Petite Sirène : Quelques informations

Contrairement à ce que semble indiquer la jaquette, Petite Sirène n'a rien d'un film d'animation. Il s'agit en fait d'un épisode de la série télévisée International Family Classics II réalisé entre 1991 et 1994 par Burbank Animation Studios. Dans un premier temps diffusé directement à la télévision en Australie, cet épisode a débarqué directement en VHS dans tous les autres pays en 1991, peu de temps avant la commercialisation de la version Disney. On le croise encore de nos jours sous divers formats, y compris en DVD.

Il n'existe aucune version française de cet épisode. Petite Sirène ne dispose donc que d'une unique version québécoise des deux côtés de l'Atlantique.

Résumé

Au fonds de la mer, une jeune sirène s'apprête à enfin regagner la surface pour la toute première fois de sa vie. Elle ne se doute pourtant pas qu'au dessus d'elle, deux royaumes tentent de mettre fin à un conflit armé qui dure depuis 100 ans.

Analyse de l'oeuvre

Quand on veut profiter de la situation et s'en mettre plein les poches par rapport à un long métrage faisant au même moment la Une de l'actualité, les plus profiteurs des éditeurs mettent généralement en place un astucieux pastiche qui grugera en un rien de temps un jeune enfant et ses parents mal informés. Bien évidemment, l'astuce est souvent un peu grosse : entre une jaquette nébuleuse et un prix de vente souvent dérisoire, il est souvent prudent de se méfier. Pourtant, nombreux sont ceux qui se laissent encore aujourd'hui prendre au piège de ce type de produits de seconde zone qui n'a absolument, mais vraiment absolument, rien à voir avec un long métrage produit par un grand studio d'animation à la renommé internationale. Petite Sirène est sans aucun doute un de ceux là !

Ce Petite Sirène commence fort dans le mimétisme rien que dans le choix délibérément trompeur de sa jaquette. Une jeune sirène aux cheveux rouges ayant une queue verte et des coquillages en guise de soutient gorge au premier plan , et une seconde sirène aux cheveux châtain, d'apparence plus jeune en second plan, et il n'en faut guère plus à un jeune bambin d'y apercevoir Ariel et sa fille Mélodie de la trilogie Disney consacrée à La petite sirène. A l'arrière de cette même jaquette, on y aperçoit à nouveau la sirène aux cheveux rouges tenant un objet ressemblant fort au garde manger d'Ursula, ben tiens pourquoi pas. Bien visible tout en haut et en gros, le beau « D'après le conte d'Andersen » semble rassurer, tout comme ce joli déluge de couleurs et de petits personnages rigolos. Pourtant, en y regardant de plus près, on devine assez vite l'entourloupe. D'abord, pas la moindre mention du moindre crédits. En dehors de la durée du film (59 mn) et des formats audio (exclusivement français) et vidéo (plein écran), il n'y a en effet rien du tout. Ni auteur, ni studio, ni même de copyright. Comment un tel DVD a-t-il pu atterrir dans une grande surface ? On se le demande !

Sachant à peu près à quoi m'attendre avec ce titre, je ne tarde pas à placer Petite Sirène dans mon lecteur DVD. Je suis pourtant loin d'être arrivé au bout de mes surprises. Rien que le menu du DVD fait peur tant il relève de l'amateurisme éhonté, regroupant des images baveuses sans aucun doute pioché sur Internet, et bien évidemment sans le moindre rapport avec le design de la jaquette. Petite Sirène continue d'effrayer dès qu'on lance le film. Sans transition aucune, une sorte de Merlin de chair et d'os dépravé nous annonce que l'histoire du jour sera consacré à un célèbre conte de Andersen. Des crédits apparaissent enfin à l'écran, et l'on découvre avec peu de surprise que ce DVD reprant en fait un épisode de la série télévisée International Family Classics II réalisé entre 1991 et 1994 par Burbank Animation Studios, un studio d'animation Australien qui a disparu au début des années 2000, mais qui a laissé à la postérité de nombreux pastiches : Peter Pan, Le bossu de Notre-Dame, Mulan, Alice au pays des merveilles, Les trois petits cochons, mais aussi Anastasia ou Le Prince du Nil (sic) entre autres... La plupart ont échoué directement en vidéo, mais plusieurs ont tout de même eu droit à une diffusion télévisée.

A moins d'être préparé au choc, force est de de reconnaître que l'éditeur du DVD a été aussi habile que mal intentionné en réalisant sa jaquette. La jeune sirène Miranda est blonde, et n'a rien de commun avec ce qu'annonçait la jaquette ! Et que dire du scénario de Petite Sirène qui n'a absolument rien à voir avec le conte d'Andersen dont le nom est pourtant mis en avant. Dans cette version de l'histoire, deux royaumes (situés chacun sur un minuscule îlot !) décident de faire la paix après un siècle de guerre en mariant le Prince William de Cardonie à la Princesse Clarissa de Faber. Bien évidemment, cette alliance se révèle boiteuse puisque le Roi de Faber veut profiter du mariage pour éliminer son adversaire et son fils. Que vient donc faire Miranda dans cette galère me demanderez-vous ? Et bien elle va à leur rencontre dans le but de leur chanter une chanson les incitant à mettre fin à la pollution de l'océan. Oui, c'est bien ça, arrêtez donc de rigoler derrière votre écran ! C'est alors qu'une baleine reçoit un gros caillou sur la tête, et dans sa confusion fait couler le bateau du Prince William. Miranda sauve alors le Prince, en tombe amoureuse en un clin d'oeil, et au bout de rocambolesques aventures (que je vous passerai sous silence tant cela est du même acabit)  parvient à découvrir et déjouer le complot du Roi Faber...

Non content d'offrir une histoire insipide, les personnages et les décors, tout comme le design général du téléfilm font affreusement mal aux yeux. Petite sirène comporte également deux chansons qui font mal aux oreilles (particulièrement « Où mets-tu tes ordres matelot ? »), tout en se voulant une ode à l'écologie («  Écoutez ma chanson »). Au bout de 40 éprouvantes minutes, Petite Sirène s'achève (on se demandera d'ailleurs où sont passés les 19 minutes manquantes sur les 59 annoncées) sans laisser le moindre souvenir impérissable. Diffusé à l'époque directement en vidéo dans la foulée du succès en salle de La petite sirène de Disney, Petite Sirène n'a aujourd'hui aucun intérêt à être connu.

09 août 2013 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (1991)

Miranda : Aline Pinsonneault 1

Prince William de Cardonie : Gilbert Lachance 1

Roi de Cardonie : Yves Massicotte 1

Sources : 1 Carton film
N.B. : Les trois comédiens cités assurent aussi les voix de tous les seconds rôles.