Les rebelles de la forêt 3 : Quelques informations

Tout comme son prédécesseur Les rebelles de la forêt 3 est sorti directement en vidéo aussi bien en France dès le 5 janvier 2011, qu'au Québec le 25 janvier 2011. Etonnament, la qualité du film se situe un cran au dessus des deux premiers.

Pour ce troisième volet de la saga, les animaux de la forêt vont rentrer en contact avec des animaux... de cirque ! Tout comme Madagascar 3 - Bons baisers d'Europe sorti des studios Dreamworks un an et demain plus tard !

Contrairement aux deux premiers films, Les rebelles de la forêt 3 ne dispose d'aucune version québécoise.

Résumé

Rien ne saurait empêcher Boog d'effectuer sa traditionnelle virée entre mecs avec son acolyte Elliott. Tout s'annonce à merveille, jusqu'à ce que Giselle soit obligée de rendre visite à sa famille. Elliott devant s'occuper de leurs enfants, il ne peut plus partir à l'aventure avec son ami. Déçu, Boog décide néanmoins de prendre la route en solitaire. En chemin, il remarque un cirque qui fait étape dans la région. Boog se glisse alors dans la ménagerie où les animaux l'incitent à abandonner la forêt pour devenir une des vedettes du cirque...

Analyse de l'oeuvre

Le temps continue sa course et les chiffres s'incrémentent petit à petit quand bien même on ne le souhaiterait pas. Sony Pictures Animation nous offre un nouvel épisode de son étrange saga dans Les rebelles de la forêt 3 qui vient clôturer l'aventure de Boog, Elliott, Giselle, Monsieur Saucisse ou encore Fifi directement en vidéo. Mais, oh surprise, cet ultime épisode est fort réussi ! J'ignore si c'est par lassitude ou si c'est par accoutumance face à la médiocrité générale des deux volets précédents, mais je reconnais avoir vraiment apprécié ce dernier épisode, sans aucun doute le plus réussi de la trilogie. Tout n'y est pourtant pas parfait, Les rebelles de la forêt 3 traîne toujours les mêmes tares que ces prédécesseurs, à commencer par sa technique d'animation toujours aussi exécrable. Mais ce coup-ci, le studio parvient enfin à trouver la bonne formule magique à l'attention de ses spectateurs !

Les rebelles de la forêt 3 prend la peine de mettre au centre du film le grizzli Boog, ce qui n'avait jamais été réellement fait dans les deux volets précédents. Il nous brosse pour la toute première fois les conséquences de l'isolement du personnage, seul et unique ours de toute la forêt. Dans le premier film, celui-ci n'avait pas vraiment le temps de nous être présenté tant Elliott monopolisait l'attention du spectateur par ses innombrables pitreries. Dans le second volet, Boog était en retrait, à cause de la surabondance de nouveaux personnages, mais également de la folle course poursuite pour sauver Monsieur Saucisse qui ne lui laissait plus de place. Ici, au début du long métrage, on comprend que Boog a plus ou moins intégré la communauté des animaux en passant le plus clair de son temps à les aider dans diverses tâches. Il vit à travers les autres, jamais pour lui-même. Une situation qui lui convenait plutôt bien, tant qu'il pouvait évacuer la pression dans une journée « entre mecs » qu'il organisait principalement avec Elliott. Le temps passant, la vie privée de chacun accaparant les uns et les autres, Boog finit par se retrouver tout seul. A deux doigts de la déprime (plutôt de la douce folie), il apprend l'existence d'un cirque Russe mettant en vedette d'autres ours. Il ne lui en faut pas plus pour s'imaginer une nouvelle vie pleine d'aventures en compagnie des siens ! Enfin, c'est ce qu'il s'imagine.

Pour les besoins du scénario, Sony Pictures Animation va piocher dans l'univers de Mark Twain. Si vous êtes un fan de Disneyland, je vous vois déjà en train d'imaginer l'un des deux bateaux à vapeur de Frontierland. Vous avez partiellement raison, puisque la source d'inspiration est la même. Mark Twain est un auteur populaire incontournable (comment ça vous ne le connaissiez-pas ?) qui a notamment écrit les aventures de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn. Mais cela n'a aucun rapport direct avec Les rebelles de la forêt 3, qui préfère tirer son inspiration d'un autre de ses ouvrages très populaires : Le prince et le pauvre. Dans celui-ci, Édouard, Prince de Galles, décide de s'amuser à changer de vie en prenant la place de Tom, un gamin des rues qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. L'idée de base du roman est ici répliquée dans ce long métrage où Boog va prendre la place de Doug, la vedette principale du cirque, tandis que Doug va prendre la poudre d'escampette pour assouvir son besoin de liberté (façon Mélodie du bonheur). Les deux vont pourtant se rendre compte que la vie n'est pas forcément plus belle dans le jardin de son voisin. Pour cette dernière aventure, tous les personnages populaires des deux premiers longs métrages font leur retour dans le film.

