Diancie et le cocon de l'annihilation : Quelques informations

Diancie et le cocon de l'annihilation, premier film basé sur la 6e génération X / Y de Pokémon, est sorti en salle le 19 juillet 2014 au Japon. Le film renoue avec une tradition, amorcée par Les héros et abandonnée depuis Zoroark, le maître des illusions, qui consiste à effectuer des repérages à travers le monde, sous la forme d'un voyage touristique effectué par l'équipe de Pikachu the Movie.

Alors qu'il a fait un excellent démarrage lors de son premier week-end d'exploitation, détrônant au passage le film du studio Ghibli Souvenirs de Marnie, le long métrage a finalement fait sur la durée le deuxième pire score du box office japonais de la franchise, juste derrière Celebi, la voix de la forêt : environ 2,8 millions de spectateurs (deux fois moins que la moyenne habituelle).

En France, le succès de la franchise Pokémon n'est plus vraiment au meilleur de sa forme. Du coup, bien que le doublage du film fut réalisé dès le milieu de l'année 2014, le long métrage ne fut diffusé que très tardivement sur Gulli le 10 mars 2015. France Televisions, qui détient actuellement les droits de distribution, n'a dans un premier temps pas eu l'intension de le commercialiser avant de se raviser pour une sortie DVD le 4 novembre 2015.

Le saviez-vous ? Le film est précédé d'un prologue de 5mn intitulé Diancie, la Princesse du royaume des diamants qui est diffusé en exclusivité sur le site officiel Pokémon, en version française.

Résumé

Receuillie par des strassies, des pokémons qui vivent profondément sous la terre, Diancie a été intronisée Princesse. Elle est la seule à pouvoir revitaliser le pays des diamants grâce à sa capacité Orage Adamantin qui lui lui permet de créer des diamants. Cependant, le diamant sacré est le seul qui puisse sauver le royaume. Malheureusement, à l'heure actuelle, Diancie n'est plus capable de créer ce diamant géant. Elle décide donc d'aller à la rencontre de Xerneas, le pokémon légendaire capable de lui faire retrouver ce don. Mais en chemin, des voleurs tentent d'enlever Diancie déclenchant le réveil du pokémon de l'annihilation Yveltal. Sacha, Séréna, Clem et Lem parviendront-ils à protéger Diancie dans ce dangereux périple ?

Analyse de l'oeuvre

Alors que la franchise Pokémon est à l'aube de son 20e anniversaire (que l'on fêtera le 26 février 2016), Nintendo et GameFreak ont souhaité renouveler l'intérêt des premiers joueurs qui ont connu la licence à son origine avant de s'en éloigner naturellement. Alors que le précédent diptyque Noir / Blanc était une manière évidente de s'attirer un tout nouveau public, avec son histoire plus adulte et l'abandon pur et simple de l'intégralité des pokémons des anciennes générations, le diptyque X / Y a clairement été conçu de manière à renouer avec les joueurs les plus âgés. Bénéficiant pour la toute première fois d'une réalisation intégralement en 3D, cette nouvelle génération limitait le nombre de nouveaux pokémons, mais faisait revenir sur le devant de la scène les anciens les plus emblématiques accompagnés des méga-évolutions. Contrairement à une évolution classique, qui entraîne obligatoirement la disparation des caractéristiques de l'ancienne forme d'un pokémon vers la nouvelle, la méga-évolution est une technique stratégique temporaire qui ne peut avoir lieu qu'une seule fois par match. Le pokémon méga-évolué retournant dès lors à son stade antérieur une fois le match terminé. On retrouve ces deux particularités dans la série télévisée à partir de la saison 17, mais également dans Diancie et le cocon de l'annihilation, où d'ailleurs les deux s'ouvrent sur une nouvelle version de la célèbre chanson « Attrapez les tous », aussi bien en japonais, en anglais qu'en français !

Vous le savez sans doute déjà depuis un moment si vous avez lu mes analyses des films dans leur ordre chronologique, l'apothéose cinématographique Pokémon est aujourd'hui très loin derrière nous. Nous avions même assisté impuissant au naufrage artistique de la saga dans un horrible Kyurem VS La lame de la justice qui enfonçait des portes ouvertes tout en pullulant d'invraisemblances scénaristiques. Depuis, Pikachu the Movie relève timidement la barre en offrant avec Diancie et le cocon de l'annihilation un film simplement correct à défaut d'être mémorable. Ne lui cherchez d'ailleurs pas le moindre message dissimulé derrière son premier niveau de lecture. Le scénario, tout comme la quête de Diancie, se résumant au seul pouvoir de la confiance et de l'amitié. Bien que le film intègre les deux légendaires emblématiques de ce nouveau cycle, Xerneas et Yveltal, les scénaristes n'ont visiblement pas encore décidé quelle portée narrative ils voulaient insuffler aux longs métrages de cette nouvelle génération. En dehors de l'apparition de Xerneas, qui symbolise la vie et le renouveau, et celle de Yveltal, qui symbolise la mort et le changement, rien n'est véritablement dit autour de la légende de ces deux pokémons. Je me risquerai bien à penser qu'ils sont inspirés des mythes celtiques (le Cerf et l'Aigle), mais le trop peu d'éléments dévoilés actuellement sur ces deux pokémons ne me permet pas d'aller plus loin dans ma réflexion.

