Porco Rosso, un pilote de légende : Quelques informations

Projeté au Festival international du film d'animation d'Annecy en 1993 en même temps que Mon voisin Totoro, Porco Rosso, un pilote de légende remporte le premier prix. Grâce à cela, le film s'offre une sortie en salle en France le 21 juin 1995. Malheureusement, même s'il touche une génération de spectateurs, et malgré la présence de Jean Réno dans le rôle principal, Porco Rosso, un pilote de légende n'est pas le succès escompté.

Le saviez-vous ? Lorsque Disney a récupéré les droits vidéos, le sous-titre du film "un pilote de légende" a été abandonné en cours de route sans explication.

Résumé

Dans l'entre-deux-guerres, quelque part en Italie, un pilote hors-pair, est victime d'un sortilège. Il devient chasseur de prime, et établit son repère sur une île déserte de l'Adriatique. Surnommé Porco Rosso par ses ennemis, les pirates de l'air et brigands de tout poil, il affronte les meilleurs pilotes en duel aérien à bord de son splendide hydravion rouge. Il vole au secours des faibles et un jour rencontre l'amour. Mais qui percera le secret de sa métamorphose ?

Analyse de l'oeuvre

Il y a des films comme ça que l'on a toujours beaucoup de mal à aborder, ceux de Hayao Miyazaki l'ont souvent été. Plus encore de Princesse Mononoké, mais un peu moins que le très compliqué Le voyage de Chihiro, Porco Rosso, un pilote de légende est un film d'animation dont je ne sais jamais par quel bout le tenir. Car c'est à la fois un film simpliste et profond, au scénario linéaire et complexe, aux personnages convenus et intimes. Je crois surtout que mon problème majeur vis à vis de Porco Rosso, un pilote de légende, c'est sans nul doute à cause de cette malédiction qui a transformé Marco Pagot en cochon. Car rien ne permet véritablement de savoir pourquoi et comment il est devenu ce qu'il est dans le film. C'est peut-être pour cela que j'ai beaucoup de mal à me plonger dans cette ouvre, j'ai une trop forte tendance à vouloir trouver une explication à cette malédiction car le film multiplie les indices, ainsi que les fausses pistes permettant de trouver plusieurs explications possibles. Une chose est certaine, cela a un rapport direct avec un événement majeur de la première guerre mondiale qui va bouleverser à jamais les convictions de Marco.

Porco Rosso, un pilote de légende joue régulièrement avec la réalité historique et l'onirisme. Car si le contexte économique et la montée du fascisme de l'entre-deux guerres est une réalité, le reste du film nous emmène dans un monde aux lois différentes. Ainsi, si l'on nous répète à plusieurs reprises que l'action se déroule en Italie, du côté de la mer Adriatique, on est surtout étonné de rencontrer des paysages plutôt empruntés aux alentours de l'île de Phuket en Thailande, même si reconnaissons-le pour y avoir été, certains coins de l'Adriatique rappellent effectivement les films de pirates avec son eau véritablement azurée. Visuellement parlant, Porco Rosso, un pilote de légende enchante le spectateur, d'autant plus lorsqu'il sait qu'il fut à cette époque le dernier film du studio utilisant encore les décors et les personnages peint à la main, avant qu'il ne commence à utiliser les palettes numériques pour les films ultérieurs. Le résultat est donc à la hauteur des espérances, et aucun amateur d'animation 2D ne pourra attaquer Porco Rosso, un pilote de légende sur son aspect graphique.

L'autre aspect pour lequel on peut saluer Porco Rosso, un pilote de légende, c'est la part belle accordé à ces dames. Tandis que le film n'a qu'un seul héros masculin, ces dames sont nombreuses. Deux bien entendu retiennent inévitablement l'attention. D'un côté, Gina est une femme réservée mais complexe qui cache un lourd passé de regrets. Profondément attaché à Marco, elle reste dans l'attente désespérée que celui-ci lui fasse un signe. De l'autre, l'exhubérante Fio est son éloquent opposé. Impulsive et spontanée, elle s'impose dans les pattes de Marco sans que ce dernier puisse y trouver à redire. Elle sera la première, et probablement la seule, à réussir à percer la carapace de Marco qui s'ouvre à elle tout en la repoussant continuellement. Porco Rosso, un pilote de légende s'amuse d'ailleurs à opposer la débrouillardise et la coopération des femmes (l'atelier de réparation à Milan) contre des hommes braillards et désordonnées (Les pirates de l'air).

Je ne saurais dire exactement pourquoi, mais Porco Rosso, un pilote de légende n'est pas un film que je porte en affection particulière. Sans le renier non plus, car le scénario se laisse suivre sans aucun problème, il me laisse une étrange impression comme s'il n'avait rien apporté de plus une fois terminé. Il se regarde, il se laisse découvrir, et ensuite je passe à autre chose sans ressentir aucune émotion particulière à son attention. Probablement parce que je n'ai pas de sensibilité japonaise, puisque Porco Rosso, un pilote de légende a été un triomphe là-bas, balayant d'ailleurs du revers de la main La belle et la bête de Disney à l'époque. Tout le contraire de la France où malgré l'implication du studio Canal+ et son succès surprise au festival d'Annecy en 1993, le film ne connu qu'un succès plus que confidentiel. Ceci même alors que Jean Réno prêtait sa voix au personnage principal du film. Canal+ cédera finalement ses droits d'exploitation vidéo à Disney qui offrira une seconde jeunesse au film en 2006, fort du regain d'intérêt pour le studio Ghibli grâce à Le voyage de Chihiro.

Aujourd'hui, Porco Rosso, un pilote de légende reste un film dans le pur esprit de Hayao Miyazaki et du studio Ghibli, qui connaît ses aficionados, mais qui me laisse un peu sur ma faim. Visuellement et artistiquement éblouissant, Porco Rosso, un pilote de légende s'adresse probablement en priorité aux amateurs des hydravions qui sont l'âme principale du film.

17 janvier 2014 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1993)

Marco : Jean Réno 1

Fio : Adèle Carasso 1

Gina : Sophie Deschaumes 1

Curtis : Jean-Luc Reichman 1

Paolo Piccolo : Gérard Hernandez 1

Mama Aiuto : Jean-Pierre Carasso 1

Feralin : Eric Herson-Macarel 1

Voix additionnelles : Pierre Laurent1, Julien Kramer1, Gilbert Levy1, Daniel Lafourcade1 et Jean-Claude Donda1