Peter Pan : Quelques informations

Le film a connu deux doublages différents à sa sortie cinéma, le 18 décembre 1953 et lors de sa ressortie cinéma en 1992 (puis sur toutes les éditions vidéos à partir de 1996). Le film ne possède pas de doublage québécois. Lors de sa sortie cinéma initiale en France, le film portait le titre de Les aventures de Peter Pan. Pourtant, ce titre a été purement et simplement abandonné par la suite, pour une raison inconnue.

Steven Spielberg a toujours été un très grand fan du film de Disney, il produira donc une "suite" à cette version sous la forme d'un film d'acteur, mettant en scène Robin Williams dans le rôle de Peter Pan en 1992. Le film s'intitule Hook ou la revanche du Capitaine Crochet.

Peter Pan a donné lieu en 2002 à une suite qui eu le privilège de se voir offrir une sortie en salle : Peter Pan 2 - Retour au pays imaginaire.

Résumé

Londres, fin du siècle dernier. Wendy étant désormais trop grande pour dormir à la nursery avec ses jeunes frères, elle doit la quitter demain. Elle reçoit la visite du joyeux lutin Peter Pan, celui qui ne veut pas grandir. Il l'emmène au pays imaginaire, le royaume magique où ils auront à affronter le terrible Capitaine Crochet, chef d'une bande de pirates et de son second, M. Mouche ...

Analyse de l'oeuvre

Avant que Walt Disney ne porte Peter Pan à l'écran, force est de constater qu'il manquait un petit quelque chose dans tous les longs métrages d'animation de la compagnie : un personnage masculin intrépide et attachant auxquels les jeunes garçons pouvaient s'identifier. Le seul autre exemple du genre pourrait être Pinocchio, mais il n'a ni la prestance ni le charisme de l'inimitable Peter Pan, reconnaissez-le ! L'histoire est à la base adaptée d'une pièce de théâtre écossaise écrite par James Matthew Barrie en 1904. L'une des étonnantes particularités de cette pièce : Peter Pan était toujours incarné... par une femme à chacune des représentations. Tandis que la fée Clochette n'était au mieux qu'une simple rayon de lumière, les spectateurs s'imaginant ainsi voir virevolter une fée pourtant inexistante. La version portée à l'écran par Walt Disney fait un choix résolument radical. Elle rend à Peter son statut de véritable garçon - une première à l'époque -, et surtout, elle personnifie l'inoubliable Clochette, tout en lui donnant une « voix » sous la forme de tintements de clochettes.

Clochette est assurément la vedette majeure de ce film, alors que celle-ci est incapable de prononcer le moindre mot. Gesticulant à tout va pour exprimer ses émotions, la ravissante fée est pleine de vie ! Tour à tour jalouse, espiègle, impatiente, détestable, elle reste dans tous les cas de figure vraiment adorable ! Pas étonnant qu'elle soit devenue l'emblème des studios Disney, dépassant largement les frontières de ce long métrage. Peter Pan offre d'ailleurs un autre personnage incontournable : l'irascible Capitaine Crochet. Crochet bénéficie d'une aura jusque là jamais vu dans les précédents longs métrages, c'est en effet le tout premier « méchant » qui n'attire pas l'antipathie du spectateur. Malgré ses crises de nerfs mémorables, et malgré ses plans machiavéliques pour mettre la main sur Peter, Crochet semble plutôt être une sorte de mentor, presque un père, débordé par ce jeune adolescent insouciant et insaisissable qui se fait un grand plaisir de le tourner en bourrique. Ce sentiment est d'ailleurs accentué par l'aspect comique de sa personnalité, surtout quand il se fait poursuivre par le célèbre crocodile. Crochet devient tellement pitoyable par moment, qu'on finit par ne plus le percevoir comme un méchant, d'autant qu'il sait faire preuve d'un raffinement certain.

