dialogues)

Aldo : Michel Barouille 2 (Chant)

Rapido : Patrick Guillemin 2 (Dialogues)

Rapido : Claude Vallois 2 (Chant)

Anatole : Roger Carel 2 (Dialogues)

Anatole : Patrick Schreider 2 (Chant)

Lord Melchior : Michel Prud'homme 2

Chambellan : Jean-François Kopf 2

Barnabé : Jean-François Kopf 2 (Dialogues)

Barnabé : Patrice Schreider 2 (Chant)

Roi William : Robert Party 2 (Dialogues)

Roi William : Robert Michel Barouille 2 (Chant)

Reine Uberta : Danièle Hazan 2 (Dialogues)

Reine Uberta : Claude Lombard 2 (Chant)

Narrateur : Roger Carel 2

Musicien : Eric Metayer 2

Vieille sorcière : Danièle Hazan 2