La destinée de Deoxys / Destinée Deoxys : Quelques informations

Destinée Deoxys est l'ultime film édité au Québec le 15 mars 2005. Plus aucun autre film Pokémon n'a depuis franchi l'Atlantique en version francophone. Tous les films suivant sont donc entièrement inédits au Québec. C'est également l'ultime film de la saga distribué par Disney, via son ancienne filiale Miramax.

En France, la sortie en vidéo de ce long métrage, rebaptisé La destinée de Deoxys, fut passablement compliquée, puisqu'il ne passa jamais par les salles obscures. Tandis que les trois premiers films étaient édités par Warner qui les proposa en vidéo directement après leurs sorties en salles, seul le 5e film eu l'honneur d'être exploité en vidéo autrefois par Disney (Studio Canal en détient les droits désormais). Alors que TF1 ne croyait plus du tout au potentiel de la série télévisée Pokémon et l'avait déprogrammée, l'énorme succès que la série rencontra sur Gulli ravisa immédiatement les dirigeants qui se dépêchèrent de récupérer les droits vidéos de ce film, ainsi que du 4e et 6e film. Ces trois films furent donc commercialisés simultanément dans un seul coffret DVD le 16 mai 2007. Ils sont depuis disponibles à l'unité.

Malheureusement, la longue attente des fans ne fut cependant pas récompensée car TF1 réalisa un doublage ne faisant intervenir aucun des comédiens habituels, ni même les comédiens qui ont participés à Jirachi, le génie des voeux (contrairement à Celebi, la voix de la forêt qui reprend pourtant les mêmes que ce film), alors que les trois films sont pourtant sortis dans le même coffret DVD. Il n'existe donc aucune concordance vocale pour ces trois films ! On relèvera aussi que TF1 ne prit quasiment pas la peine d'effectuer elle-même l'adaptation française qui reprend à deux ou trois détails près les mêmes dialogues que la version québécoise.

Pour son avant dernière collaboration à la franchise Pokémon, 4Kids! n'effectua qu'une seule retouche majeure au film en changeant la chanson principale du film. C'est d'autant plus dommage que le titre L.O.V.E.L.Y ~ Dream-Seeing LOVELY BOY dans la version japonaise était une chanson festive parfaitement adaptée au film et ne nécessitait donc pas d'être changée par une chanson anglaise complètement différente.

Le saviez-vous ? Ce long métrage met en scène seulement 3 des 4 formes alternatives possibles de Deoxys : normale, défense et attaque. Son ultime forme, vitesse, n'existait tout simplement pas encore dans les jeux, puisqu'elle ne fut introduite que dans Pokémon Emeraude commercialisé environ 6 mois plus tard.

Résumé

Une météorite s'écrase sur dans le cercle polaire, libérant Deoxys, un visiteur de l'espace. Rayquaza, le gardien de la Terre, descend sur terre pour tenter de contrer l'invasion de Deoxys. Sacha et ses amis vont se retrouver malgré eux au beau milieu de cette bataille de légendaires tandis que Deoxys s'attaque à une immense ville.

Analyse de l'oeuvre

Installez-vous confortablement dans votre siège car la licence Pokémon passe désormais à la vitesse supérieure. Rendez-vous compte, le long métrage dépasse pour la toute première fois la sacro-sainte-barre symbolique des 80 minutes, le minutage traditionnel de tout long métrage d'animation réservé à la jeunesse ! Tout du moins aux Etats-Unis et en Europe, où l'on considère qu'au delà de cette limite symbolique, l'attention des chérubins est inexistante. Soyez donc sûr que votre enfant est un fan de la franchise avant de lui projeter La destinée de Deoxys. Si c'est le cas, retenez une chose, vous allez être tranquille pendant pas moins de 1h40 !! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que si vous vous laissez tenter de l'accompagner, vous ne serez pas non plus déçu de découvrir ce film dont la construction narrative est relativement ingénieuse et, surtout, imprévisible ! Une vrai bouffée d'oxygène dans le genre extrêmement formaté de la franchise Pokémon.

Fidèle à sa tradition depuis le tout début de la série télévisée (et au-delà, directement du jeu vidéo), la thématique principale de La destinée de Deoxys est l'amitié. L'amitié semble ici capable de tout, même à aider le jeune Tori à surmonter le traumatisme qu'il a connu dans son enfance, et dont les conséquences sociales se font ressentir tout au long du film. Tori est un enfant solitaire, qui a toujours vécu seul et qui n'a que pour seule réelle relation une forme de vie apparemment imaginaire. Tout comme pour Jirachi, le génie des voeux, ce long métrage choisit donc aussi d'écarter Sacha de l'intrigue au profit de Tori, seul véritable héros de l'histoire. Son évolution psychologique est remarquablement écrite et amené par un scénario habile qui, de plus, laisse une place considérable au mystère. Quand on regarde Pokémon, généralement on connaît les buts et aboutissements de tous les protagonistes dès les premières minutes. Ici, Pikachu the Movie renverse cette logique en laissant le spectateur dans l'expectative pendant une très longue période. Ce n'est que dans la dernière demi-heure qu'est finalement révélée la vérité sur les intentions de Deoxys. De fait, jusqu'à ce moment, Deoxys est une véritable menace pour tous les personnages puisqu'on ne devine jamais à l'avance ses réelles intentions.

