Cars 2 / Les bagnoles 2 : Quelques informations

Cars 2 est sorti en salle le 27 juillet 2011 en France. Suite au décès de Michel Fortin, c'est Gilles Lellouche qui a dû reprendre le rôle de Martin. Beaucoup de spectateurs regrette ce choix car son interprétation s'éloigne beaucoup de celle de Michel Fortin. Au Québec, le film y est intitulé Les bagnoles 2 et est sorti en salle le 24 juin 2011, l'ensemble des comédiens du premier film ont tous repris leurs personnages.

Pour la première fois dans un de leurs films, Pixar rend ouvertement hommage à Mickey Mouse au travers du personnage d'Oncle Topolino. Topolino (qui signifie petite souris) est en fait le nom italien de Mickey, mais c'est aussi le nom tout aussi officiel de la Fiat 500 Topolina A, première de sa catégorie qui a été mise sur le marché en 1937.

Mama Topolino est elle-aussi une Fiat 500 Topolino, mais le modèle C plus récent et commercialisé en 1948. On notera au passage que dans toutes les versions internationales du film, c'est l'immense actrice italienne Sophia Laurens qui joue ce personnage (la version anglaise en est en effet dépourvue).

Cars - Quatre roues était à ce jour le seul film qui rendait hommage aux films Pixar qui l'avaient précédés à travers une projection spéciale durant le générique de fin. Cars 2 se permet donc de rajouter des clins d'oeil évident à Les indestuctibles (à Radiator Springs), WALL.E, Toy story 3 et Monstres & cie (publicités à Tokyo), Ratatouille (à Paris), Là-Haut (Lors de l'émission TV au début du film) et parait-il à Rebelle également (dixit John Lasseter). On notera aussi que le célèbre véhicule Pizza Planet est mis trois fois à contribution pour Cars 2 : une première fois comme invité de l'émission TV, une seconde fois au bord de la ligne de départ de la course qui conclut le film, et une troisième fois dissimulé sur le circuit de Londres dans l'une des affiches publicitaires du film.

Le saviez-vous ? Cars 2 célèbre les 25 ans des studios Pixar.

Résumé

Après s'être complètement égaré dans la jungle où il a du apprendre à survivre, Miles Axelrod a mis au point un carburant écologique révolutionnaire : l'Allinol. Et pour prouver au monde entier tout le bénéfice qui découle de ce nouveau biocarburant, il convit toutes les plus célèbres voitures du monde à participer à son Grand Prix Mondial. Malheureusement des évènements inexpliqués se produisent pendant les courses, Flash McQueen et Martin se trouvent dès lors mêlés à la plus grande affaire d'espionage jamais imaginée.

Analyse de l'oeuvre

Cars 2 est la brebis galeuse de Pixar, mais dans le bon sens du terme. Cars 2 est en effet à Pixar ce que Kuzco, l'empereur mégalo est à Disney : une immense comédie parodique et matinée d'un soupçon d'espionnage. Cars - Quatre roues ne m'avait pour ainsi dire pas du tout emballé, étant allergique par nature aux courses automobiles, j'avais sincèrement dû traîner des pieds avant d'aller le découvrir. Au final, c'était un film simplement sympathique, auquel on ne pouvait cependant absolument pas échapper à son lourd poncif typiquement et exclusivement américain, que ce soit par son ambiance, sa mentalité et sa bande son. Cars 2 fait table rase de cet élément et s'ouvre enfin à l'international, même s'il en exagère parfois trop considérablement la caricature des pays traversés.

