Les rebelles de la forêt : Quelques informations

Les rebelles de la forêt est d'abord sorti en salle le 29 septembre 2006 au Québec puis le 18 octobre 2006 en France. Il existe un doublage spécifique à chaque territoire. En version originale, le film est nommé Open Season, qui signifie littéralement "ouverture de la saison"... de la chasse.

Insolite : en France, Les rebelles de la forêt 2 et 3 sont multi-rediffusés chaque année par le groupe TF1 (sur NT1 la majorité du temps). Cependant, Les rebelles de la forêt premier du nom n'y a jusqu'ici jamais été proposé sur aucune de leurs chaines. Si le choix semble curieux, il s'explique par le fait que c'est le groupe M6 qui en détient les droits de diffusion. Curiosité notable, à la télévision française, le premier film fut donc diffusé pour la première fois sur M6... bien après ses deux suites sur NT1 !

Résumé

Depuis toujours, l'homme a régné sur la forêt. Mais cette fois, les choses vont changer... Boog, un ours apprivoisé et heureux de l'être, va voir sa paisible existence bouleversée par sa rencontre avec Elliot, un cerf sauvage aussi maigrichon que bavard. Elliot arrive à convaincre Boog de quitter sa vie de rêve pour aller «vivre en liberté dans la nature» et réveiller ses instincts...

Analyse de l'oeuvre

Vous le savez sans aucun doute, Les rebelles de la forêt est le premier long métrage d'animation réalisé sous le label Sony Pictures Animation. Pour autant, ce n'est pas pas le premier film d'animation produit par Sony qui, quelques années plus tôt, avait déjà tâté le terrain avant de se lancer ouvertement à son tour dans la gentille « gué-guerre » entre grands studios d'animation américains. Du coup, avant d'entrer dans le vif du sujet, partons loin dans le temps pour remonter aux origines où nous fixeront l'arrêt des machines à 1992. Cette année là, Sony ouvre un nouveau département. Son nom : Sony Pictures Imageworks. L'équipe de ce nouveau département est très réduite, puisqu'elle ne compte que cinq employés. Ils sont en effet chargés de superviser les effets spéciaux pour un futur long métrage, aujourd'hui très connu, Piège en eaux troubles avec en vedette principale Bruce Willis. Les années passent, le département grossit et devient au fil du temps un équivalent d'ILM chez Sony. Il contribue ainsi à de très nombreux longs métrages, développant même sa propre technologie d'effets numériques tout simplement baptisé SPI, utilisé sur de très nombreux films, même aujourd'hui. Dix ans plus tard, 2002, l'effet Le Roi Lion a attisé les convoitises de tous les grands majors américains. Disney n'est encore que balbutiant dans la technologie 3D (A l'exception de Dinosaure et Fantasia 2000 pour certaines séquences), Pixar était unanimement salué dans le monde, tandis que le trublion Dreamworks cherchait à se faire une place à grands coups marketing. La petite soeur de Sony Pictures Imageworks, Sony Pictures Animation, naît en mai de cette même année.

Pour autant, si le nouveau département est plus ou moins déjà formé, leur tout premier long métrage d'animation qui paraîtra sous cette bannière devra attendre quelques années. Car il faut tout d'abord tester les compétences de Sony à produire un long métrage entièrement en 3D, ce qu'il n'avait jamais fait en complète autonomie jusqu'ici. C'est donc le grand frère, Sony Pictures Imageworks, qui va s'atteler progressivement à la mise en place d'un circuit de production. Première étape, Sony s'associe tout d'abord avec Robert Zemeckis pour mettre au point une technologie de capture numérique que celui-ci mettra à contribution pour Le pôle express, produit par Warner en 2004. L'essai étant probant, Sony Pictures Imageworks passe à l'étape suivante. Le département s'attelle ainsi à la réalisation de son tout premier long métrage 3D, Monster House. J'aurais l'occasion de reparler de ce film plus en détail sur le site, retenez simplement que pour Sony ce grand test nature s'avère concluant. Ainsi, plus rien n'empêche désormais Sony Pictures Animation de produire - enfin - son premier long métrage sous son nom propre, même si dans les faits, tout est réalisé au sein de Sony Pictures Imageworks. Sony Pictures Animation n'est en effet qu'un simple label, plus qu'une véritable entité à part entière, tout du moins à ses débuts. Bien qu'annoncé dès 2004, Les rebelles de la forêt ne sort qu'en fin d'année 2006 aux États-Unis où, malgré ses défauts, il rentre totalement dans ses frais, faisant même un joli bénéfice à l'international. Sony est ravi, son département pourra donc continuer !