Aucun d'entre eux ne s'avère superflus. Ils sont intégrés au récit de manière convaincante, y compris le retour de Monsieur Saucisse et Fifi (qui a perdu deux choses importantes) devenus définitivement indissociables de l'univers de la saga. Ils sont accompagnés de nombreux nouveaux personnages qui réussissent également à s'intégrer sans problème au récit. Elliott se trouve désormais affublé de deux filles très futées et d'un fils à son image qui rappelle vaguement Mini-Moi dans Austin Powers. Le cirque amène avec lui deux nouveaux personnages : Ursa, le pendant féminin de Boog, et Alister, le fidèle acolyte de Doug. Laissons de côté l'oursonne Ursa, charmante au demeurant, pour parler du lama Alister. Vraisemblablement inspiré de la mésaventure de Kuzco de Disney, Alister est un personnage excentrique à souhait, au bouillonnant sang latino, qui déblatère un flot de parole aussi humide qu'il postillonne abondamment sur ses interlocuteurs. Construit comme l'équivalent de Boog, Alister est un personnage qui répond constamment aux caprices de star de Doug. Pensant trouver un allié dans Boog, en qui il voit sa propre situation, il prend soudain conscience de sa solitude lorsque celui-ci l'abandonne à son tour. Alister va servir de moteur de réconciliation entre tous les animaux sauvages et ceux du cirque. Il devient de fait l'atout maître du scénario de Les rebelles de la forêt 3, car derrière sa façade de personnage burlesque se cache une vrai profondeur. Sony Pictures Animation n'avait jamais réussi ce tour de force dans aucun de ses films d'animation jusqu'à présent !

En fin de compte, là où le bât blesse dans Les rebelles de la forêt 3, c'est du côté de sa technique d'animation. Absolument inchangée par rapport aux deux premiers films, ce troisième épisode est desservi par une animation désuète, désespéramment vide et disons le franchement, tout bonnement affreuse. Il y a certes un tout petit progrès par rapport à ses deux aînés (quelquefois il se passe quelque chose en arrière plan), mais durant la majorité du temps les décors seront désespérément fixes et sans aucune vie. Les personnages 3D semblant d'ailleurs flotter dans des décors 2D ternes. Heureusement pour nous, la forêt, seul et unique lieux majeur visible dans les deux films précédents, est ici couplé avec des décors de cirque un peu plus chaleureux que d'ordinaire. Sans aller jusqu'à la perfection visuelle qu'était Fireworks dans Magadascar 3 - Bons baisers d'Europe, Les rebelles de la forêt 3 tente lui aussi d'apporter un plus lors de la scène finale du film, avec quelques effets lumineux plutôt réussis couplés à une mise en scène dynamique. Du coup, on se laisse aller, finissant par se laisser happer par l'intrigue qui pour une fois est parfaitement dosée.

Il nous aura donc fallu beaucoup de temps, autant de patience et quatre longs métrages pour que Sony Pictures Animation nous offre enfin quelque chose de consistant à se mettre sous la dent. Parfaitement équilibré dans son récit avec ses moments d'émotions et ses scènes cocasses (jusqu'à offrir un générique de fin désopilant), judicieusement accompagné de musiques et chansons amusantes, Les rebelles de la forêt 3 est le premier à avoir réussit à surpasser ses grands frères en devenant le premier long métrage potable de ce studio ! Quand on voit le bon technologique opéré avec Tempête de boulettes géantes l'année suivante, Sony Pictures Animation a depuis largement mérité sa place aux côtés des grands studios d'animation américains. On remerciera donc, malgré tous ses défauts, l'éprouvante saga Les rebelles de la forêt qui se termine plutôt bien, car elle aura été profitable au studio dans sa quête de découverte de son propre talent.

24 avril 2015 par Olikos

Voxographie sélective

Doublage français d'origine (2011)

Boog : Pascal Légitimus  1

Elliot : Julien Courbey  1

Fifi : Bernard Gabay  1

Giselle : Cécile Nodie  1

Bobbie : Lucie Dolène  1

McSquizzy : Michel Prud'homme  1