Shrek : Quelques informations

Shrek est sorti en salle le 22 avril 2001 au Québec et le 4 juillet 2001 en Europe. A noter que le film fut également diffusé en avant première le 12 mai 2001 au Festival de Cannes.

Il n'existe aucune version québécoise de Shrek. Dreamworks a en effet la mauvaise habitude de ne pas doubler ses films au Québec.

Résumé

L'ogre Shrek, monstre vert, cynique et malicieux, voit sa tranquilité perturbée par l'arrivée de créatures féériques bannies par le méchant Farquaad. Il conclut un accord avec ce dernier, promettant de délivrer sa princesse Fiona des griffes d'un dragon. Mais la belle cache un secret qui va entraîner tout le monde dans la grande aventure.

Analyse de l'oeuvre

Ils l'ont attendu, ils en rêvaient depuis longtemps, ce film avec lequel les studios Dreamworks pourrait enfin narguer sans honte les studios Disney. Il faut dire qu'ils avaient tout essayé auparavant en proposant aussi des films d'animation en 2D, mais rien n'y avait fait. Quand à Fourmiz en ce temps pas si lointain, il était bien incapable de rivaliser avec 1001 Pattes ou Toy Story 2. Mais il y a un début à tout, et lorsque Shrek a envahit les écrans, il a tout balayé sur son passage. Véritable relecture moderne des contes de fées, Shrek a été la véritable surprise de l'année 2001.

Tout n'y est pourtant pas si parfait, à commencer par l'animation plutôt raide des personnages, semblant quelquefois se mouvoir tels des automates. Et pourtant, ces animations saccadées font partie intégrante du charme du film, rendant les personnages aussi amusants qu'attachants. On a souvent dit que Shrek était un gros coup de pied dans la fourmilière de Disney, les clins d'oeil sont parfois vraiment évidents (les trois fées, la transformation...), mais c'est surtout parce que Disney est extrêmement imprégné dans la tête des américains qui n'ont donc retenu que les adaptations des contes portés à l'écran par la compagnie aux grandes oreilles. Pourtant, c'est à tous les contes de fées « papiers »que Shrek s'attaque en dressant des personnalités soit à l'opposé même de ce qu'elles devraient être, soit en accentuant exagérément leur trait de caractère.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Shrek n'innove en rien sur le plan du scénario. Il ne fait qu'appliquer la recette éculée autrefois utilisée par les studios Disney (porter un conte à l'écran, car oui, l'histoire de Shrek vient aussi d'un livre), à laquelle a été ajouté l'humour potache typique de Dreamworks. Ainsi, si l'on met de côté le fait que Shrek est un ogre, on est en présence d'un film tout ce qu'il y a de plus classique avec un être rejeté de tous qui apprend à découvrir le monde et l'amour. Shrek, c'est pratiquement le conte du vilain petit canard adapté à la sauce ogresse. Mais ce qui fait la force du film, ce sont ses personnages et sa palette de comédiens taillés sur mesure.

A commencer par l'irrésistible Âne campé par un Eddie Murphy au mieux de sa forme, qui parle, qui parle et qui parle à n'en plus finir, sortant les plus subtiles fumisteries à la vitesse de l'éclair tout en y apposant un soupçon de vérité et de sincérité incroyable. C'est aussi le cas de Lord Farquaad interprété brillamment par John Litghow, qui du haut de son obnubilé de personne parfaite n'est qu'un piètre petit monarque irascible et antipathique. Fiona est assurément une Princesse haute en couleur, très bien jouée par Cameron Diaz. Savant mélange de la damoiselle en détresse qui désespère trouver l'amour dans les bras du beau Prince charmant venue la délivrer, et de la femme forte qui n'a besoin de personne pour vivre sa vie comme elle l'entend, Fiona est un personnage très subtil qui cache en plus un lourd secret. Quand à la vedette principale du film, à savoir Shrek, c'est Mike Myers qui est cachée derrière. A moins d'être un inconditionnel des aventures délurées d'Austin Powers, Mike Myers faisait figure de grand inconnu pour le public français. Shrek semble d'ailleurs n'être qu'une version 3D d'Austin tant ses blagues sont toutes très similaires, mais ce serait désavouer Shrek si l'on ne devait retenir que cela. Malgré le fait qu'il soit un ogre (un peu) repoussant, Shrek est incontestablement un personnage sensible et attendrissant à qui l'on s'attache immédiatement. Parmi cette brochette de gens talentueux, notons également un invité surprise : Vincent Cassel y fait une apparition en étant un Robin des Bois très déluré dont Fiona saura refroidir les ardeurs avec un tact propre à la Princesse.

Techniquement, le film est effectivement en dessous de ce qui peut sortir de l'écurie Pixar de cette époque, mais Dreamworks n'en a que faire et le public non plus. Produire des films bluffants n'en fait pas forcément des bons films. Shrek est surtout un intelligent dosage entre des petits éléments imparfaits mettant en avant leur qualité - quitte à grossir volontairement leurs défauts - constituant ainsi un équilibre parfait. A titre d'exemple, certains environnements semblent relativement vides, mais l'action, le timing ou une réplique qui fait mouche font illusion au point que le spectateur ne s'est rendu compte de rien. C'est sans doute ça la magie du cinéma ! Au niveau de la bande son, Shrek peut se targuer d'être à l'origine d'une mode aujourd'hui récurrente dans le film d'animation 3D : mélanger une partition intemporelle et propre au film à des tubes contemporains. C'est ce qui constitue à mon sens le seul vrai gros défaut de Shrek. S'il est toujours amusant qu'un film d'animation vive avec son temps pour toucher le public au moment de sa sortie, ce genre de pratique peu s'avérer sur le long terme dangereux. Si la bande originale de Blanche-Neige et les sept nains a su traverser sans encombre les époques et les générations, je doute fortement qu'il en soit de même pour celle de Shrek.

Au final, Shrek a été propulsé instantanément comme emblème des studios d'animation Dreamworks. Il est devenu le héros que les studios désespérait d'avoir, leur permettant de passer du statut de malheureux challenger traînant derrière la locomotive Disney à celui de champion qui a su se démarquer tandis que son ancien rival s'empourprait peu à peu dans la médiocrité. Véritable surprise de l'année 2001, Shrek est incontestablement une vrai réussite du studio. Touchant chaque tranche d'âge des spectateurs à divers degrés, il fait aujourd'hui l'unanimité. Et c'est tout ce qu'on est en droit d'attendre d'un grand film d'animation !

12 octobre 2012 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2001)

Shrek : Alain Chabat 1

L'âne : Med Hondo 1

Princesse Fiona : Barbara Tissier 1

Robin des Bois : Vincent Cassel 1

Lord Farquad : Philippe Catoire 1

Edgar Givry : Miroir Magique 1

Gepetto : Gérard Hernandez 1

Pinocchio : Alexandre Gillet 1

P'ti-Biscuit : Emmanuel Garijo 1

Trois petits cochons : Jean-Loup Horwitz 1

Garde huissier : Pierre Dourlens 1

Vieille dame : Denise Mermer 1

Chasseur d'ogre : Christophe Lemoine 1

Le Prêtre : Gérard Hernandez 1

Souris aveugles : Eric Metayer 1

Sources : 1Carton DVD