Telle une tradition immuable depuis de nombreuses années pour tous les nouveaux films analysés sur le site, je n'avais suivi aucun sujet autour de Cars 2 avant d'aller le voir, pas regardé le moindre documentaire ni vidéo le concernant, encore moins lu les divers avis sur la toile ou dans la presse, à la seule exception de la bande annonce présente dans certains DVD et Blu-Ray. Aussi, quelle ne fut pas pour moi cette heureuse surprise de découvrir le scénario du film qui ne lésine à aucun moment à réunir et parodier tous les plus grands clichés des films d'espionnages. A commencer bien évidemment par le très célèbre et distingué James Bond ! Finn McMissile en est d'ailleurs son meilleur représentant : inspiré d'une Aston Martin DB5, c'est ainsi la voiture qui a été le plus souvent utilisée dans un James Bond (cinq films). Et pour enfoncer encore plus le clou du parallélisme avec les films d'espionnage, Pixar fait appel à Michael Caine pour lui donner sa voix. Ce dernier s'est en effet illustré dans le passé en jouant le rôle d'Harry Palmer, un agent britannique de contre-espionage. Assurément, Finn McMissile est une superbe surprise dans le film, c'est de lui que vont venir la majorité des références à ce genre cinématographique autrefois en vogue, tout en utilisant à outrance des gadgets en tout genre dignes des films des années 1960. La séquence d'ouverture de Cars 2 est ainsi d'une étonnante richesse, et si vous parvenez à admettre que des véhicules sont capables de telles actions, vous arriverez à craquer et à adopter immédiatement ce personnage !

En face de lui, Pixar lui oppose évidement un méchant à sa mesure : le Professeur Z, en partie inspiré par le machiavélique Docteur No, mais surtout par l'irrésistible Docteur Denfer (« Austin Powers »). Il lui ajoute ensuite un étrange monocle probablement inspiré par le film d'espionnage français « L'oeil du monocle ». Assez peu charismatique, et sans aucun doute le moins impressionnant des méchants conçus par Pixar, le Professeur Z reste tout de même assez atypique jusque dans sa conception. Il est en effet inspiré par la bizarre Zundapp Janus, un étonnant véhicule dont le moteur se situait en plein milieu de l'habitacle, un seul siège à l'avant pour conduire, et un second passager qui prenait place à l'arrière... tout en tournant le dos au conducteur ! Ce véhicule fut un flop retentissant lors de sa commercialisation, et on comprend dès lors d'autant mieux les sombres motivations de ce personnages en sachant cela.

En mettant en avant son caractère parodique, Cars 2 fait un choix à priori risqué de partir dans une direction complètement différente de son aîné. Si vous êtes un inconditionnel de Cars - Quatre roues, vous ne retrouverez probablement pas vos marques. La plupart des personnages principaux du premier film n'y font en effet que de la simple figuration. Si l'on excepte Flash McQueen - qui au passage retombe encore dans les travers de sa personnalité - et Martin (VF) / Mater (VQ), aucun autre n'a un quelconque intérêt particulier dans ce film. En dehors des nombreux nouveaux personnages, c'est donc Flash et Martin qui se partagent le même temps de présence à l'écran, même si c'est surtout ce dernier qui est volontairement mis en avant.

Assez étonnamment, c'est en effet Martin qui remporta l'adhésion du public dans Cars - Quatre roues, au contraire du froid et peu charismatique Flash McQueen. Pixar ne s'est d'ailleurs pas trompé en lui consacrant de nombreux courts métrages. Paradoxalement, ce sont au contraire les produits dérivés à l'effigie de Flash qui ont la préférence des enfants, tout simplement parce que lui seul est taillé pour avaler l'asphalte dans l'imagination des garçons. De cette étonnante contradiction, Pixar crée donc un scénario à double intrigue plaçant chacun des deux héros de Cars 2 dans les situations qui leur conviennent le mieux à chacun. Et le résultat est à la hauteur des espérances. Les deux personnages évoluent en parallèle au début du film, mais leurs histoires respectives finissent immanquablement par se rejoindre ensuite. Leur amitié n'en ressortira que plus renforcée.

