Joyeux Noël Shrek !

Si le phénomène n'est pas nouveau, c'est surtout à Pixar que l'on doit la résurgence de la suite présentée sous la forme d'un court métrage. Après les bêtisiers, on retiendra surtout La nouvelle voiture de Bob comme le premier bonus du genre, offert à l'époque avec l'édition DVD de Monstres & Cie. Mais c'est à Dreamworks que l'on doit la transfiguration du genre en proposant un moyen métrage... gratuitement pour la télévision ! Suite directe de Shrek le Troisième, ce court métrage de 20 minutes (+ 7mn rien que pour le générique !) fut diffusé pour la toute première fois aux Etats-Unis le 28 novembre 2007 sur ABC, tandis que TF1 le proposait en français dès le 23 décembre 2007.

Derrière Joyeux Noël Shrek ! se cache un producteur sur lequel on n'aurait jamais parié : Gary Trousdale. Pour les plus connaisseurs d'entre vous, vous reconnaîtrez derrière ce nom l'un des membres d'un duo fort chez Disney durant les années 90. Il était en effet l'un des artisans de La belle et la bête, Le bossu de Notre-Dame et Atlantide, l'empire perdu. Bref, une personne ayant un excellent CV cinématographique. Mais là où cela devient particulièrement savoureux, c'est de savoir que Gary Trousdale avait en 2001 violemment vilipendé le premier film Shrek, le considérant comme un sous produit marketing sans aucune âme. Il faut dire qu'à l'époque, la promotion de Atlantide, l'empire perdu avait été fortement bousculé par l'arrivé inattendu de l'ogre vert, c'était donc forcément de bonne guerre. Mais là où cela choque un peu, c'est que six ans plus tard, Gary Trousdale offre avec Joyeux Noël Shrek ! quelque chose qu'il avait jusqu'ici renié : le concerto de flatulences.

C'est malheureusement tout ce qui résume l'intrigue de Joyeux Noël Shrek !. L'ambiance de Noël ne se prête absolument pas à la mythologie des personnages, de fait, le moyen métrage s'enfonce dans les mêmes travers que Shrek le Troisième. Le mince scénario se résume à imbriquer ensemble plusieurs scènes sans aucun réel rapport entre elles, formant alors un ensemble vraiment très brouillon. Le tout reste agréable à regarder, mais loin d'être mémorable. Seul véritable point fort, l'ensemble du casting - que ce soit américain ou français - a répondu présent pour le plus grand bonheur des fans.

Notons tout de même au passage que même si Joyeux Noël Shrek ! a été à l'origine diffusé gratuitement à la télévision, Dreamworks a également profité de l'occasion pour lancer un processus marketing franchement scandaleux qu'il reproduit depuis systématiquement pour chacune de leurs productions. Le principe étant d'offrir durant une période très limitée le court métrage exclusivement en DVD au côté du film de référence plusieurs semaines ou mois après sa sortie initiale (obligeant à racheter inutilement le film que l'on possède déjà) ou alors en le vendant à l'unité à un prix exorbitant, toujours exclusivement en DVD, avec un contenu dérisoire durant une période limitée (faisant du coup monter artificiellement sa cote en occasion).

10 octobre 2014 par Olikos