Peter Pan innove beaucoup sur son aspect esthétique mais aussi technique. Le film offre ainsi deux véritables mondes totalement opposés. Le film s'efforce d'abord de retranscrire avec une étonnante exactitude la réalité, particulièrement la maison de Wendy, Jean et Michel. Quand Peter s'invite dans la chambre des enfants, le film offre une transition douce vers le monde irréel. Les personnages prennent leur envol au dessus de Londres, la fantaisie s'invite peu à peu au fur et à mesure de leur périple. La sensation de pesanteur des personnages est d'ailleurs étonnante, prouvant que le film a bénéficié d'une réalisation impeccable. Alors que le monde réel semble froid et lugubre, le pays imaginaire est au contraire chaleureux et lumineux. Il ne pouvait sans doute pas en être autrement, puisque ce monde est censé être figé en dehors de la ligne temporelle. Toute personne qui y séjourne ne peut donc plus vieillir et peut y vivre éternellement. Mais ce monde aux apparences idylliques a aussi un énorme revers, Jean et Michel vont d'ailleurs l'expérimenter à leur dépend : plus on s'y amuse, et plus on oublie sa vie passée.

Il est intéressant de se pencher sur l'aspect musical de Peter Pan. Chaque personnage se voit en effet attribuer un thème musical qui lui est propre. La flûte de pan, tout naturellement, accompagne ainsi régulièrement chaque apparition de Peter. Les enfants perdus bénéficient de leur propre ritournelle, il est en d'ailleurs de même pour les pirates, les indiens, Clochette, et Crochet. Pour autant une seule de ces mélodies reste imprégnée dans notre mémoire, parce qu'elle est superbement burlesque. Je suis sûr que vous savez de laquelle je parle. Oui, c'est bien le tic-tac du crocodile ! Peter Pan comporte aussi plusieurs chansons très divertissantes. Notons d'ailleurs que le film ayant bénéficié de deux doublages français différents, ces chansons y sont adaptées différemment sur l'une et l'autre version. Par exemple, on entendait dans la version de 1953 « Nous suivons le guide », alors que c'est désormais « A la file indienne » que chantonnent les enfants lorsqu'ils parcourent le pays imaginaire.

Le scénario de Peter Pan offre une aventure pleine de rebondissements, de suspens et de bravoure qu'il est difficile de ne pas apprécier. Les diverses séquencent s'enchaînent de façon fluide sans laisser le spectateur perdu dans l'intrigue. Il faut dire que l'équipe Disney fut tellement échaudée par les critiques acerbes (particulièrement britanniques) envers Alice au pays des merveilles que tout a été mis en oeuvre pour offrir une adaptation tout aussi respectueuse de la pièce de théâtre que dans le style propre aux films Disney. Le film est accessible aussi bien par les enfants et les adultes, tout en donnant réellement envie d'aller faire un tour au pays imaginaire pour y rencontrer les gens bizarres qui y vivent. Il offre une panoplie de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. Peter Pan reste donc un film de très grande classe qui n'a pas pris la moindre ride. Que lui souhaiter de plus sinon une longue et éternelle reconnaissance par n'importe quelle génération de spectateurs ?

14 décembre 2012 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (1953)

Peter Pan : Claude Dupuy 1

Wendy : Marie-Claire Marty 1 (Dialogues)

Wendy : Mathé Altéry 2 (Chant)

Capitaine Crochet : Jean-Henri Chambois 1

Monsieur Mouche : Camille Guerini 1

Jean : Gérard Petit 1

Michel : Jean-Jacques Duverger 1

Monsieur Darling : Georges Hubert 2

Narrateur : Jacques Beauchey 3

Grand chef indien : Marcel Rainé 2 (Dialogues)

Pirate violet : Pierre Morin 3

Pirate vert : Pierre Michau 3

Pirate rouge : Pierre Morin 3

Pirate borgne à gilet : Jacques Beauchey 3

Sirènes : Gilberte Aubry 2 et Nelly Benedetti 3

Choriste enfant : Marie-Claire Marty 2

Second doublage français (1992)

Peter Pan : Hervé Rey 1

Wendy : Séverine Morisot 1 (Dialogues)

Wendy : Bénédicte Lécroart 1 (Chant)

Capitaine Crochet : Jean-Henri Chambois 1

Monsieur Mouche : Teddy Bilis 1

Jean : Charles Pestel 1

Michel : Pauline Bandelier 1

Monsieur Darling : Jean-Henri Chambois 1

Madame Darling : Marie-Brigitte Andréi 1

Narrateur : Michel Gudin 1

Grand chef indien : Jean Stout 4 (Chant)

Ours : Michel Mella 4

Pirate petit : Henri Labussière 4

Un pirate: Laurent Hilling 5

Sirène : Magali Barney 5

Choristes enfants : Donald Reignoux 5 et Karine Costa 5