Après tout ce temps passé pour préparer le terrain à leur premier long métrage, on est donc en droit d'attendre quelque chose de probant. A l'écran pourtant, force est de reconnaître que Les rebelles de la forêt fait grise mine. Le rendu global du film est franchement mauvais, à peine digne d'une production pour enfant destinée à la télévision à la seule exception du rendu de l'eau. Les décors sont neutres, les personnages sans consistance et l'histoire sans aucun intérêt. Rien ne va dans ce long métrage, tout semble clocher d'un bout à l'autre. On ne s'amuse pas, on ne s'ennuie pas vraiment non plus, bref, on regarde ça comme un sous produit sans réel intérêt. Il ne se passe rien de palpitant, tandis que l'humour proposé n'est ni fédérateur, ni novateur. Tout ce que l'on en retient c'est un goût d'inachevé parce que rien ne semble être vraiment cohérent. La relation entre les divers personnages est si mal exploitées, les rares passages ayant pu faire naître quelques émotions sont tellement maladroitement amenées, que le spectateur restera donc le plus souvent totalement de marbre pour ce qui leur arrivent. Seule la toute fin du film, véritable festival du grand n'importe quoi, arrive enfin à nous tirer un sourire. Mais clairement, il est déjà trop tard, on est déjà passé à autre chose de plus consistant. Ne reste que le souvenir d'un doublage français plutôt de bonne qualité dans l'ensemble et qui s'amuse à donner des accents internationaux à plusieurs personnages.

En fin de compte, sans être un film mauvais pour autant, Les rebelles de la forêt ne possède aucune identité propre pouvant le rendre remarquable. Même les chansons, neutres, et les musiques, oubliables, ne relèvent pas le niveau général. Le long métrage ne sait que recycler des idées vues et revues sans les transcender, ni se les approprier. Sorte de bricolage numérique sans âme, le film est clairement un premier essai raté pour Sony Pictures Animation. Difficile, dans ces conditions, de comprendre comment le film a réussit à se révéler assez rentable sur le long terme (ce qui est assez inexplicable, reconnaissons-le), et d'imaginer que Sony allait lui offrir deux suites pas spécialement meilleures pour autant. Bref, sitôt vu, sitôt oublié. Malgré tout, accordons à Sony Pictures Animation le mérite de la persévérance car on lui doit les magnifiques Tempête de boulettes géantes et Hôtel Transylvanie, qui n'auraient sans doute pas vu le jour si la trilogie Les rebelles de la forêt n'avait pas eu cet inexplicable succès.

30 janvier 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2006)

McSquizzy : Bernard Fortin 1

Giselle : Violette Chauveau 1

Elliot : Martin Watier 1

Boog : Thiéry Dubé 1

Serge : Joël Legendre 1

Maria : Johanne Garneau 1

Shaw : Gaston Lepage 1

Gordy : Jacques Lavallée 1

Ian : Denis Mercier 1

Doublage français d'origine (2006)

Boog : Pascal Légitimus  2

Elliot : Julien Courbey  2

Shaw : Boris Rehlinger  2

Giselle : Véronique Alycia  2

Maria : Brigitte Virtudes  2

Rosie : Patricia Legrand  2

Ian : Lionel Tua  2

Serge : Jérémy Prévost  2

Bobbie : Lucie Dolène  2

McSquizzy : Michel Prud'homme  2

? : Stéphane Ronchewski 2

? : Jérôme Pauwels 2

? : Guillaume Lebon 2