Je l'écrivais un peu plus haut, Cars 2 s'est internationalisé. Au premier abord, cela fait un bien fou de sortir enfin de la mythologie de la route 66 qui n'intéresse que les passionnés et les initiés des fabuleuses histoires de l'Amérique d'autrefois. Toutefois, Pixar s'enlise encore une fois dans d'énormes clichés qui font un peu grincer des dents. C'est d'ailleurs totalement incompréhensible en sachant combien d'animateurs, de programmeurs, d'artistes ou d'employés de tous les pays travaillent dans leur studio. Que dire de la représentation de Paris dans Cars 2, aussi peu crédible que dans Monstres & Cie et Ratatouille, et qui reprend une fois encore le stéréotype véhiculé depuis 1945 par les troupes américaines qui libérèrent la ville après la seconde guerre mondiale (c'est bien connu, la France n'a pas du tout changé depuis ce temps là). Que penser ensuite du séjour à Tokyo, où seules les extravagances et les mauvaises idées reçues sont mises en avant ? Même le circuit fictif italien de Porto Corsa (mélangeant Monaco, la côte Amalficaine, la ville de Corté en Corse, la ville de Monza et la basse Italie), y est exagéré à l'extrême. Sans oublier le mythe populaire de la mafia Sicilienne avec son Padre (Oncle Topolino), sa madre (Mama Topolino) et ses rivalités fraternelles (Luigi et Guido). A priori, seule la ville de Londres s'en sort à peu près convenablement, puisque certains de ces clichés britanniques sont devenus leurs emblèmes (la royauté, les cabines téléphoniques, Big-Ben et les bus à impériales).

Du point de vue purement technique, Cars 2 s'en tire très honorablement. Si l'on est peu exigeant, on parvient même à croire à l'humanisation des divers véhicules. Le film multiplie les scènes d'anthologie, permettant au spectateur de ne pas s'ennuyer une seule seconde. Pixar remplit parfaitement son quota en faisant cohabiter des courses poursuites infernales, des retournements de situations invraisemblables, des moments de pur délire ainsi que des séquences purement narratives. La bande son se veut d'ailleurs beaucoup plus sage et moins envahissante que dans Cars - Quatre roues. Pixar fait par contre l'impasse sur l'émotion, impossible de pouvoir rivaliser avec son prédécesseur Toy story 3 par exemple, mais cela n'a quasiment jamais été présent dans leurs films et n'est donc pas un critère discriminatoire. Cars 2 n'a réellement pas du tout le même objectif, il n'existe surtout que pour divertir. Et aussi en profiter pour être le fer de lance de la nouvelle gamme de produits dérivés qui se vendent comme des petits pains depuis 2006.

Pixar tente aussi avec Cars 2 de réitérer le message écologique, exercice qu'il avait déjà essayé sans succès avec WALL.E, mais le studio ne parvient pas non plus à être très crédible ici. Le film surfe en effet sur la raréfaction du pétrole pour mettre en avant un produit beaucoup plus écologique: l'Allinol. Seulement, Pixar ne donne aucun élément de réponse autour de ce carburant biologique, et l'Allinol ne devient au final qu'un simple prétexte à justifier le scénario du film. Le message écologique nous passe donc sous le nez sans qu'on en retienne quoi que ce soit. Dommage.

Cars 2 reste quand même un film énergique qui n'a qu'un seul et unique but : divertir ses spectateurs. Beaucoup plus ouvert et accessible au public féminin et aux réfractaires des automobiles que le premier film, il peut toutefois se montrer rédhibitoire pour ceux qui n'ont pas un soupçon de culture des films, téléfilms et séries télévisées d'espionnage des années 1960. Ils passeront dès lors à côté de toutes les références croustillantes à ce genre cinématographique et télévisuel. Centré uniquement sur Flash McQueen et surtout sur Martin, Cars 2 étonne en se détachant sciemment de Cars - Quatre roues, aussi bien dans son ambiance que dans son déroulement et son thème. Certains ne le lui pardonneront certainement pas, mais ça ne sera pas mon cas. Très largement au dessus de son aîné, Cars 2 est un film qui se suffit à lui-même sans avoir besoin d'en connaître les origines des personnages. En somme, un très agréable divertissement qui n'a pas les qualités d'un chef d'ouvre, mais se place sans problème parmi les rares et bonnes productions de Pixar au côté du tout aussi burlesque Là-haut. Une agréable surprise de 2011.

25 novembre 2011 par Olikos