La destinée de Deoxys réintroduit dans la saga cinématographique une tension quasi-permanente dans le déroulement de son intrigue (quelque chose qu'on avait laissé de côté depuis le premier film), ce qui permet de rouvrir enfin la grande porte à un trio d'énergumènes qu'on adore : la Team Rocket ! Grands oubliés de la plupart des longs métrages hormis le second, Jessy, James et Miaouss se contentent généralement de faire uniquement de la figuration, histoire de nous monter qu'ils sont toujours dans les parages. Dans ce long métrage, ils sont réellement mis à contribution pour détendre l'atmosphère tendue du scénario au détour de pitreries dont ils ont seuls le secret. Chacune de leurs apparitions fait mouche, particulièrement Jessy que plus rien ne semble désormais arrêter (elle a une manière bien à elle de faire fi de l'autorité !).

Ce septième long métrage déshumanise en partie les pokémons du film, on se réjouira donc de découvrir que les deux superstars du film, Rayquaza et Deoxys, sont incapables de s'exprimer oralement. Un vrai soulagement auditif pour le spectateur, d'autant que cela accentue naturellement l'incompréhension de leurs faits et gestes. C'est particulièrement vrai pour Deoxys dont les sons qu'il émet reste franchement énigmatiques, peut-être même effrayant pour les plus jeunes spectateurs. La destinée de Deoxys profite également de l'occasion pour glisser un pokémon de la quatrième génération jusqu'ici totalement inédit : Goinfrex. Le pokémon ne sert a priori strictement à rien, si ce n'est promouvoir à l'avance les jeux Diamant et Perle, mais trouve finalement son utilité de façon incongrue à la toute fin du film. Les jeunes enfants vont donc sans aucun doute l'adorer. Enfin, le long métrage est l'occasion de faire figurer le duo emblématique de la troisième génération Posipi et Negapi. Dans Rubis et Saphir, ils représentaient en effet la toute nouvelle possibilité de combat en duo qui n'existait pas dans les jeux précédents, et que l'on retrouve en introduction de ce film.

Pour sa bande originale, La destinée de Deoxys s'offre une orchestration digne des gros films d'actions. Il n'y avait jusqu'ici jamais eu d'affrontement aussi violent entre pokémon légendaires (une première devenue malheureusement tradition depuis), qui cette fois cause quand même la destruction d'une bonne partie d'une ville. La bande originale accentue tant le sentiment d'oppression du scénario, que le long métrage est accompagnée en version japonaise exclusivement d'une chanson festive qui contrebalance et équilibre judicieusement l'ensemble. Malheureusement pour nous, cette chanson a été purement et simplement éliminée du film par 4Kids!, au profit d'une autre chanson en anglais complètement fade qui n'apporte absolument pas la même gaieté à son écoute. Cela ternie donc au passage beaucoup l'intérêt de La destinée de Deoxys en version occidentale, auquel il faut rajouter une fois de plus un doublage français laissant à désirer. Réalisé par TF1, il ne fait intervenir aucun comédien belge traditionnel de la série télévisée (à la seule exception de Nessym Guetat, qui avait pourtant abandonné Miaouss depuis quelque temps car il ne vivait plus en Belgique).

Au final, La destinée de Deoxys est à ranger dans le haut du panier Pokémon. Un (très) long métrage d'animation qui offre un contenu généreux et cohérent, ainsi que du mystère et plein de rebondissement. On regrettera juste que la version internationale ai été légèrement aseptisée au niveau des dialogues. Préférez donc, si vous en avez la possibilité, la version japonaise qui est beaucoup plus mature et intéressante à découvrir.

10 novembre 2014 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage québécois d'origine (2005)

Ash : Sébastien Reding 1

Brock : Martin Watier 1

Jessie : Christine Séguin 1

James : Antoine Durand 1

Meowth : François Sasseville 1

Pikachu : Ikue Ohtani 1

Doublage français d'origine (2007)

Sacha : Charles Pestel 2

Pierre : Pascal Nowak 2

Jessy : Chantal Baroin 2

James : Thomas Roditi 2

Miaouss : Nessym Guetat 2

Pikachu : Ikue Ohtani 1

Narrateur : Stéphane Pouplard 2

Rafe : Alexandre Nguyen 2

Sid : Geoffrey Vigier 2

Tori : Catherine Desplaces 2

Professeur Lund : Régis Lang 2

Commentateur : Pascal Germain 2