Les 4 dinosaures et le cirque magique / Nous sommes de retour ! - Une histoire de dinosaures

Quelques informations

Nous sommes de retour ! - Une histoire de dinosaures est sorti en salle au Québec le 24 novembre 1993, puis le 22 juin 1994 en France sous le titre Les 4 dinosaures et le cirque magique. Dans les deux cas, c'est le même doublage français qui a été utilisé.

Il s'agit actuellement de l'unique film produit par Amblimation qui n'est disponible ni en DVD, ni en Blu-ray en France.

Résumé

Pacifiques dinosaures, Rex, Elsa, Dweeb et Woog traversent le temps et l'espace pour aboutir au Museum d'Histoire Naturelle de New York. Louis, un gamin des rues et Cécilia, une fillette esseulée les guident. Mais après avoir semé en ville une panique monstre, les 4 dinosaures sont capturés par le diabolique professeur Mauvais Oeil...

Analyse de l'oeuvre

Les 4 dinosaures et le cirque magique est un film conçu pour de mauvaises raisons, celles de surfer ouvertement sur la dinomania provoquée par la sortie événementielle de Jurassic Park mais ciblant précisément le très jeune public. Un très exécrable entre-deux résulte donc irrémédiablement de ce second long métrage produit par Amblimation, dont le scénario est creux et sans le moindre intérêt. Bref, c'est clairement le plus mauvais des trois films produits par ce studio d'animation à la vie bien trop courte puisqu'il ferma ses portes deux ans après la sortie de ce film. C'est bien simple, passé les sept premières minutes vraiment très intéressantes, Les 4 dinosaures et le cirque magique part dans un délirium sans queue ni tête à travers une ville de New York totalement ancrée dans les années 1980. Contrairement au classique intemporel que peut être Jurassic Park, dont l'allusion figure par ailleurs très régulièrement dans le film (jusqu'à un caméo de Steven Spielberg filmant les dinosaures !), ce long métrage n'a pas du tout bien vieilli. On ne peut lui attribuer que deux mérites : la qualité de son animation et son unique chanson.

Les 4 dinosaures et le cirque magique fait pourtant sensation lorsque le film commence. On assiste en effet, ni plus ni moins, à une résurgence à l'écran de la somptuosité visuelle des dinosaures tels qu'on les avaient connus dans Le petit dinosaure et la vallée des merveilles de Don Bluth. C'est bien simple, Rex semble tout droit échappé de ce film tout en se révélant plus dangereux que Dent Tranchante. Malheureusement, cela ne dure pas, les dinosaures perdant leur âme dès le moment où ces derniers s'humanisent. Ils ne reflètent alors plus dans leur aspect que les figurines en plastiques, peluches et autres produits dérivés destinés à être vendus en parallèle du film. Cela conduit très rapidement à d'étranges aberrations où les herbivores vont aller jusqu'à dévorer avec délice des hot dogs ! Commence alors une étrange épopée où les quatre dinosaures vont rencontrer le fugueur Louis, sorte de transfuge maladroit de Gary Coleman dans la vieille série Arnold et Willy, qui rêve de faire carrière dans un cirque. En chemin, il récupère au passage une jeune fille, Cécilia, qui se sent abandonnée, mais se révèle en réalité un improbable mixage entre la déprimée Penny (Les aventures de Bernard et Bianca) et l'exubérante Anne-Marie (Charlie, mon héros). Une fois tout ce beau monde réuni, qu'est-ce qu'on fait ? Et bien rien de particulier, on atterrit dans un cirque où les deux signent un bizarre contrat magique à la Ursula (La petite sirène) sans même réfléchir aux conséquences. Pendant ce temps les dinosaures chantent et mettent le souk à New York. Ensuite ? Ben ça se termine comme ça a commencé, par l'intervention miraculeuse d'un dirigeable futuriste. Bref, on s'est ennuyé ferme.

Malgré le peu de soin apporté à l'édition haute définition du film, on prendra quand même la peine de relever la très bonne qualité générale du film en terme de décors et d'animation. Cela sauve un peu Les 4 dinosaures et le cirque magique du naufrage artistique dans lequel il est empêtré. Le long métrage expérimente plusieurs mises en scène qui se révèlent pour la plupart toutes très soignées. La caméra virevolte autour des personnages, quelques plans sont oppressants ou au contraire chaleureux, il y a donc souvent de très bonnes idées. Dommage que les personnages ne suivent pas le même chemin. Hormis les quelques rares personnages de premier plan, tous les autres humains ne bénéficient pas du tout du même traitement de faveur. On croise donc des personnages hétéroclites, qui ne s'harmonisent pas les uns avec les autres. Ce qui s'avère des plus regrettables. En contrepartie, Les 4 dinosaures et le cirque magique offre au milieu du film la chanson énergique Roll Back the Rock (Ingénieusement transformé en « Roule ta bosse » en version française) superbement interprété par un John Goodman au mieux de sa forme ! Mais comme tout le reste du film, c'est la seule bonne chose savoureuse de la très fade bande originale conçue par James Horner, comparativement à l'excellent Fievel au Far West qu'il avait aussi composé.

En fin de compte, Les 4 dinosaures et le cirque magique est un film complètement caduque. Son opportunisme flagrant de surfer sur la vague Jurassic Park à l'époque joue totalement en sa défaveur, tout comme son contenu minimaliste le dessert entièrement aujourd'hui. En rajoutant à cela un long métrage coincé dans une époque complètement révolue, Les 4 dinosaures et le cirque magique ne pourra satisfaire que le très jeune public fan de dinosaures ou ses très fervents fans nostalgiques. Tous les autres peuvent sans remords passer le chemin pour ne retenir que Fievel au Far West et surtout Balto, comme les deux seules pépites du studio Amblimation.

26 février 2016 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1993)

Rex : Benoit Allemane 1

Elsa : Régine Blaess 1

Big : Pascal Renwick 1

Bang : Guy Pierauld 1

Louis : Jackie Berger 1

Cécilia : Claire Guyot 1

Pr. Bon oeil : Henri Virlojeux 1

Pr. Mauvais oeil : René Beriard 1

Dr. Babil : Liliane Gaudet 1

Vorb : Roger Carel 1

Stoïque : Henri Courseaux 1

Mère de Buster : Claudie Chantal 1

Buster : Brigitte Lecordier 1

Un enfant : Hervé Rey2