A défaut d'être un film dont la richesse narrative s'inspire des mythes et légendes, Diancie et le cocon de l'annihilation se révèle un excellent film touristique à la gloire de l'Est du Canada. Le film offre un gentil pied de nez à la France qui n'a pas servi de base pour l'univers visuel du film, alors que la zone de jeu du cycle X / Y lui est entièrement dédiée ! L'équipe japonaise a ainsi préféré choisir de rendre hommage à nos cousins francophones. S'il paraît curieux, ce choix narratif est pourtant totalement approprié pour ce film : Diancie est décrite dans le pokédex comme un pokémon capable de former des diamants par sa seule volonté. Saviez-vous que la Canada était aujourd'hui le troisième plus gros producteur de diamants au monde ? Contrairement à l'Europe et surtout à l'Afrique, la production de diamant canadien est très récente, elle ne débute réellement qu'au début des années 1990. C'est même dans l'Ontario que fut retrouvé le plus gros diamant brut du Canada : 35 carats ! Il était donc forcément évident que Diancie ne pouvait être originaire que de cette région du monde. Parmi les autres attractions touristiques canadiennes que l'on trouve dans Diancie et le cocon de l'annihilation, le long métrage mélange les caractéristiques de plusieurs grandes villes du Canada : Montréal (l'architecture de la ville et l'université McGill), Québec (L'hôtel Chateau Frontenac, le fleuve Saint-Laurent), Toronto (Le centre commercial Eaton) ainsi que la capitale Ottawa (Le Rideau Canal et sa végétation). Le long métrage ne fait pas non plus l'impasse ni sur les célèbres Chutes du Niagara ni sur les spécialités canadiennes aux chocolats.

Concernant la bande originale, je voudrais d'abord évoquer sa version internationale, car Pokémon USA a commit un gros sacrilège qu'on croyait révolue depuis l'époque 4Kids! : les musiques ont en effet été réorchestrées et modifiées par rapport à la version japonaise. Pour la version anglaise, et donc aussi française, ce sont plus ou moins les musiques de la saison 17 de la série qui sont reprises. Du coup, aucun thème ni mélodie, à tendance électronique, ne saute à l'oreille du spectateur, qui n'en retient finalement aucune. Exception faite bien entendu du célèbre remix « Attrapez-les tous » interprété à nouveau par Jean-Marc Anthony Kabeya comme il l'avait fait 16 ans auparavant et de la chanson « Tu m'as ouvert les yeux » dont la version instrumentale au piano clôture magnifiquement le film. Tout le reste de la bande originale ne fait ainsi qu'accompagner le récit sans chercher à le transcender. Par curiosité, et à défaut d'avoir pu voir ce long métrage dans sa version originale, je me suis quand même procuré l'album japonais de Diancie et le cocon de l'annihilation. Je reconnais que les mélodies originales n'apportent rien de plus palpitant non plus au film, par contre elles se révèlent bien plus symphoniques, avec beaucoup d'instruments à corde (piano particulièrement) et à cuivre. Le film offre aussi une chanson de fin « Daybreak Meteor Shower » un peu plus énergique et moins nostalgique que la version internationale.

En résumé, Diancie et le cocon de l'annihilation est un film qui devrait contenter avant tous les enfants, cible majoritaire de ce long métrage. Alternant entre moments de contemplation, quelques scènes d'action, une bonne dose d'humour faite autour de la Team Rocket, un trio de méchants plus charismatique que d'ordinaire, quelques moments de tension sans oublier bien sûr Diancie, il offre un début de cycle X/Y convaincant pour eux. L'adulte ou le parent qui voudrait les accompagner sera par contre très déçu de ne trouver qu'un seul et unique niveau de lecture du scénario qui ne vole donc pas bien haut. Par contre, si tant est que le sujet l'intéresse, il saluera la belle carte postale virtuelle du Canada.

25 mai 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2014)

Sacha : Aurélien Ringelheim 1

Séréna : Sophie Frison 1

Lem : Thibaut Delmotte 1

Clem : Elsa Poisot 1

Jessy : Catherine Conet 1

James : David Manet 1

Miaouss : Philippe Tasquin 1

Pikachu : Ikue Ohtani 1

Diancie : Béatrice Wegnez 1

Richard D'Acier : Jean-Marc Delhausse 1

Mila D'Acier : Maïa Baran 1

Lens : Patrick Brüll 1

Marissa : Fabienne Loriaux 1

Xerneas : Veronique Biefnot 1

Narrateur : Michel Hinderyckx 1

Voix additionnelles : Julie Basecqz 2 , Delphine Chauvier 2 , Frédéric Clou 2 , Gregory Praet 2 , Sophie Landresse 2 , Jean-Michel Vovk 2 , Alessandro Bevilacqua 2