Giratina et le gardien du ciel : Quelques informations

Giratina et le gardien du ciel n'est sorti en vidéo qu'en France le 8 avril 2009, il n'est pas disponible au Québec à l'exception de la version anglaise importée depuis les Etats-Unis. Notons que ce film sera le premier à opposer Gulli et Disney XD dans une bataille de droits d'exclusivité de la première diffusion télévisée, prolongement naturel de la même rivalité qui existait déjà entre les deux chaînes pour la diffusion de la série télévisée. Pour ce film, c'est Disney XD qui décrocha les droits de la première diffusion.

Il s'agit du second film basé sur la 4e génération Diamant/Perle de Pokémon. Ce film est le pivot central de la trilogie constitué par L'ascension de Darkrai et Arceus et le joyau de vie. Le long métrage semble également avoir connu de nombreux bouleversements au niveau de l'histoire, puisque de nombreuses scènes animées, visibles dans la bande annonce japonaise originale, ont finalement été supprimées et remplacées par d'autres.

Le saviez-vous ? Giratina et le gardien du ciel est le second film de la saga qui met en scène des pokémons capables de changer de forme à volonté (après La destinée de Deoxys), toutefois c'est le premier qui les dévoile en exclusivité plusieurs semaines à l'avance. Les formes originelle de Giratina et céleste de Shaymin n'ont été rendues disponibles que dans Pokémon Platine, paru dans le commerce deux mois après la sortie de ce long métrage. Notons également que c'est le premier film qui propose deux personnages modélisés en 3D, en l'occurence Giratina uniquement lorsqu'il est capturé dans la machine diabolique de Zéro et Infi, l'intelligence artificielle du vaisseau.

Résumé

Le terrible combat qui a opposé Dialga et Palkia à la ville d'Alamos a eu de graves répercussions sur le Monde Inversé, ce qui a entraîné la colère de Giratina, le maître de ces lieux. Celui-ci souhaite désormais se venger et semble vouloir s'en prendre également à Shaymin, un curieux Pokémon aux pouvoirs étonnants. Sacha et ses amis décident de venir en aide à cet espiègle Pokémon et se retrouvent prisonniers du Monde Inversé. Tout se complique encore plus quand Zéro, un méchant sans scrupules, décide de s'en mêler.

Analyse de l'oeuvre

La licence pokémon continue doucement son déclin cinématographique avec Giratina et le gardien du ciel, onzième long métrage d'animation de la franchise. Certes, déclin est peut-être un bien grand mot, car artistiquement parlant Pokémon s'est toujours adressé avant tout au jeune public pour sa déclinaison animée (série et films), tout au contraire des jeux-vidéos qui se sont toujours adressés à tous les âges (c'est Satoshi Tajiri, créateur du concept, qui l'affirme). Dans déclin, je pointe surtout du doigt les petites subtilités à destination des adultes que la saga perd petit à petit dans chacun de ses nouveaux films. Le cycle Diamant/Perle est réellement devenu celui de la transition entre la période faste des débuts et le simple divertissement d'aujourd'hui au cinéma. Il faut dire aussi que le scénario des jeux Diamant et Perle était sans aucun doute le moins habile de la saga, car il tentait d'insuffler des codes de science-fiction qui n'auront pas réellement su s'intégrer parfaitement à Pokémon. Giratina et le gardien du ciel, deuxième volet de la trilogie basée sur le concept de l'espace-temps, tente ici d'aborder le thème délicat de la matière et l'antimatière qui fit son apparition dans le jeu Platine avec son célèbre univers inversé.

La théorie de l'espace-temps amorcée dans L'ascension de Darkrai est franchement nébuleuse. En voulant vulgariser jusqu'à l'extrême un concept scientifique très pointu, le premier film partait d'un postulat peu crédible, heureusement magnifiquement enrobé d'une superbe bande originale et d'un timing sans fausse note. Giratina et le gardien du ciel apporte sa pierre au fragile équilibre instauré par le film précédent en intégrant le concept du monde inversé dont on ne comprendra réellement la portée qu'une fois visionné Arceus et le joyau de vie (en version japonaise, la version internationale faisant un énorme contresens !). Je reviendrais plus en détail sur ce point lors de la mise en ligne de la fiche consacrée à ce film. Retenez simplement que dans Giratina et le gardien du ciel, toute altération spatio-temporelle effectuée dans le monde réel est résorbée par le monde inversée. Il fut en effet créé pour cet unique et exclusif usage. Au contraire, toute altération dans le monde inversée a des répercutions violentes dans le monde réel. Jusque là, les deux mondes n'avaient jamais été en contact l'un avec l'autre, mais la bataille entre Dialga et Palkia (qui avait envoyé la ville d'Alamos dans une autre réalité) a provoqué d'immenses dégâts, prenant la forme d'un gaz toxique, dans le monde inversé. Giratina, le maître des lieux, ne pouvant tolérer que l'on souille ainsi son univers, décide donc de punir les deux pokémons belliqueux, à commencer par Dialga qui passait par là.

Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu. Le minuscule pokémon Shaymin, au pouvoir insoupçonné, va faire irruption dans le champ de bataille et mettre en péril le règlement de compte entre les deux légendaires. Le début de Giratina et le gardien du ciel est donc prometteur, avant de finalement tomber dans le contemplatif et l'action pure. De nouveaux personnages vont ainsi faire irruption, sans que l'on comprenne réellement leurs véritables intentions, si ce n'est à servir le scénario du film. D'un côté, nous avons le Professeur Graceland, scientifique érudit (quoi qu'un peu bizarre) ayant consacré sa vie au monde inversé. De l'autre, nous avons Zéro, l'antagoniste du film qui veut à tout prix conquérir ce territoire, dans un premier temps pour le préserver avant de finalement tomber dans la mégalomanie. Zéro aurait pu être un personnage passionnant s'il n'avait pas déjà été précédé par Gelarden dans Le pouvoir est en toi. On retrouve en effet des similitudes bien trop prononcées entre eux pour ne pas percevoir dans Zéro un plagiat pur et simple de Gelarden : traque d'un pokémon légendaire pour son usage exclusif, impressionnante forteresse volante, même intelligence artificielle équipant le vaisseau, réapparition surprise au même moment du film pour relancer l'intrigue...

Du côté de la fine équipe, on retrouve notre sympathique petite troupe une fois de plus embarquée malgré elle dans cette nouvelle aventure, même si l'on regrette sa mise en retrait. Sacha, Aurore et Pierre ne servent pas vraiment à grand chose dans le récit qui préfère se focaliser sur l'antipathique (et moche, quelle que soit sa forme) Shaymin, l'impressionnant mais inutile Giratina et sur le personnage de Zéro. Mais l'histoire s'embrouille et se perd plusieurs fois en cours de route, jusqu'à proposer quelques petits passages à vide où les animateurs se contentent d'apporter des scènes contemplatives histoire de justifier le format long métrage. Heureusement pour nous, c'est ce qui fera illusion la première fois car l'univers visuel de Giratina et le gardien du ciel est de toute beauté. Le monde réel immerge le spectateur à découvrir les grands paysages scandinaves et ses immenses glaciers, tandis que l'univers inversé est un formidable prétexte à toutes les extravagances. Le spectateur y est invité à voir des objets et des formes en totale contradiction avec les lois physiques. C'est dans ce lieu étrange que nous retrouvons avec plaisir l'extravagante Team Rocket qui va littéralement cabotiner dans tous les sens, même la tête en bas !

Pour son adaptation en version internationale, Giratina et le gardien du ciel fait un sans faute. Comme cela n'a pas toujours été le cas dans la longue saga Pokémon malmené d'un bout à l'autre par les américains, cela fait d'autant plus plaisir de le savoir. Hormis quelques petites broutilles d'adaptation, le scénario est donc fidèle à la version japonaise. La version française envoie aussi du lourd, avec pas moins que quinze comédiens différents pour les seuls rôles humains (je ne compte pas les voix des pokémons, assurées par les uns et les autres). On relèvera aussi au passage que c'est la dernière occasion d'entendre Daniel Nicodème en tant que narrateur dans Pokémon, rôle qu'il avait interprété dans l'intégralité des épisodes de la série animée de la première à la 11e saison (soit près de 570 épisodes et 11 films !). Concernant la bande originale, Giratina et le gardien du ciel n'est pas aussi mémorable que L'ascension de Darkrai. Beaucoup moins symphonique dans son approche, le long métrage n'offre ainsi pas de thèmes mémorables, contrairement au magnifique final du film précédent. Il s'agit donc surtout de musiques d'ambiances, qui accompagnent les temps forts de l'histoire sans jamais les sublimer. Vous n'en retiendrez aucune une fois le film terminé, y compris le thème de Shaymin.

Maillon central d'une trilogie cinématographique, ce qu'on ignorait au moment de sa sortie, Giratina et le gardien du ciel laisse en suspend plusieurs idées tout en voilant de mystère quelques points obscurs qui ne trouveront réponse que dans le 12e film Arceus et le joyau de vie, l'oeuvre des révélations aussi ambitieuse que caduque. De fait, il risque d'être difficile à appréhender par les spectateurs qui n'auraient pas vu au préalable les saisons 10 et 11 de la série, ou au moins L'ascension de Darkrai, et qui ne poursuivrait pas leur visionnage avec le film suivant. Malgré tout, Giratina et le gardien du ciel reste globalement divertissant si tant est que l'on parvienne à supporter l'insipide Shaymin et l'héroïsme surréaliste de Sacha.

17 avril 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2008)

Sacha : Aurélien Ringelheim 1

Pierre : Antoni Lo Presti 1

Aurore : Alexandra Corréa 1

Jessy : Catherine Conet 1

James : David Manet 1

Miaouss : Philippe Tasquin 1

Pikachu : Ikue Ohtani 1

Infirmière Joelle : Fabienne Loriaux 1

Newton Graceland : Jean-Marc Delhausse 1

Zéro : Mathieu Moreau 1

Shaymin (Forme normale) : Delphine Chauvier 1

Shaymin (Forme céleste) : Guylaine Gibert 1

Narrateur : Daniel Nicodème 1

Chanson générique : Luc de Wacter 1

Rôle secondaires et pokémons : Frédéric Clou 1 , Claire Tefnin 1 et Grégory Praet 1