Les cinq légendes / Le réveil des gardiens : Quelques informations

Les cinq légendes est sorti en salle le 28 novembre en France. Au Québec, c'est sous le nom de Le réveil des gardiens qu'il fut proposé dès le 2 novembre 2012.

Notons qu'après avoir joué les mauvais élèves pendant de nombreuses années, Dreamworks propose pour ce film un doublage québécois. Le Québec dispose en effet depuis Drôle d'abeille de leur propre version, à l'exception des suites dont le premier film était doublé en français et qui le sont restées elles aussi.

Résumé

Lorsqu'un esprit maléfique connu sous le nom de Pitch jette les gants avec pour dessein de conquérir le monde, les immortels Gardiens doivent faire équipe pour la première fois afin de protéger les espoirs, les croyances et l'imagination de tous les enfants du monde.

Analyse de l'oeuvre

Réunir dans un même film plusieurs légendes des contes de la petite enfance, c'est tout un programme que les studios Dreamworks réalise en un tournemain. Avec Les cinq légendes, c'est même leur toute première production de Noël à laquelle on a droit, qui non seulement colle à merveille à la période de l'année de sa sortie en salle, mais réussit également à être très divertissant. Pourtant, rien ne pouvait laisser croire à une si agréable surprise, entre une bande annonce peu alléchante, une campagne publicitaire dérisoire, et surtout le raté du film au box office américain. Le plus étonnant dans ce film reste le choix des personnages proposés, absolument aucun d'entre eux n'est d'origine américaine ! Tous ces personnages légendaires sont piochés de l'univers folklorique européen et évoque tour à tour un pays en particulier, c'est sans doute pour cela que le public américain a majoritairement boudé ce film qui ne convient pas à leurs goûts. Qu'à cela ne tienne, pour les plus familiers de ces contes traditionnels - dont je fais partie - c'est au contraire un vrai plaisir de tous les voir personnifiés à l'écran même si certains d'entre eux peuvent paraître méconnus, il n'en est finalement rien.

Nous commencerons par le plus populaire d'entre eux, le célèbre Père Noël dont les origines néerlandaises ne sont plus à démontrer. Personnage incontournable de la fin décembre, le Père Noël est un bonhomme que je n'ai jamais apprécié, même étant enfant où je faisais déjà un profond rejet. Le voir ici complètement remodelé pour en faire un homme charismatique, exubérant et aux idées farfelues est donc une excellente idée. Le premier des cinq gardiens s'impose donc d'emblée dans le film de par sa carrure et son parlé russe inimitable. Il est secondé par un personnage emblématique des contes français, le marchant de sable. Né au milieu du 15e siècle dans nos contrées, le personnage a surtout été popularisé durant les années 1960 par son intrusion dans la série Bonne nuit les petits aux côtés de Gros Nounours.

Perché sur son indissociable nuage, le marchand de sable de Dreamworks est un sympathique petit bonhomme constitué de sable doré qui ne peut s'exprimer que par des gestes. Un peu moins répandu en France, excepté dans la zone frontalière, le lièvre de Pacques est une créature typiquement germanique exportée en Amérique où il devint un lapin. Il fut aussi très populaire en Australie jusqu'à très récemment, où il est depuis remplacé par le Bilby de Pacques, sorte de petit rongeur croisé avec un kangourou, auquel il est fait plusieurs fois référence dans le film. Totalement inexistante en France, mais au contraire très populaire en Espagne et plus particulièrement en Italie, la fée des dents est l'équivalent de notre petite souris tricolore. Sa présence dans le film est judicieusement intégrée au scénario ce qui fait que, malgré sa présence relativement anecdotique, la fée des dents reste incontournable au récit.

J'en arrive enfin au dernier des cinq gardiens, à savoir l'énigmatique Jack Frost. Contrairement à ce que beaucoup de spectateurs s'imaginent, Jack Frost n'est absolument pas une création originale pour ce film. Il est, pour les anglais particulièrement, l'esprit du froid et du gel. C'est lui qui provoque en effet chaque année le basculement de la saison hivernale, comme le ferait les fées de Clochette et le secret des fées si vous souhaitez visualiser des êtres similaires. Il existe d'ailleurs de nombreux équivalent à ce personnage dans le monde, à l'instar du Père Gel par exemple qui distribuait durant la période communiste les cadeaux aux petits enfants russes le soir du 31 décembre. Pour le public anglophone par contre, Jack Frost est rarement un personnage apprécié puisqu'il est la cause de bien des maux dû au froid. Le studio Dreamworks nous livre dans Les cinq légendes un héros sur mesure qui tente de dépasser les frontières du stéréotype dans lequel il est enfermé. Il est donc un intéressant contrepoint à Pitch dont la situation est somme toute similaire, mais dont la frustration a finit par le conduire dans une mauvaise voie. Le grand méchant du film est donc le croque-mitaine, dans sa version exclusivement américaine qui nous laisse malheureusement totalement de glace. Rappelant furieusement le sombre Ades de Disney, Pitch est probablement un méchant un peu trop convenu mais il reste cohérent avec le reste du film.

Alors que Les cinq légendes repose sur un synopsis relativement minime, les studios Dreamworks propose une aventure sur mesure calibrée, à la fois agréable à regarder et très divertissante. Le film ne souffre d'aucun temps mort, et fait surtout l'impasse sur les dialogues à rallonge qui ne servent pas l'intrigue. Il bouscule également nombre d'idées reçues en mettant le pied dans la fourmilière afin de se réapproprier intégralement chacun des personnages présentés, sans jamais trahir leur essence. Les cinq légendes alterne même entre le monde réel et le monde de l'imagination de façon exemplaire, le tout sans jamais faillir une seule fois. L'univers du film foisonne de détails magnifiques et de décors somptueux, on prend donc un réel plaisir à le regarder. L'ensemble est même rehaussé par une somptueuse bande originale qui accompagne de façon magistrale le film. J'émettrai pour seul bémol le choix de Gaspard Ulliel pour la voix française de Jack Frost qui n'est clairement pas un bon choix, pas à cause de son doublage qui est de qualité, mais de son timbre de voix qui rend le personnage beaucoup trop âgé par rapport à sa physionomie dans le film.

Au même titre que Rebelle sorti plus tôt en 2012, Les cinq légendes reste un film foncièrement prévisible. Mais tout comme Pixar l'avait fait avec Merida, les studios Dreamworks emploie des ingrédients convenus distillés avec parcimonie, offrant ainsi un spectacle réjouissant. Film familial aussi épique qu'amusant, Les cinq légendes est un grand film d'animation que l'on se doit d'apprécier à sa juste valeur. Et si vous avez en plus une fibre de Noël exacerbée, et un goût pour les grandes figures du folklore européen, vous n'en ressortirez que d'autant plus ravi !

15 mars 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2012)

North : Jean-François Blanchard 1

Claude : Tom-Eliot Girard 1

Tooth : Kim Jalabert 1

Jamie : Xavier Laplante 1

Caleb : Nicolas DePassillé-Scott 1

E. Aster Bunnymund : Gilbert Lachance 1

Pitch : Patrick Chouinard 1

Jack Frost : Gabriel Lessard 1

Doublage français d'origine (2012)

Jack Frost : Gaspard Ulliel 2

La Fée des dents : Nolwenn Leroy 2

Le Père Noël : Miglen Mirtchev 2

Pitch : Boris Rehlinger 2

Bunny le Lapin de Pâques : Jérémie Covillault 2

Jamie Bennett : Henri Bungert 2