Les folles aventures de Rucio : Quelques informations

Les folles aventures de Rucio est une coproduction italo-espagnole entre Filmax Animation, dont il s'agit de leur cinquième film d'animation sous ce nom, et Lumiq Studios. Il sort directement en vidéo le 3 février 2009 en France.

Résumé

La véritable histoire de Don Quichotte racontée par l'âne de Sancho Pansa : Rucio. Où l'on découvre que Don Quichotte n'était pas le vieux fou qu'on nous avait présenté, mais un homme intelligent, passionné et exalté. Où l'on découvre aussi que de bien méchantes personnes se sont dressées sur son chemin et qu'elles n'étaient en rien imaginaires. Où l'on découvre enfin que Don Quichotte et ses compagnons étaient bien sympathiques : Sancho Pansa, le fidèle écuyer, Rossinante, la jument casanière... Et Rucio, l'âne qui rêvait d'être un cheval !

Analyse de l'oeuvre

Après avoir tenté l'approche Disneyenne familiale dans un très appréciable premier film d'animation, Filmax Animation s'est plutôt tourné vers les productions jeunes public. En 2007, après une expérimentation pour un film à l'esprit oriental, le studio va se risquer dans un registre spécifique, celui auquel s'adresse principalement Dreamworks. Cela va donner un Les folles aventures de Rucio particulièrement fade, très loin du génie qu'avait eu le studio pour La légende du Cid. Il est particulièrement intéressant de constater, à travers ce film, comment un jeune studio espagnol est complètement passé à côté de son objectif, au profit du pur plagiat sans âme, rendant leur film foncièrement pénible. Pour une raison inexplicable, Filmax Animation s'est complètement vautré avec Les folles aventures de Rucio, alors qu'ils avaient livré un premier film franchement épique quelques années plus tôt. Et pour comprendre ça, il faut revenir quelques années en arrière.

En 2001, Shrek crée la surprise, prenant de court la plupart des pronostics de l'époque. Il condamne pratiquement la même année l'intérêt des films 2D, succès par ailleurs déjà terni par Disney lui-même avec ses suites souvent insipides. Le début des années 2000 contraint les majors américains à la métamorphose, la 3D est l'avenir du cinéma d'animation. Coup sur coup, Le monde de Nemo d'abord, Shrek 2 ensuite, confirment que c'est bel et bien la voie à suivre, vu leur faramineux succès au box office international. Au milieu de cet amoncellement de grosses productions en 3D le pauvre La légende du Cid, qui vaut clairement la peine qu'on s'intéresse à lui, finit complètement oublié de tous en seulement quelques semaines, voire quelques jours, si tant est qu'on n'est jamais entendu parler de lui. Pour briller sur la scène internationale, Filmax Animation tente alors une approche audacieuse pour son cinquième long métrage, quoi qu'un peu gonflée, surfer sur la vague Shrek ! Dès l'introduction de Les folles aventures de Rucio, le canasson annonce la couleur, il est un ami de l'Âne ! Le studio fait donc ouvertement croire aux spectateurs que son long métrage se déroule dans le même univers. Sauf que si Shrek a un côté irrévérencieux qui frôle souvent la drôlerie, Les folles aventures de Rucio est d'un profond ennui qui frôle souvent la niaiserie.

Il y avait pourtant matière à faire quelque chose d'intéressant. Oui, mais voilà, le roman L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche écrit par par Miguel de Cervantes à partir de 1605 a depuis longtemps la réputation malheureuse d'être une histoire maudite difficilement adaptable au cinéma. Une réputation amplifiée en 2000 par le tournage de L'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam qui vire au cauchemar ! Quand Filmax Animation a projeté de réaliser une suite animée aux aventures de Don Quichotte et Sancho Panza, il était évident que le spectateur soupçonnerait l'anguille sous roche. Trois fois hélas, c'est précisément tout ce qui se fait de pire dans un film 3D que l'on va retrouver dans Les folles aventures de Rucio. Des personnages peu satisfaisants, une animation très douteuse, un character design qui ne se maintient pas d'une scène à l'autre, de longues séquences narratives sans consistance aucune, un antagoniste manichéen au possible, une multitudes de gags qui tombent à plat, des rebondissements tirés par les cheveux, une musique inappropriée, même la mise en scène laisse à désirer... J'en passe et pas les pires !

Les folles aventures de Rucio est un long métrage profondément ennuyeux que l'on peine vraiment à regarder jusqu'au bout. L'histoire est particulièrement absurde, elle mélange tous les genres sans que l'on ne sache vraiment ce que Filmax Animation veut nous proposer. Même le titre du film est mensonger tant le rôle de Rucio est très largement secondaire dans le récit. Car c'est bel et bien Don Quichotte le héros de ce très pénible récit qui ne sait pas sur quel pied danser. Tout cela parce que l'histoire fait constamment le grand écart entre la suite directe non assumée et le repiquage d'idées du roman original. Le doublage français s'en sort à peu près bien, en raison de la présence de comédiens talentueux qui parviennent à peu près à gommer le côté débile de l'intrigue. Mais pour le reste, Les folles aventures de Rucio fait clairement de la peine à voir. Bref, comme La légende du Cid avant lui, ce long métrage de Filmax Animation fait naître une profonde émotion. Sauf que celle-ci est à l'opposé même de celle ressentie pour son aîné ! Faites donc l'impasse sur ce long métrage qui ne vous apportera rien du tout. Vous pouvez à la rigueur vous contenter d'écouter la chanson Dónde Están Mis Sueños interprétée par Jordi Cubino, seule chose agréable à retenir de Les folles aventures de Rucio.

17 février 2017 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2009)

Don Quichotte : Emmanuel Curtil 1

Rucio : Serge Faliu 1

Sancho Panca : Marc Alfos 1

Dulcinée : Claire Guyot 1

Sampson : Edgard Givry 1

Rossinante : Bernard Alane 1

Le Duc : Jean-Pierre Moulin 1

La Duchesse : Evelyne Grandjean 1

Narratrice : Céline Monsarrat 1

Sources : 1Voxofilm