Les rebelles de la forêt 4 : Quelques informations

Les rebelles de la forêt 4 est sorti en primeur au Québec le 8 mars 2016 directement en Blu-ray, DVD et VOD, puis en France le 23 mars 2016 uniquement en DVD. Dans les deux cas, le film reprend le même doublage français.

Contrairement aux trois premiers films, qui reprenait l'intégralité des mêmes comédiens français, ce nouvel épisode fait l'impasse sur plusieurs d'entre eux. Pascal Légitimus (Boog), Julien Courbey (Elliott), Véronique Alycia (Giselle) et Patricia Legrand (Rosie) sont ainsi ici absents. C'est d'autant plus surprenant que Julien Courbey m'avait personnellement indiqué, il y a quelques années maintenant, qu'il avait particulièrement apprécié doubler Elliott et qu'il aurait souhaité renouveler l'exercice. C'est donc regrettable qu'il n'ai pas été été rappelée pour ce quatrième épisode, où il est donc remplacé par Emmanuel Garijo.

Résumé

Elliot, Boog et leurs amis font un pique-nique nocturne tout en se racontant des histoires effrayantes. Quand vient le tour d'Elliott, celui-ci évoque le mythe du loup-garou qui effraie particulièrement Boog. Elliott va alors tout mettre en oeuvre pour lui démontrer que le loup-garou n'existe pas. Mais est-ce réellement le cas ? Lorsqu'une mystérieuse menace fait soudain son apparition dans la forêt nationale de Timberline, tous les animaux vont devoir travailler ensemble pour démasquer l'inconnu...

Analyse de l'oeuvre

On tire un trait sur le passé et on recommence ! C'est ce qui résume parfaitement Les rebelles de la forêt 4 qui décide, plus ou moins, de rayer de sa chronologie les 2e et 3e volets de cette décidément trop longue saga vidéo produite par Sony Pictures Animation. Bon, il est vrai que j'y vais un peu fort, car les évènements qui se sont déroulés dans les deux volets précédents ne sont pas totalement écartés de la continuité (on peut imaginer des dizaines d'explications plausibles sur l'absence de certains personnages, malgré les incohérences flagrantes). Mais il est indéniable qu'en concevant cette quatrième aventure comme une suite naturelle et directe au premier volet créé il y a déjà dix ans, Sony Pictures Animation met volontairement de côté le background développé dans ses deux séquelles, quitte à écarter des personnages franchement succulents arrivés plus tardivement, tels que le fils d'Elliot, Ursa, Alister et surtout l'irascible caniche Fifi ! Pour parvenir à cela, Les rebelles de la forêt 4 joue clairement sur l'effet nostalgie, en réinvitant à l'écran les personnages historiques du premier film. Cela ne marche qu'à moitié, car en revenant aux origines de la série, Sony Pictures Animation remet en cause l'évolution logique et agréable développée dans les deux précédentes suites du très fade Les rebelles de la forêt.

Si les raisons de ramener la fine équipe dans un quatrième volet aussi dispensable que les précédents m'échappe complètement, Les rebelles de la forêt 4 nous est quand même livré dans de très beaux habits. Incontestablement, il s'agit visuellement du meilleur épisode de la saga. Les personnages sont beaucoup mieux animés qu'auparavant, avec un soin du détail vraiment flagrant. On croise aussi de très beaux décors qui concilient l'ambiance d'origine et la modernité des outils 3D actuels, ce qui rend l'ensemble parfaitement digne de l'esprit de la saga tout en se révélant beaucoup plus riche. Les rebelles de la forêt 4 offre de nombreux décors différents, ne se limitant pas à la seule forêt verdoyante. Cette fois, les arrières plans ne sont plus d'affreux aplats tristes et en 2D, ils bénéficient d'un léger effet de volume du plus bel effet. Les artistes prenant même la peine d'animer un petit peu ce qui se passe derrière les personnages. De ce côté là, c'est donc une réussite. L'autre bonne surprise du film est l'importante panoplie de personnages humains présente dans le film. Conciliant un design familier digne du premier film et une totale prise de liberté (parfois tournée jusqu'au délire), les humains du film semblent tous échappés d'un cartoon. Cela va obligatoirement plaire aux plus jeunes tant leur imbécillité pourra les faire sourire.

Malheureusement, en mettant de côté l'aspect technique du film, Les rebelles de la forêt 4 réitère une quatrième fois exactement les mêmes gags qu'auparavant. Cela vire donc une fois de plus à la farce sans queue ni tête. Parce que, en fin de compte, l'intrigue du film se résume à ceci : Boug a peur des loups-garous, Elliott va donc monter une mascarade pour le libérer de cette peur, mais tout va se retourner contre lui. Point final. Il faudra ensuite une heure vingt de pitreries, enchaînées à cent à l'heure, pour arriver au bout de cette bien trop légère intrigue qui n'aura finalement servit à rien. L'histoire n'apporte rien de nouveau, elle ne cherche même pas un seul moment à développer la psychologie des animaux. On les retrouve tels qu'ils ont été et tels qu'ils resteront. Tout cela ressemble donc à un banal reboot - justifié par l'absence du chiffre 4 dans le titre original - qui minimise totalement les prises de risque, tout en semblant vouloir dire que la porte est ouverte à un cinquième volet. On est donc très loin de mon épisode préféré de la saga, à savoir Les rebelles de la forêt 3, qui a été jusqu'ici le seul capable de véhiculer un peu d'émotion au milieu des traditionnelles bouffonneries de la saga.

Tout aussi inutile que les deux volets précédents, Les rebelles de la forêt 4 invite simplement ses spectateurs à complètement déconnecter leur cerveau durant un peu plus d'une heure. Le problème majeur du film réside dans le peu de bonnes idées qu'il développe, se contentant seulement de reprendre à sa sauce des gags et des situations déjà traitées des milliers de fois dans le monde du cinéma et de la télévision. Et comme cela ne semble pas suffisant, le film insère même un ignoble comique de répétition qui frise le très mauvais goût (ce qui est le cas de le dire!). Bref, je préfère vous prévenir, si vous n'aimiez pas les volets précédents et, surtout, que le personnage d'Elliott vous insupportait totalement, Les rebelles de la forêt 4 est à fuir à toutes jambes. Pour les autres, cela reste une affaire de goût, puisque le film ne trahit pas l'esprit de la saga mais ne lui apporte en même temps absolument rien de nouveau.

18 mars 2016 par Olikos